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Le carnet de route de la famille Rolly


Un petit tour et puis s'en vont.


Je me sens en hyper forme.
Cette aprem, j'ai enfin trouvé le banc que je cherchais pour mettre au pied de mon lit, cela ne faisait que deux ans que je cherchais cet objet rare. Il ne correspond pas tout à fait à ce que je souhaitais mais c'est un pis aller tout de même fort bien adapté à ma bourse.
Pourquoi un banc à cet endroit là ? C'est encore une histoire de dodo.
Je suis une anti-fan acharnée de la couette. Je n'ai jamais pu bien dormir avec un tas de plumes sur moi, je ne suis pas poulette cela doit en être la raison.
J'en ai une qui traine sa morosité sur une de mes étagères, elle est là, reléguée depuis plusieurs années. Je ne veux pas m'en séparer par pure radinerie. Vu le prix que je l'avais payé à l'époque dans une boutique de luxe de la place, elle doit tenir son rang et la fermer.
A chaque fois que je dors sous une couette, je suis réveillée vers deux heures du matin par une élévation thermique excessive.
Vous savez bien que la température de notre corps diminue pendant le sommeil (d'où notre besoin d'être couvert) une fois réveillé, la température remonte et avant qu'elle ne redescende vous profitez d'une insomnie qui vous refait calculer la théorie d'Einstein.
Sur moi, cela marche à tous les coups mais comme je n'ai pas l'âme d'un chercheur, je me désespère, un point c'est tout.

Tout cela pour dire que je dors "à l'ancienne" avec des couvertures que je peux éplucher ou rajouter au grès des saisons et de mes humeurs.
Ce n'est pas la voie facile, cela exige de faire son lit tous les jours en tournant autour et en attrapant mal au dos. C'est mon choix, mon sommeil n'a pas de prix.
C'est ainsi que j'ai sur mon lit, un dessus de lit que je replie chaque soir. C'est barbant au possible d'où le banc pour le poser dessus. Je sens déjà le petit plaisir que j'aurais chaque soir et chaque matin en pensant à l'allègement de la tâche.

J'ai trouvé mon banc chez un brocanteur de Ducos. C'est le 2° patron qui m'a servi, j'ai plus d'affinité avec l'autre avec qui je peux parler opéra et gastronomie.
J'ai tourné autour d'un nu d'homme (sans tête ni jambes et manchot de surcroit) en plâtre grandeur nature. Le patron me demande si je l'emporte aussi, j'hésite il faudrait lui trouver une place et le relooker un peu.
Tout à mon délire je lui réponds :
"Je ne suis pas sure que mon mari apprécierait son petit cul" .
Je vois alors le personnage piquer du nez dans son dossier et répondre visiblement gêné :
"Ah, ben ça, c'est vous qui voyez".
C'est amusant de voir que les mentalités ont en fait bien peu évolué. Il aurait certainement ri d'un air entendu si le buste avait été celui d'une femme et l'acheteur un homme. Venant de la part d'une femme, une telle plaisanterie reste déplacée. Nous avons encore du boulot.


Je reviens de deux vernissages.
Marc Faucompré expose ses peintures au Centre d'Art. Je fais presque toutes les expos et je suis rarement enthousiaste, seuls deux peintres m'ont intéressée l'année dernière (mise à part mon chouchou bien entendu). J'ai été touchée par la délicatesse des oeuvres présentées par Marc. C'est doux, simple, élégant. Il n'y a rien qui choque, rien qui heurte et pourtant il y a une présence forte. Tout me plait, tout m'enchante. A la galerie Réseroart, l'autre vernissage a attiré la foule des grands jours. Aucune idée originale aucune émotion vraie, de la déco tendance. Pourquoi pas.

Où il est question de froid tropical et de tourterelles



J’ai froid, l’hiver tropical y est certes pour quelque chose cependant je tiens à préciser qu’il est parfois plus difficile de se protéger du froid ici plutôt que sous des latitudes moins clémentes.
Je ne pense pas assez souvent au froid qu’il fait vraiment, surtout dans les maisons qui sont ici, très mal isolées. Chez moi, il y a carrément une bande d’environ 15 cm en autour de la verrière qui reste ouverte été comme hiver. De temps en temps une tourterelle vient à tomber de là-haut et cela fait un raffut de tous les diables. En parlant de tourterelles, ma voisine m’a téléphoné l’autre jour pour me dire qu’elle avait l’intention de ne plus donner à manger à tous ses et-ou ces jolis volatils. Ses arguments étaient :
• Le manque de reconnaissance de ceux-ci qui ne se présentaient dans le jardin qu’aux heures habituelles de leur pitance gratuite.
• L’odeur gênante qui plane autour de la maison et qui attire les mouches comme le doudou de Linus van Pelt dans Charlie Brown.
• Le mort subite de la tourterelle sans explication que celle d’un éventuel stress extrême dixit le véto du coin.
• Son bras cassé après une glissade alors qu’elle se rendait justement chez le dit véto, la tourterelle morte encore chaude dans son petit panier.

Mais revenons à nos moutons ou plutôt au froid que je ressens constamment en ce moment. Cela m’a carrément gâché ma dernière nuit de sommeil, j’en ai assez.
Hier soir, il était tard et en sommeillant déjà au trois quarts, je n’ai pas pu sortir de l’inertie pataude dans laquelle j’étais plongée pour trouver la niac suffisante pour me préparer ma bouillotte.
Je décide de rajouter sur mon lit ma petite couverture bleu tendre, pensant naïvement que cela allait résoudre tous mes maux. Que nenni ! Mon matelas décide subitement de devenir mon pire ennemi et à peine couchée je sens qu’il engloutit par absorption toute ma chaleur. Je ressens cet échange d’énergie avec une force qui contribue à me propulser malgré moi à l’époque de la première glaciation. Je continue bêtement à penser que ce n’est qu’un funeste moment à passer et qu’après le froid, la chaleur s’installera durablement. Ce fût le cas, mais le moment en question a duré des heures et des heures pendant lesquelles j’ai refusé obstinément de me réveiller complètement et de mettre des chaussettes. J’ai cauchemardé me voyant marcher nus pieds dans la neige (que je vous rappelle en passant est un truc mouillé et froid) et converser avec des personnes en maillots de bains au sommet de l’Everest.
Ce soir, je prends le taureau par les cornes ou plutôt la bouillotte remplie à la douille, le pyjama en polaire, les chaussettes en laine de mouton et opposum (mince je ne crois pas en avoir … à vérifier) et de nouveau ma petite couverture bleue et l’on verra bien qui gagnera cette bataille, non mais.