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Le carnet de route de la famille Rolly


L'arbre sacré


Ce matin, à l’heure du petit déjeuner un margouillat vert aux yeux turquoises se promenait tranquillement sur la table à côté de nous. Nous le voyons alors, s’approcher de la confiture et avec souplesse placer ses deux petites pattes sur le rebord de la coupelle. Il déroule sa langue et suce allègrement ce nectar offert. Toutefois, il n’en abuse pas et je n’aurais pas l’occasion de le reprendre en flagrant délit.





Nous allons aujourd'hui visiter l'intérieur de l'ile, plus précisément l'arbre sacré.
Nous nous arrêtons à la cascade où un groupe de femmes et d’enfants nous accompagne sur les 50 m du chemin qui y mène.




Une femme me prend par la main pour m’aider à descendre. D’emblée cela m’énerve parce que je sens que son geste est calculé. En effet à la fin de la visite tout ce petit monde nous demande un cadeau.
Nous n’accédons pas à leur requête pour diverses raisons :
- Nous n’avons rien à leur donner (que des grosses coupures dans les sacs).
- Quand on donne à l’un, il faut donner à tous et en fin de compte vu leur nombre cela aurait fait beaucoup.
- Nous nous sommes acquittés d’un droit de passage, à quoi sert-il ?
Ils montrent de la colère et probablement nous insultent dans leur langue. Ce n’est pas cool.
Visite de l’arbre sacré. Melting-pot entre religion indienne et histoire culturelle du pays l’arbre est un banian qui occupe un demi-hectare. Le petit musée attenant et le discours du guide sont intéressants sur le plan de l’histoire du pays.
L’après-midi promenade dans les rues de Hell Ville. L’allée « coloniale » a certes perdu de son panache mais pas son charme.
















Le soir alors que je donne un billet de 10 000 ariaris au taxi qui nous remonte à l’hôtel, je le vois examiner la coupure sous toutes ses coutures et enfin il lance : « Ce n’est pas 10 000 que je vous avais dit mais 17 000. »
Les hommes ne sont pas contents et il s'en va la carlingue basse.
Décidément, ce n’était pas le jour des relations cordiales avec les populations locales.

Départ



Notre départ s’est placé sous le signe de la chaussette.
Alors que nous faisions la queue pour l’enregistrement, notre jeune voisin de derrière ouvre son sac pour en sortir une veste, il la tire si vivement que plop, plop deux paires de chaussettes pliées en boule saute du sac et roulent à mes pieds.
De déceler son léger embaras, nous occupe un moment et permet de nous faire oublier le sans gêne de la famille qui nous précède. Alors que je poussais tant bien que mal un chariot bien rempli, la mère m’a doublé sournoisement par la gauche. Une fois devant moi, les autres membres de sa tribu sont arrivés avec tout leur barda, nous avons dû de mauvaise grâce les laisser passer.
Dans la passerelle qui relie notre avion aux salles de l’aéroport de Sydney, une paire de chaussettes est posée là, toute seule au milieu du couloir. Avec précaution, les passagers l’évitent comme s’il s’agissait d’un objet précieux. Quelqu’un lance dans le silence : « Heureusement que cela n’est pas une petite culotte ». Enfin, dans le Boeing 777 de la compagnie d’Air Austral, il fait si froid que je suis obligée de porter deux paires de chaussettes pour avoir mes pieds à peu près au chaud.
Joies et déceptions pendant le vol :
Déceptions : Les sièges sont étroits et ne s’inclinent que très peu.
Les couleurs des uniformes des hôtesses bleu turquoise et bleu marine, bien mais leur veste est rose comme une glace à la framboise, je n’aime pas cette association de couleur.




La TV est accrochée au plafond et de nos sièges, on ne voit rien. J’ai repéré que les meilleures places étaient les n°30 et 10.
Joies : Les repas sont copieux et bons, on sent l’influence réunionnaise.
On garde le même avion donc moins de risques de se retrouver sans ses petites culottes à l'arrivée.
Les gens sont différents de ce que l’on a l’habitude de voir, plus jolis, plus colorés et plus sympa.


A Sydney, une pub pour l'Australie dédiée à Anne qui travaille sur les écritures.




A Saint Denis l'aéroport de Rolland Garros. Il fût un grand aviateur né à la Réunion donc rien à voir avec le tennis, cela c'est pour la petite histoire.








Nous verrons bien



Quand tout a été rangé dans les cartons et que la maison s’est affichée vide, nous avons ressenti un apaisement venant des tréfonds de notre conscience généré probablement par le sentiment de liberté que donne le dénuement, l’absence d’attache. Alain et moi avons pensé la même chose au même moment. C’est mieux ainsi ! A notre retour, je ne sais pas trop dans quel état d’esprit je serai : Présentement, j’ai envie de plus jamais les ouvrir, de les peindre avec des belles couleurs, d’aller au marché aux puces et des vendre comme des pochettes-surprises ; mais après avoir jouer au coucou pendant un an avec un minima, je serai peut-être heureuse de reconstruire un nid sympa. Nous verrons bien.

La cuisine moléculaire

J’ai une nouvelle passion : la cuisine moléculaire. Je sens que cela va m’apporter du fun et le plaisir de faire plaisir.
Un copain m’a prêté ce livre. A Noël, Estelle a expérimenté les billes d’agar-agar colorées au sirop de violette. C’est une cuisine qui demande de l’attention, de la précision et un matériel particulier qui coûte souvent cher. La suite dans un avenir incertain.








Voilà



Dernière connexion avant le départ.
A nous l'aventure....

Les aventures de mimi chez Carrefour



Plus tu payes, plus tu as de réduction or plus tu as de réduction moins tu payes donc, plus tu payes moins tu payes.
Pensez-vous que ce raisonnement soit absurde ? Mais non … il suffit d’aller chez Carrefour pour y vivre cette aventure funambulesque.

Comme je suis une bonne consommatrice, Carrefour m’a offert la carte « conso » toute dorée, c’est super classe. A présent à chaque fois que je dépense plus de 2000 F, la caissière me décroche un sourire béa et dit : "Vous avez la carte conso ?"
Avec fébrilité, j’ouvre mon sac pour en sortir l’objet précieux. Je le lui tends, et après un passage sur sa machine, des points se cumulent automatiquement sur mon compte, merveilleux.
Il faut beaucoup de temps, et une bonne dose d’opiniâtreté pour parvenir à bénéficier, par ce biais, d'un avoir valable.

Je l’ai fait et vous pouvez me féliciter ! Vous avez devant vous une mimi qui a réussi à accomplir , sans fléchir, ce travail d’Hercule.
Parce qu'il faut y penser à la carte, c'est déjà fin compliqué de se retrouver sur le parking du magasin et de consulter mentalement sa check list : La pièce pour le caddy, la veste pour ne pas mourir de froid, et les sacs bio. Trois infos, passe encore notre cerveau est capable de les mémoriser facilement mais quatre cela devient problématique, vous voyez, cela n'est pas aussi simple qu'il n'y parait.
Tout cela pour vous dire que mon aventure chez Carrefour de ce matin, consistait à me trouver un cadeau de départ pour utiliser un avoir qui autrement se perdrait dans les affres de la compta du magasin, cela serait bien dommage, plus d’aventures possibles.
Par contre, ce que j’ignorais, c’est la difficulté que j’aurais à trouver « un quelque chose » qui me plaise. Côté fringues, ce n'’est pas ça, il ne reste que les invendus clinquants des fêtes. Les sous-tifs sont dépourvus de bonnets rembourrés, les slips trop larges promettent de rentrer dans les fesses après le premier lavage. Je n’ai aucune envie d’acheter des petits pois, ou du cassoulet, encore moins du foie gras, j’en suis saturée.

Un tour vers le rayon d’électronique et je trouve enfin l’objet miraculeux. Un téléphone sans fil ! Moi qui venait la semaine dernière de jeter celui que j’avais pour cause d’incompatibilité d’humeur entre lui et la vie, je suis comblée. Seul hic, je ne le domestiquerai que l’année prochaine. Une promesse d’aventure à vivre en 2011, merci Carrefour.