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Le carnet de route de la famille Rolly


Novembre au jardin



"Ce mois-ci, il pleuvra" ; avaient dit les cartes, de légers rhumatismes semblaient corroborer ces présages. Hélas! Jeanne, ma sœur Jeanne, nous ne voyons rien venir. De temps à autre, de gros cumulonimbus remplis d'eau et défiant la gravité, restent suspendus, comme à jamais, dans le ciel qui n'ose même plus vouloir changer de couleur ; ces nuages porteurs de belles promesses, je leur en veux, qu'ils disparaissent, rien n'est pire que l’espérance désavouée. Le bout de mon tuyau d'arrosage est devenu une sorte d'extension de mon bras. Trois heures par jour, je m'astreins à arroser les arbres et les plates bandes. Ces flots s'écoulant sans interruption minent mon moral. J'ai l'impression d'être prise en otage, alors que la vie pulse quelque part ailleurs, loin, là-bas. Heureusement, ce matin un papillon est venu se poser sur mon épaule, gracile petit être, merci de me redonner espoir.



Santal


Avant mon départ je me suis donnée comme mission de sauver un santal.
Ce n’est plus un scoop pour tout le monde, vous savez que le bébé santal ne pouvant pas extraire du sol l’azote dont il a besoin, est planté tout près d’un gaïac qui lui, parvient à le mettre en réserve.
Il y a peu, j’ai vu un de mes santals presque tout sec, seules trois branchettes vertes m’indiquaient que je pouvais espérer sa reprise.
Après analyse du problème, j’ai deviné que le frottement des branches du gaïac a fortement endommagé le tronc de l’arbre. Je vous passe les détails de ma réparation, c’est la réflexion que m’a inspirée cette histoire qui est plus notable.
En effet, j’ai eu une révélation. Les arbres poussent avec parfois des branches dans tous les sens et jamais l’une d’entre elle ne vient frotter sur une autre. J’ai trouvé cela relevant d’une puissante intelligence. Idéant cela, j’ai ressenti un profond attachement à la nature environnante. J’étais à la fois bien ancrée dans la terre et emporté à une distance hallucinante.
Comme quoi, un simple détail peut nous enchanter. Restons vivant au monde.

Amour toujours

Une petite histoire en image : Ce matin, mon Canon sous le bras, j'ai voulu photographier un bouton de pourpier couleur fuchsia, jusque là tout allait bien, mais je me suis aperçue, malgré l'absence de vent, que son cœur se soulevait à un rythme improbable.
Tout à coup, une petite aile dépassant de la corolle m'explique de façon plus scientifique ce que je prenais pour une manifestation du petit peuple. Ma curiosité attisée, je suis restée en position pour capturer ce minuscule glouton qui se vautrait corps et âme dans un bain de pollen jaune d'or.
Il semblait littéralement faire l'amour à cette fleur, changeant de position "dessus/dessous" comme on dit ici. Il faisait un tel bazar, qu'un autre hyménoptère s'est posé sur un pétale pour observer la scène.
Je commençais sérieusement à ressentir des contractures tellement sa séance de jambe en l'air durait. Enfin, j'ai pu voir à quoi il ressemblait, regardez son œil, il vous en dit long sur son état de lubricité.
Une petite dernière, lorsque encore groggy il a pris un moment pour se remettre de toutes ses émotions.

Les micro-champignons



Ce midi, toute enthousiasmée, j'arrive à la maison. Dans ma main mon trophée de la journée. Je pensais que mes hommes partageraient mon exaltation en voyant ces minuscules champignons blancs. Et là, c'est la sérénade : - Berk, mais jette-moi cela, et va te laver les mains.
- Mais enfin, je ne comprends pas pourquoi.
- Tu ne vois pas que c'est une crotte. (je littéralise là, pour faire plus joli).
- Mais non, enfin, et d'abord, il n'y a pas de crottes dans mon jardin.
- C'est ce que l'on va voir, coupe ce truc en deux et tu en auras la preuve.
Je sais que j'ai raison mais cette attaque subite me fait perdre tous mes moyens.
- Ok, je fais les photos d'abord.
En fait, j'étais un peu dépitée. Je pensais que tels de bonnes fées se penchant sur le berceau du bébé, ils auraient observé à la loupe avec moi, ces petites merveilles ; au lieu de cela, je suis restée seule dans mon coin à les photographier.
J'ai bien joué, ceci compensant cela, j'ai même vu une bébête, très très petite, je n'ai malheureusement pas pu la prendre nette, elle s'est pour ainsi dire volatilisée. Sur une photo, j'ai mis un grain d'allumette pour donner l'échelle. La diversité de la nature me surprends chaque jour et penser que nous venons tous de la même cellule au départ, c'est carrément vertigineux (dans le sens qui donne le vertige).
J'ai coupé mon morceau de végétal et vous voyez qu'il n'a rien d'une déjection. Ils n'ont rien dit les hommes...









































Opération sauterelles




En 2015, nous avons planté dans notre jardin, une cinquantaine de palmiers de toutes sortes. Ils poussent… Enfin, je dirais qu’ils ont, vraiment poussé, après les pluies des deux derniers mois. Leurs palmes se balancent tendrement au grès des alizés, l’herbe à leur pied a été récemment coupée, le panorama qu’ils nous offrent est empreint de romantisme.
Cela pourrait frôler l’Eden, s’il n’y avait pas, confortablement cachées dans la terre tiède des Pseudophyllanax imperialis.

J’ai beau me dire qu’elles font partie intégrante de notre biodiversité, je ne parviens pas à leur trouver une once de sympathie. Disons-le carrément, je les déteste. Cette haine, attisée par leur mépris à mon encontre et la mémoire de leur morsures, a développé chez moi, une totale insensibilité lorsque, je parviens à en trucider une. Là, je ne suis pas totalement franche, c’est bien plutôt la joie d’un triomphe que je ressens. Au sommet de l’Everest, je n’en aurais pas plus.

Depuis la découverte, il y a trois jours de feuilles de palmiers grignotées jusqu’à la nervure, mes plafonds gardent les marques de mes sauts intempestifs et désorientés. J’enrage, s’attaquer à des bébés, c’est insauterellien.
J’ai immédiatement activé mes réseaux amicaux et facebookiens, rien de bien neuf, sauf le conseil d’avoir des cocottes, celles-ci se régalent des petites, je n’en doute pas mais, c’est un peu compliqué chez moi d’avoir des gallinacés.

La guerre restait donc, notre seul recours…
Hier soir, Alain et moi avons attendu la fin du jour pour les surprendre.
C’était la première fois que nous étions dans le jardin en soirée, nous avons bu une tisane en attendant le noir complet. La nuit était particulièrement douce, les cigales chantaient. C’était étrange, il y avait d’un côté le silence et de l’autre le craquètement des cigales, j’entendais les deux en même temps. Je parle de silence mais en fait c’était l’absence de nuisances sonores humaines tellement inhabituelles pour moi qui créait cette impression d’insonorité.
J’étais impatiente d’en découdre, armés de lampes, de pinces à légumes et d’une paire de ciseaux, nous avons entamé notre longue recherche, inspecté chaque plante. Trouvée ! Elle était toute petite mais a quand même été guillotinée par les lames coupantes de mes ciseaux. Sinon rien ; nada.

Peut-être était-ce trop de bonne heure ?
Un peu déçue d’avoir perdu cette bataille, je reste motivée pour continuer la guerre.


En promenade dans notre forêt



Comme dans le lotissement, nous avons en partage communautaire 54 hectares de parc, je considère que, lorsque je m'y promène, je suis chez moi.
Une partie, est un espace de forêt sèche et à ce titre est assujetti à une réglementation de préservation, aucun prélèvement ni aucun entrant ne doit y être effectué.
Je m'y promenais, hier après-midi, très contente de voir les bienfaits des récentes précipitations, j'ai pu observer des graines de bancoulier en train de germer.





Arracher les mauvaises herbes devenant une seconde nature chez moi, j'ai arraché, en passant, une centaine de lianes Margose, tout juste germées. Malgré le fait que ce soit une plante consommée à la Réunion, plus que ses fleurs soient mellifères, plus que ses fruits soient de toute beauté, je l'arrache parce qu'elle n'a rien à faire dans la forêt. Elle est très envahissante partout dans le secteur.








C'est un plaisir de regarder l'eau de la petite rivière couler autant.








De belles rencontres, j'ai eu :
Avec des champignons, qui poussant sous un arbre mort, se contorsionnent pour maintenir leur chapeau bien droit.









Et, un petit poca :
Il était à moins de trois mètres devant moi, il est apparu alors que j'étais concentrée à réaliser l'auto-portrait à la fleur violette ; je n'étais aucunement effrayée mais pas rassurée quand même, je redoutais qu'il soit accompagné de "gros bras" cochons, genre maman truie belliqueuse.




Mon auto-portrait à la fleur violette :




Là, c'est juste pour vous montrer, le manguier de Cédric, et le foisonnement de fleurs au jardin, j'attends que l'herbe soit coupée pour faire d'autres clichés.








Vers 18h, très vite, l'obscurité étala son manteau, le temps d'arriver à la maison et il faisait nuit.




Hier et ce matin, cui-cui



Depuis une semaine que nous sommes rentrés de NZ, il pleut, carrément fort ou au mieux, il pleuvine.
Las d'attendre un passage ensoleillé, j'ai décidé coûte que coûte d'aller jardiner hier matin.
C’est simplement génial de désherber lorsque le sol est détrempé, génial mais peu confortable, l’humidité finit par remplir tous les pores de la peau.
Au bout d’une heure, même très concentrée sur mon job, j’ai pu entendre des piaillements d’oiseaux non loin de moi. Par hasard, alors que je m’activais derrière l’abri de jardin, j’ai trouvé à terre un bébé oiseau, pas tout petit, mais ne pouvant pas encore voler. J’ai compris, du coup, les criailleries ouïes peu de temps auparavant.
J’ai ramassé l’oiseau et je l’ai placé dans une bassine bleue recouverte d’herbe mise à l’abri à couvert dans la serre.
Et le temps passa… un peu, quelques tiraillements musculaires me firent décider de prendre un moment de repos et de nettoyer le dessous du manguier de Cédric Voix. L’arbre, porte haut les deux premières mangues de sa jeune vie. Il n’a pas trop grandi cette année mais s’est bien étoffé, il n’est pas plus haut moi. En relevant la tête, j’ai vu que ses branchages cachaient un petit nid. Je l’ai scruté en essayant d’être le moins intrusive possible et j’ai vu qu’il contenait trois petits œufs par plus gros qu’une bille. Cela doit être le nid d’un couple de petits oiseaux, nous n’avons pourtant jamais remarqué d’allées et venues intempestifs à partir de l’arbre.
Décidément, c’était bien un jour à aventures volatiles.
Alors que la troisième averse de la matinée, se pressait de tomber drue dehors, hum, comme si cette ondée avait quelque chose à prouver par rapport aux précédentes… je mettais rabattu sous la serre où je supprimais avec une certaine allégresse les adventives inutiles dans les pots. Entièrement grillagé, l’espace n’est accessible que par une porte laissée ouverte. Deux oiseaux y sont entrés, ils criaient et virevoltaient dans tous les sens mais n’étaient pas pour autant perdus et sont vite ressortis lorsque j’ai relevé la tête.
Ah , ah, moi, qui croyais avoir récupéré un merle Moluques et me voyais déjà devenir son amie et lui apprendre à parler, j’ai compris, au vu de ses parents présumés, que le petit était un Bulbul, voici ce qu’en dit l’Observatoire de l’environnement :

« Classé parmi les 100 espèces les plus envahissantes au monde, le Bulbul à ventre rouge a été introduit sur le Caillou dans les années 80 et est actuellement en pleine phase d’expansion. Commun dans le Grand Nouméa, il dégrade les cultures et dissémine les graines de plantes envahissantes… La comparaison avec un premier état des lieux réalisé en 2008 par l’IAC révèle que son expansion continue progressivement vers le nord comme vers le sud. Pour lutter contre l’invasion du bulbul, l’IAC recommande l’éradication précoce des individus isolés dans les nouvelles zones colonisées ; la régulation des populations par piégeage via des cages est en cours d’expérimentation. »

Je me sentais l’âme du docteur Jekyll en le ramassant devais-je me transformer en M. Hyde ? C’était un bébé, ses parents étaient affolés. Je partageais tellement leur angoisse. J’ai donné à boire à l’oiseau et j’ai sorti la bassine dehors. Je me suis rendue compte d’un coup que la bassine et ma volonté de le garder au sec était un truc totalement humain.
Les oiseaux criaient et se déplaçaient de branches en branches, j’avais l’impression d’un grand conciliabule entre eux. « Ils n’approcheront pas le petit tant qu’il sera dans cette auge en plastique, et si quelqu’un peut lui donner à manger, c’est forcément eux. » Pensais-je. J’ai posé l’oiseau dans l’herbe, il a fait la boule et n’a plus bougé jusqu’à mon départ. Si les bulbuls s’occupent avec autant de soin de leur progéniture que cela, il n’est pas étonnant qu’ils envahissent le pays.
Il pleuvait fort pour la cinquième fois lors de mon déjeuner que j’ai pris assise sur un tabouret à l’abri sous les tôles. Il ne faisait pas chaud, j’ai changé de chemise puis j’ai mis mon imperméable et suis allée chercher, dans le jardin, des tomates sauvages et des herbes aromatiques pour ma salade, du yapana et de la citronnelle pour me faire une infusion bien chaude. En dessert, une banane et une mangue achetées au marché broussard. Les mangues sont particulièrement délicieuses cette année, je ne saurais pas expliquer pourquoi, ma seule préoccupation est leur lente dégustation.
Je suis montée dégager les derniers arbres plantés, ils avaient disparu sous l’herbe. Cela fait bien trois ans que nous n’avons pas eu une telle pousse. Le jardin, après trois semaines, était bien plus envahi qu’après trois mois d’absence. J’ai souri en observant mes petites roses enfin en fleur.
La sixième averse commença lors de ma descente, d’un coup, je me suis sentie à saturation et totalement désespérée face à l'étendu du travail à fournir, j’ai tout laissé en vrac, dit tata à l’oisillon, puis suis partie. Sur la route du retour, j’imaginais l’eau tiède du bain sur ma peau et le carré de chocolat fondant dans ma bouche.

Ce matin, après les pluies diluviennes de la nuit, je pense à l’oiseau…

Histoire de la Gloriette




Recherche de la gloriette :
L’aventure a commencé sur le Bon Coin, site bien connu des chineurs français.
Après plusieurs tentatives, j’avais enfin trouvé quelque chose qui me correspondait, sauf que le prix était supérieur à ce que je voulais y mettre. Quelques semaines plus tard, me rendant compte qu’elle était toujours sur le marché, je proposais un prix qui fût accepté.
Encore fallait-il la voir. Comme nous devions nous rendre en Avignon pour voir notre petit-fils et notre gendre, nous avons pris RDV avec la propriétaire. Veuve depuis peu, la dame qui nous reçut, avait mis en vente sa belle demeure. Sous les pins et les oliviers centenaires, prônait la gloriette. Elle était sa toute dernière possession mobilière à céder.
Alain a tout de suite dit, « Ouais, avec ses cinq cents kg de ferraille, elle ne se fera pas emporter par le premier cyclone venu. »

Déplacement dans l'Aude :
Deux mois plus tard, Brice nous a aidé à la démonter et à la mettre dans un camion loué. Pas facile le démontage. Brice était épuisé par la soutenance de sa thèse. J’étais soulagée lorsque tout a été fini, je n’avais pas anticipé que cela allait être si compliqué voire dangereux.

Déplacement jusqu'à Dunkerque :
De retour dans l’Aude, elle passa l’hiver dans la cabane au fond du jardin, nous attendant avec une certaine impatience. C’était l’appel du grand large qui la titillait … Avant d’embarquer à Dunkerque, Alain la plaça dans une grosse boite, entièrement faite de ses petites mains. Pêle-mêle, il y avait aussi du vin, des bibelots, des BD, des casseroles en cuivre, des étains et j’en passe. C’est bien grâce à une sympathique association de bienfaiteurs que ce voyage a pu se faire à moindre coût. Alain craignait la mise de la caisse dans le camion, mais avec l’aide d’un voisin et des bonnes ondes des autres, cela c’est passé comme une lettre à la poste.











Déplacement jusqu'en Nouvelle-Calédonie :
Et vogue, vogue le gros bateau jusqu’à Nouméa.

Déplacement du quai jusque chez Henri :
L'ouverture de la caisse a été un moment plein d'émotion. Pas de casse, il faut féliciter Alain pour son emballage...

Déplacement de chez Henri jusqu'à Païta :
Après trois mois bien tassés depuis son départ de France, elle s’éparpillait sur la plateforme du terrain où, un artisan est venu la sabler avec une machine toute neuve importée des USA (détail qui a son importance qui met en exergue le côté international de l’aventure…).

Déplacement sous l'abri en bas du jardin :
Ensuite, la peinture antirouille bleue est patiemment passée partout, partout. Dure épreuve à cause de la chaleur insupportable de cet été.






Mise en place définitive:
Enfin, Alain la dresse sur sa mini plateforme.





Dernier effort, plantation de 50 palmiers à ces pieds, histoire de lui donner de la compagnie.





Cela fait fin joli dans le jardin, à présent, nous avons hâte de voir grandir les palmiers.
Les autres photos, c’est pour se rappeler comment sont les arbres après deux ans et demi. Les massifs apportent des touches colorées, ils fluctuent en fonction des annuelles et des vivaces.






























Installation




Mon bar à eau, collection de bouteilles avec leur bouchon en céramique.
En prime, un sourire de goutte d'eau.










Les tribulations des jardiniers de Païta




Ce matin, Alain a eu une crise de rage contre quoi ? Les rats ! Ils ont dévoré une conduite d’arrivée d’eau. Cette dernière, placée très haut, déverse une douce pluie sur les plantes de la serre. L’animal a dû jouer les funambules afin de croquer à pleine dent, l’objet de son désir ardent. Alain fustigeait en disant qu’il y avait des milliers de meilleures choses à ronger dans ce jardin sans s’en prendre à ses tuyaux.

Pendant ce temps, j’arrosais, en effet « no more rain » depuis la manne apportée par Pam. Cette eau, formidable don du ciel, avait eu un effet de véritable engrais sur les plantes, tout s’était mis à croître de concert. L’herbe recommençant à jaunir, mon temps semble, à nouveau, comme suspendu par cet effort, m’empêchant de mener à bien d’autres travaux d’aménagement.

N’empêche, je dois parallèlement, arracher les « mauvaises herbes » une expression pas très sympa pour qualifier tous les végétaux indésirables du jardin.

Et, j’ai, beaucoup, beaucoup d’espèces différentes, chacune à sa manière m’use un peu.
La bien aimée: (pour commencer l’histoire) le buffalo, j’en ai planté quelques godets, je le bichonne, néanmoins il m’agace lorsqu’il pousse dans le mauvais sens, « par ici » lui dis-je, « ne m’oblige pas à te couper au ras des plates-bandes », mais il n’en fait qu’à sa tête.
La discrète : l’herbe à oignons, par ci, par là, débarquée avec la terre des pots n’a pas encore envahi tout l’espace, je veille au grain.
Les expansives : Le signal grass, on ne voit qu’elle. A la pioche et au jet d’eau pour en venir à bout, fatigante, parfois, je désespère. Le chloris barbata autre plante fourragère est dans la même veine.
L’ambivalente : Mon cœur balance, l’herbe à paille pour les couvertures des cases est certes pénible (une des pires du monde !), mais recueillie, elle peut servir de paillage.
La disparue : L’arbre à ballons, moi, je l’aurais bien gardée, amusant ses fruits en forme de petits ballon. Alain n’a rien voulu savoir.
Les odorantes : Le basilique sauvage et le baume, leur odeur ne parvient pas à me faire oublier la difficulté que j’ai à les arracher.
Les piquantes : La fausse aubergine, une de mes plus détestée, ca pique grave et pour les arracher lorsqu’elles ont pris une certaine ampleur, c’est un boulot digne de musclor, j’ai aussi quelques cassis sauvages, c’est du pareil au même néanmoins, ces derniers sont moins présents.
La sournoise : La sensitive se referme sur elle-même lorsque j’approche armée de mes outils, piouf, elle croit avoir disparu mais elle ne sait pas que je le vois. Bêtement, il m’arrive d’essayer de l’arracher sans gants, je sais pourtant que cela pique, ah la la, la passion c’est quelque chose quand même.
Les lianescentes : Je commencerai par la plus cool, la margose, sous d’autres cieux, elle se mange, pour nous c’est royal, il y en a tant que nous ne risquons jamais de mourir de faim ! Je l’aime celle-ci parce qu’elle n’oppose aucune résistance à l’arrachage et nous fait de beaux fruits. Elle a la fâcheuse manie de recouvrir les broméliacés en même temps, cela leur offre un ombrage bienvenu.
La fausse cuscute, une petite peste jaune, récemment, elle s’est prise dans un citronnier, impossible de l’enlever à cause des piquants de l’agrume. J’ai été obligée de tailler l’arbre sévèrement, et de suivre l’affaire de près, parce si on laisse un soupçon de filament, c’est reparti.
Le meilleur pour la fin : le siratro, une vicieuse, elle parvient à survivre, tapie dans le sol, aux plus terribles sécheresses, elle s’enroule autour de mes arbres, les couche. J’ai l’impression que plus j’en enlève et plus il y en a. Non seulement, elle nuit par ses tiges aériennes mais ses racines sont profondes, m’obligeant presque à déterrer la plante près de laquelle elle a fait souche. C’est une guerre interminable entre elle et moi.

Bon, vous voyez, j’ai du boulot pour encore un grand moment.

Fleurs et mauvaises herbes



J'ai des fleurs dans mon jardin, cela attire les petites bêtes et les amis pour un pique-nique sous la tonnelle en devenir.
Sous la serre, les arbres et les plantes attendent sagement leur tour d'entrer en terre.





















Ça, c'est le côté fleurs bleus mais il y a aussi l'enfer vert de l'autre.
Je crois bien que nous avons toutes les mauvaises herbes locales, et même quelques meilleures du monde (dixit Bernard Suprin dans son livre). En voici un échantillon, sachant que l'herbe a été coupée il y a à peine plus d'une semaine. C'est une biodiversité maximale dont je me serais bien passée.
Je chouchoute à mort le moindre brin de "bonne" herbe que je croise sous ma pioche. Tout ce qui court, à dit Alain, le reste doit être anéanti. Le reste cela fait beaucoup quand même !





Habitant





Voici deux photos du serpent de terre que j'ai trouvé dans mon jardin, avant hier. J'avais toujours cru qu'il ne vivait aucun serpent, ici, sur la Grande Terre. Aussi, vivement intéressée par ce petit animal, j'ai activé mes réseaux facebookiens pour en savoir davantage.
Il fait une dizaine de centimètres et son diamètre rappelle celui d'un ver de terre anorexique. J'ai tout de suite compris qu'il s'agissait d'un serpent à cause de la façon dont il se déplaçait. Une amie m'a dit qu'ils ont une minuscule langue fourchue mais je ne l'ai pas vu. Je l'ai vite relâché en ayant pris soin d'essayer de le traumatiser le moins possible afin qu'il reste parmi nous.
Il s'agirait d'un Typhlops angusticeps d'après Joachim, mon ami allemand passionné de geckos.
Longue vie à toi petit Typhlops.













Rapido




Surprise, hier à notre arrivée au jardin, des champignons avaient poussé dans la nuit. Deux sortes différentes quand même! Nous n'y avons pas goûté parce qu'il n'y en avait pas de quoi faire une fricassée.
Les blancs étaient d'une délicatesse extrême mais d'une fragilité sans pareille.




















Samedi 26 janvier 2012



Cela a un peu pinaillé, ces dernières semaines, pour l'aménagement du jardin mais, hier, le temps a été rattrapé.
Il y avait deux gros engins, 3 hommes et moi et moi.
Le plus jeune chauffeur d'engin, Lyvan, n'a que 16 ans, il a appris à conduire avec son père dès 8 ans, aujourd'hui il manie la pelle comme moi mes casseroles avec délicatesse et précision, quel talent !
Si on les regarde d'en bas, les engins paraissent tout petit mais en fait ils sont énorrrmous et je suis impressionnée par le travail qu'ils arrivent à faire.





Mais, que font-ils ici ?
Nous allons construire un abri de jardin pour garer le petit tracteur que nous avons acheté d'occas. C'est un vrai jouet le truc, je vous le montrerai en photo plus tard. Cet abri sera prolongé par une serre, parce qu'il faudra beaucoup de plantes et d'arbres pour occuper tout cet espace.
Mes premières plantations se sont avérées une catastrophe, les cerfs ont tout détruit...Ouen (très fort le ouen)
Je digresse là, je disais donc que nous allions construire un abri de jardin et pour cela nous avons besoin au fond de la propriété d'eau et d'électricité. Les engins étaient là afin de faire une route jusqu'en bas, d’aplanir l'espace pour l'abri, de créer une mini plateforme pour poser mon rêve de gloriette et enfin faire une tranchée pour dissimuler les tuyaux d'eau et le câble électrique.
La matinée pour moi, a vite passé, entre deux discussions, je triais les pierres que je voulais garder (j'aime les pierres...). L'après-midi a été plus longue, elle s'est terminée à la nuit. Les phares des engins ressemblaient à des lucioles d'extra-terrestres, lorsqu'ils passaient près de moi, j'avais peur.
J'ai quand même aidé Alain et Harold à passer le câble électrique dans sa gaine en plastique, un pour dérouler le câble, un pour aider à son enfilage dans la gaine (mon job!) et un autre pour tirer 50 m plus loin le fil bleu de la gaine qui accroché au câble, le fait pénétrer progressivement dans la gaine. Cela n'est pas facile pour une personne comme moi, qui n'a jamais fait cela, je me sentais fin utile ! Après j'ai aidé de ci de là puis ayant épuisée mes ressources physiques je suis partie en balade dans la forêt et près de la retenue collinaire. C'est vraiment formidable d'avoir un terrain qui donne sur un brin de forêt sèche.















Pour m'occuper, j'ai fait un land art de chantier avec ce fameux fil plastique bleu de la gaine électrique (j'adore sa couleur).





Je plante ma chaussure dans la scorie qui a une belle couleur bleu-grise, c'est étrange l'empreinte qu'elle fait tantôt je la vois en creux et tantôt en relief, je ne comprends pas comment fait mon cerveau ce tour de passe-passe !




Un arc en ciel vient nous faire un petit coucou, puis au moment où le soleil se couche, la lune presque pleine, prend la relève et nous souhaite une bonne nuit. Arrivé à la maison Alain, un peu cassé se douche, mange et se couche, il passera une mauvaise nuit les muscles tétanisés par d'horribles crampes.





Oui j'ai mis la photo à l'envers, mais c'est comme cela qu'elle me plait!















Païta



Nous avons fait débrousser notre terrain de Païta, ben maintenant, il n'y a plus qu'à...
C'est un nouveau défi pour nous que d'aménager cet espace vide en un beau jardin d'agrément. Nous sommes allés jusqu'en bas nous promener dans la petite forêt sèche, c'est super sympa, le lotissement a la particularité d'avoir réservé 54 hectares d'espaces verts privés. Pendant notre promenade nous avons levé quatre cerfs. Hum, hum, nous allons être obligés de clôturer à deux mètres afin d'éviter leur visite gourmande de jeunes plants.