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Le carnet de route de la famille Rolly


Pensée



"Je n'ai jamais été autre chose que moi-même."

Insomnie du jeudi 1° mai 2008, 2H 30 du matin.

Petit exo de l'atelier d'écriture

Je suis au fond du placard, rangé avec mes pairs de toutes couleurs et de toutes tailles. Je trouve le temps un peu long, un sentiment vague d’abandon m’enveloppe parfois. Je sais pourtant qu’en saison tropicale chaude, je ne suis pas utile. Chaque fois que la porte du placard s’ouvre, les "Bras” ne s’emparent que de débardeurs à bretelles et de maillots de plage. N’empêche, voilà quatre mois que je suis enfermé ici et je m’ennuie .

Pourtant, je sais que j’ai la préférence des "Bras" parce que je suis son seul vêtement à être tissé en “fleur de duvet de l’Himalaya”. Je me rappelle encore quand je poussais tant bien que mal sur le cou des chèvres tchang-ra. J’ai aimé cette jeunesse, perdue dans l’immensité des montagnes, mais je ne regrette rien, les "Bras" m’ont fait voyagé à travers le monde entier et je sais que je découvrirai encore avec eux, d’autres contrées méconnues.

Mon histoire avec “Les Bras” a commencé à Udaïpur. En y arrivant je n’avais rien vu de la ville, j’étais coincé dans une énorme balle de tissu serré avec d’autres moi-même. Le voyage en camion depuis Srinagar au Cashmire avait été épuisant à cause des cahots des routes et du bruit incessant des klaxons. Dans l’échoppe pour touristes dans laquelle j’étais soigneusement rangé, j’ai été manipulé par des dizaines de bras avant d’être choisi par ceux-là. Ils ont aimé ma capacité à ne prendre que peu de place, ma légèreté, mon soyeux, ma couleur lie de vin.

Ils ne m’ont pas jeté au fond d’une valise pour être donné à “je ne sais qui” peu sympathique, non, ils m’ont posé sur eux avec une infinie délicatesse avant même de sortir de la boutique.

Nous avons traversé ensemble la vieille ville et le lac Pichola est apparu. J’ai toujours beaucoup d’émotion en y repensant. Un sentiment de plénitude, de calme extrême, de magnificence m’a immédiatement envahi. Avec les "Bras", j’ai vu après cela bien d’autres étendues d’eau mais rien de comparable à celle-ci. Alors que l’eau peut se révéler parfois vivante et pétillante, ici elle évoquait l’esprit zen par excellence par son immobilité et sa couleur gris-bleuté. Des éléphants sculptés, immenses, et des palais de marbre blanc se reflétaient parfaitement sur son onde ajoutant un brin de magie au lieu.

Si j’ai un souvenir encore si vivace de ce moment là, c’est aussi parce ce que j’ai compris que les bras ressentaient la même chose que moi, une communion totale nous a ainsi lié pour toujours. Et, quand ils ont lancé une pièce de monnaie dans le lac en formulant ce vœu “ Je reviendrai à Udaïpur avec mon amour” j’étais dans un état proche de l’extase.

Ce que je vous raconte là, n’est qu’une des nombreuses émotions que nous avons vécu ensemble les bras et moi.
J’ai vu d’autres palais de maharadja et des tombeaux extravagants en Inde comme celui d’Agra, Paris au mois de mai, Venise pendant son carnaval, les glaciers du Canada pendant l’été indien, le Grand Canyon sous la neige, les pyramides d’Egypte, partout les "Bras" m’ont emmené avec eux.

En retour de ces émotions partagées, j’ai toujours eu le souci de bien protéger les bras du froid mordant et autres intempéries, en somme une association réussie et chaleureuse nous unie.
Ah, le placard s’ouvre, j’entends le bruit d’une valise que l’on traine, le déclic de sa serrure. Les "Bras" parlent d’un autre voyage, de désert de sable chauds et de chameaux, mes fibres palpitent, une tension extrême m’étreint. Je vois partir le pull en laine d’opossum, les sous-vêtement Chantelle, le Jean Malboro.

Horreur, la porte s’est refermée. Est-il possible que je sois délaissé que je finisse ma vie ici ou pire dans les cartons du Secours Catholique. N’ai-je pas fait tout ce qu’il fallait pour garder leur attention. Un sentiment d’amertume m’envahit….

Crouiccccc
“ Oh la la, un peu plus, j’allais oublier mon pashmina” .



Je me suis beaucoup amusée à composer cet exercice d'écriture. Il s'agissait de faire vivre un objet inanimé.

Les aventures de Mimi chez Carrefour

Je suis en colère contre le gourou de la ménagère modèle, oui, vous avez compris je suis en colère contre Carrefour.
A cela deux raisons bien distinctes qui ne font d’ailleurs qu’amplifier mon ressentiment.
D’abord, il y a l’histoire du produit miracle anti tag acheté dans le rayon “Produits Ménager”.
Le voici :




L’étiquette annonçait un miracle. Pschitez le tag et il disparait.
J’ai attendu avec impatience un bon mois pour que mon beau mur rose se couvre d’une marque fatidique. J’ai été gâtée, la peinture était noire et le rebelle attitude addict avait poussé le zèle à repasser plusieurs fois sur les lettres.
J’ai pschité, attendu 30 secondes, j’ai vu, alors, la peinture se désagréger et couler lamentablement le long du mur créant au passage une peinture abstraite du plus bel effet.








“Rincer à l’eau” qu’ils disaient aussi sur le mode d’emploi. Au passage de l’éponge mouillée plusieurs couches de peintures ont disparu laissant voir un vieux tag de l’année passée.




Et de deux qui font la paire, le résultat a été pire que le mal.
Je pense que Carrefour qui doit subir sur ses façades un nombre x puissance quelque chose de tags par jour par rapport à moi, aurait pu tester ce produit avant de le mettre en rayon pour ses chers clients. A moins qu’il ne l’ait acheté pour son usage perso de grand magasin et que s’étant aperçu de la catastrophe, a changé son fusil d’épaule et l’a mis en rayon.


L’autre raison de ma colère est son hypocrisie.
Sous couvert de lutte anti-pollution Carrefour ne distribue plus de poches plastiques à ses clients, de pochons comme les gens d’ici disent.
En fait, c’est juste que le prix du pétrole ayant atteint des plafonds de malade, les pochons sont devenus hors de prix.
Si par malheur, vous oubliez votre sac réutilisable, vous êtes obligés de jeter en vrac le munster, les oignons et vos petites culottes Dim dans le coffre de votre voiture, bonjour la classe.
Carrefour ne donne plus de pochons mais continue à vendre dans son “Rayon Ménager” des sacs poubelles fabriqués dans même matériau.
Et comme, ici, tout le monde recyclait les pochons Carrefour comme sac poubelle. On a bien une forme avérée d’hypocrisie.
Si vraiment Carrefour avait le souci de notre écologie, il pourrait sponsoriser des assoc et lutter à leurs côtés pour qu’il n’y ait plus aucun sac plastique vendu sur le territoire, à ce moment-là Carrefour pourrait retrouver une crédibilité qu’il a bel et bien paumé.

Abandon

Dimanche soir, je me suis sentie comme :

Le Shérif Kane sur le quai de la gare dans Le Train sifflera trois fois, après avoir été abandonné par sa femme.

Le Petit Poucet quand il se rend compte qu’il n’a pas de caillou blanc au milieu de la forêt lugubre.

Blanche Neige quand son père épouse la mégère au miroir magique.

Oedipe quand il apprend qu’il n’est pas le fils de Polybe et Mérope.

Moïse quand Dieu l’abandonne dans le désert et qu’il y erre pendant quarante ans.

ABANDONNÉE, c’est abandonnée que je me suis sentie quand j’ai compris que personne dans le monde entier ne connaissait mon numéro de mobilis par cœur même pas mon mari.

L’abandon, je le sais à présent, est un sentiment affreux de solitude, mêlé à celui d’une injustice, d’une trahison.

Heureusement que la vie est belle et que cela continue…..

Je me suis pas trop mal sortie de cette épreuve en pensant :

Comme Gide :
“Conquérir sa joie vaut mieux que de s'abandonner à sa tristesse.”

Et comme Charles de Gaulle :
“Le caractère, c'est d'abord de négliger d'être outragé ou abandonné par les siens.”

Jouons

Ceci est un jeu :
Il s'agit de trouver ce que la photo ci-dessous représente.
Un indice : c'est quelque chose fabriqué par l'homme. A vos méninges.




Carnaval (suite)

Toujours très actives, les dames du carnaval découpent, collent, peignent, ajustent afin de préparer le carnaval.
C'est dans une semaine, n'oubliez pas !
Moi, je profite de ce moment pour photographier le dock dans lequel notre char et des sucettes géantes attendent patiemment le jour "J".


















Amen

Régulièrement, les médias titrent en première page, ce qu’ils appellent le suicide collectif des dauphins et autres cétacés mais personne de parle du suicide collectifs des fourmies dans le pot de miel de la côte est (du bon je vous assure). Je suis la seule à m’en préoccuper.
Pourtant, elles ont eu du mal à arriver jusque dans cette mer douçâtre. Il y avait un couvercle sur le pot. Avec pugnacité elles l’ont escaladé, ont réussi à se contorsionner pour passer dessous avant de se laisser choir dans le liquide visqueux.
Ce matin, certaines étaient encore en vie et elles y nageaient tant bien que mal, groggy par cet excès de glucides. D’autres, hélas avaient déjà trépassé. Je me demande si c’était à cause de la fatigue de l’ascension ou bien si c’était après un nirvana gastronomique mérité.
C’est petit une fourmi et malgré leur centaine bien tassé cela ne faisait que bien peu de grammes. Je les ai consciencieusement ramassées et mises dans un immense linceul blanc ainsi elles auront droit à un enterrement collectif.
Cet hécatombe m’a serré le cœur et pour éviter que la tentation soit grande pour d’autres, j’ai mis le pot fatidique dans le frigo.
Je protège la vie, moi.

Un mot de Toto

Ce n’est pas tous les jours qu’un énarque m’écrit des poèmes :

Mouvante Mireille
Impossible à fixer, enfant de partout
Remplie de pétillance et de bouillonnement
Enivrée de passion sensuelle, de cuisine, de peinture
Illuminée par l’instant qu’elle ne veut pas figer pour vivre mille vies
Lauréate, certes, de trois enfants partis construire le monde des entreprises
Lié à un calédonien qui ancre son écoute sur cette île
Evasive toujours quand il s’agit de choisir, cependant résolue quand l’invitation d’écouter allume sa gentillesse naturelle.


D’accord, il n’est pas un de mes groupies, notre conversation n’a duré que 3 mn, et c’était dans le cadre de l’atelier d’écriture, mais ça le fait ……


L’exo est un totogramme : chaque début de phrase doit commencer par une lettre de mon prénom.

Gaïa

Vendredi soir à Gaîa avant le début du bal folk, Jean-Pierre gratte la mandoline.
L'air était doux, la soirée charmante.








Condamnée

Cette nuit j’ai fait un cauchemar :

J’étais avec mon mari dans le bungalow d’un hôtel. Nous devions sortir de la chambre pour aller à la plage et d’un coup je me souviens que je n’ai pas mis de crème solaire sur mon visage. La crème est restée dans la voiture. Je me couvre le visage avec mes deux mains et je cours jusqu’à celle-ci pour la voir démarrer en trombe, je comprends là que mon mari l’a prêtée à un inconnu. Je retourne vers les bungalows toujours en courant et me tenant le visage pour aller en demander à mes belles-sœurs qui se trouvent également dans cet hôtel. Mais chou blanc, l’une a oublié son tube et l’autre n’en a plus. Je suis complètement affolée, je ne sais plus quoi faire …… réveil.

Il parait que les rêves servent à mémoriser et à structurer les infos ils ont également le rôle d’échappatoire émotionnel. Ce cauchemar c’était tout cela à la fois.

Pourquoi cette angoisse ? parce que dans la journée j’ai vécu un évènement totalement nouveau : la pratique du photorajeunissement qui est une technique de stimulation de la production de collagène par chauffage superficiel du derme avec un laser (ne croyez pas, qu’en plus, je sois devenue plus savante, je viens de pomper cette phrase sur la pub de l’appareil).

Le cabinet du médecin est super classe avec des tableaux aux couleurs chaudes qui tranchent sur les ton gris et blanc des murs. J’avais cinq minutes de retard et en me garant, j’ai entendu mon mobilis sonner. C’était la secrétaire qui me demandait si j’allais ou non venir parce que dans le cas où j’aurais oublié la séance elle aurait fait venir dare-dare une autre patiente qui doit attendre cloitrée chez elle qu’une place se libère.

J’entre dans une pièce et je me retrouve allongée vite fait bien fait, après un démaquillage en règle, l’opératrice me met sur les yeux une paire de lunettes opaques qui sert à protéger les yeux pendant la séance.

L’appareil fin prêt et près de moi ronronne gentiment. D’un coup, tout s’éteint, la puissance demandée par les trois appareils du cabinet doit être supérieure à celle fournie par le réseau. Le médecin désappointé me dit qu’il est possible que l’on soit obligé d’annuler la séance. O rage, O désespoir j’ai attendu un mois pour avoir ce rendez-vous.

Finalement, tout s’arrange et le médecin vient régler l’appareil puis l’opératrice commence son travail par un premier passage. Je sens que cela chauffe un peu, c’est très localisé et cela sent le brûlé exactement comme si, par inadvertance, on se brûlerait un ongle. Je dois appuyer avec ma langue tout autour de ma bouche et sur les joues pour les gonfler, c’est assez gonflant de rester crisper ainsi.

Après un temps de repos le médecin revient et règle à nouveau l’appareil pour le deuxième passage. Celui-ci est plus cool que le premier mais je dois, quand même, jouer de la langue encore une fois.

Nouvelle pause pendant laquelle je pense les yeux mi-clos. Pas malin ces spots encastrés au plafond qui éblouissent les pauvres patientes allongées et désespérées. Le doute est envahissant ne suis-je pas en train de créer une excitation cellulaire propice à un cancer ?

Le médecin de retour dans la salle prend en main le troisième passage qui est un balayage sensé supprimer ces tâches brunes si redoutées des femmes, il est dit qu’elles doivent tomber en poussière d’ici cinq jours wouah ! . Je ferme mes yeux le plus possible et malgré cela à travers les lunettes, je vois des flashs de lumières rouges et jaunes, on dirait des mini feux d’artifices perso. C’est joli mais je balise pour mes yeux.

Le temps passe, je suis de nouveau en pose.

Mais revoilà ma bonne fée, qui en guise de bagette arbore un pinceau enduit d’acide glycolique. Dès que celui-ci effleure ma peau je sens que cela picote. Je pense aux rares séances d’esthétique auxquelles je me suis déjà rendues et qui n’ont eu aucun impact sur ma peau. Là on sent qu’il se passe quelque chose. Même si je n’en ressors pas comme une déesse, au moins j’aurais eu l’impression de n’avoir pas été entièrement grugée et je souhaite que mes tâches elles, le soient.
(Note de l’auteure : dans son sens premier, grugé signifie réduit en poudre.)

Tout cela est bien qui finit bien, à la fin de la séance on signe un papelard sur lequel il est stipulé que l’on ne doit pas s’exposer au soleil sans protection. Les tâches brunes peuvent réapparaître après seulement cinq minutes au soleil. Eh bé.


C’est toute l’organisation de ma vie future qui va en être ébranlée.
Le matin, tout juste réveillée il faudra s’enduire d’écran total indice 50 avant même le petit déjeuner si le soleil, à peine levé, vient chatouiller la table du petit déjeuner.
En matinée, porter crème et chapeau avant de descendre étendre le linge lavé avec Bonux pour qu’il sèche au soleil.
A midi, en remettre une couche avant d’aller acheter le pain et le journal au magasin du coin.
L’aprem, contrôler que la crème soit bien dans la voiture avant de sortir s’amuser.
Le soir, repos enfin !
La nuit, attention aux cauchemars, prendre une infusion calmante avant de dormir.
Me voilà condamnée à vie à acheter de l'écran total, c'est mon pharmacien qui va être content. Le voilà rentier.

A lire

En petits caractères bien rangés
Sur des feuilles de papier prédécoupées
Des mots, des phrases , des paragraphes,
Des pages entières s’impriment,
En ce moment même,
Rien que pour moi.

Par voie électrique,
Par ondes électromagnétiques,
Mon désir de lire,
A traversé l’espace
De notre monde.

Le livre conçu ici,
Sous la chaleur des tropiques,
Est imprimé sur papier glacé.
L’écrivaine y parle d’écriture
Et des conjectures de la publication.

Adeptes d’un écologisme
Raisonné ou passionné
Vous pouvez si vous le désirez
Lire ce livre, ici et maintenant,
Sans bouger de votre place.
Cliquez donc ici
Et demandez une copie
De votre livre électronique.

Moi, au détriment des forêts
J’ai préféré le papier.
En balade ou sur la plage
Je l’emporterai
Histoire de vivre l’aventure
De la lecture n’importe où,
N’importe quand.