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Le carnet de route de la famille Rolly


Leçon de chose

Un petit stop sur le chemin à la Fête de la crevette, de l'écrevisse, du cerf et du poussin, allez hop, Boulouparis en rajoute un chaque année.
Il n'y avait plus ni crevettes ni écrevisses à vendre mais nous avons quand même vu des crevettes dans l'aquarium de l'IFREMER.
Des vrais de la mer fraichement pêchées :




Et les fameuses "litopenaeux stylirostris" toniques et curieuses. Celles-là même qui font le tour du monde et que l'on peut acheter dans les rayons de Carrefour en Europe.




Enfin, un pot de hachard et de confiture de goyave plus tard, nous roulions tranquillou en direction de la maison.

Poé suite

Nous avons déjeuné au petit snack de la plage qui loue aussi des kayak et des pédalos.








En partant nous nous sommes arrêtés au restaurant ex Eden Rock qui abandonné depuis de nombreuses années ressemble à présent au château de la Belle aux bois dormant.
Nous connaissions le Monsieur qui a construit de ses mains en cassant chaque caillou cette bâtisse qui résiste malgré son abandon au temps qui passe.












Séparés

Le week-end dernier Alain et moi nous n’étions :
Pas dans le même lit :
Lui :



Moi :







Pas dans la même maison :
Lui : Realm Hôtel



Moi :



Pas dans la même ville :
Lui : Canberra



Moi :



Pas dans le même pays :
Lui :



Moi :



Pas dans la même activité :
Lui : Il était entouré de petits hommes rouges et bleus qui couraient après des voitures pour les mettre en état ou pour les conduire et lui, était juge de course.






Moi : je parcourais la future propriété de Dum and co à Poquereux, je déjeunais en bonne compagnie à Ouano. Je découpais, je collais, je créais pour moi en vue du concours de l’OPT et pour d’autres en vue mariage.




Vue de la mer verte, futur emplacement du logis.




Le sous-bois :




La Foa, un long fleuve tranquille ?




Barbecue et Ouano Plage.








Mais nous étions tous les deux à l’ombre des niaoulis en fleur :
Lui : devant son hôtel à Sydney.




Moi : en balade comme d'hab.




Les sources d'eaux chaudes

Super balade samedi qui nous a conduit du Déversoir jusqu'aux sources d'eaux chaudes du fond de la Baie des Kaoris, puis retour par la Baie du Carénage.
Au début le sentier suit la rivière des Kaoris dont les remous mettait un touche claire dans la verdure du paysage.




La balade est facile seules quelques descentes, un peu à pic, demandent de l'attention. Les crocs sont à prévoir pour traverser la rivière.








Une ambiance bonne enfant régnait parmi les marcheurs. Il faut dire que le retour en force du soleil satisfaisait tout le monde et que le chemin nous réservait à la fois une touche de fantastique dans la Baie des Kaoris, de l'humour dans la baraque de pêcheurs de la baie du Carénage, de l'art rupestre ( création originale de Jean-Pierre) et de la xylo-peinture sur les poteaux de la baraque par un joyeux inconnu.




























Personne ne s'est perdu sur le chemin, il faut dire que même la nature nous indiquait la voie à suivre (pour ceux qui n'ont rien compris et qui pourraient penser que la couleur de mes cheveux commence sérieusement à atteindre mon cerveau, j'explique : regardez bien, la baie a une forme de grande flèche).




Rennaissance

Pour une reprise de la saison des balades, nous avons commencé fort.
Pas au niveau du temps de marche 2H 1/2, pas plus en ce concerne la difficulté du parcours, juste un petit dénivelé pour gentilles novices. La difficulté qui a troublé la quiétude de l'esprit nature : a été le fait qu’il était tout simplement impossible de rester debout sur ce chemin en terre rouge damée. Affaire que je n'ai pas su mener avec brio puisque je me suis retrouvée les quatre fers en l'air.

Nous étions sur le sentier de la mine Renaissance dans le parc de la rivière Bleue. Donné pour difficile, il ne l'est pas vraiment, si comme nous, on le fait à l'envers.








Il faut vous dire ou vous redire qu’en ce moment, partout dans le grand Sud, tout est spongieux, saturé en eau depuis qu'il pleut presque tous les jours depuis 4 mois. Par endroit comme ici, le chemin devient carrément un cours d'eau.





Ailleurs les arbres vivent comme ils le peuvent dans l'eau rendue verdâtre par un environnement constamment gris et vert.




Là, les crevasses profondes des sentiers escarpés sont remplis d'eau chaque jour par une pluie parfois torrentielle.








Une sorte d'algue ou un lichen microscopique a envahi les parterres incultes donnant d'autres nuances à ce sol monochrome.




Comment voulez-vous qu'après cela, le sentier pris, samedi, ne concurrence pas le fameux sentier glissant. Je n’ai jamais parcouru ce dernier mais celui-ci en matière de glisse, il tenait, ce jour là, le haut du pavé.
Je me suis vue dans l'obligation de négocier chacun de mes pas, de louvoyer à gauche et à droite du sentier à la limite de la végétation qui offre souvent une accroche plus confortable. Une seule fois mon attention s’est délayée, je cherchais un angle propice à une photo qui d’ailleurs est restée virtuelle et boum pata boum je me suis retrouvée sur le derrière.
J’ai nettement senti la fonction physiologique de mes fessiers graisseux qui ont amorti le choc comme des coussins d’air, jaloux, mon poignet a voulu faire de même mais le pauvre n’a pas supporté mon poids. Bobo.
En dépit de cette aventure, la balade a été joyeuse et superbe, je me sentais vivante et heureuse, une véritable renaissance qui augure une nouvelle saison riche en bonheur.




Pendant la pause déjeuner, j’ai quitté la table pour aller m’amuser avec la nature.








L’eau omniprésente chantait et bougeait. C’était le seul élément qui paraissait quelque peu doué de vie. Aucun cri d’oiseau, aucun souffle d’air, je me sentais au milieu d’une carte postale en 3D.
Sur le chemin du retour, nous avons été attiré par le pont Pérignon. Voilà, une partie de l’affiche qui montre le pont dans son état habituel et voilà comment il était samedi.
Le parking était carrément sous l'eau.








Nous ne l’avions jamais vu ainsi.










La vie est belle et cela continue.






Week end Pascal pluvieux

Nous pensions naïvement que Pâques ayant lieu en mars cette année nous passerions à côté de la pluie.......
Pourquoi Pâques a-t-il lieu si tôt cette année ? C'est la question qui m'a été beaucoup posée ces deniers jours. Eh bien, si Jésus-Christ ne ressuscite pas tous les ans à la même date, c'est qu'il marche avec la lune.
Pâques se fête le premier dimanche qui suit la pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps (ici l'automne !).
La pleine lune samedi soir en pose longue occultée par les nuages.




L'équinoxe tombant cette année le 21 mars, la pleine lune le samedi 22 mars, le premier dimanche se trouve être, alors, le 23. On ne peut donc pas faire plus serré. Nous n'aurons jamais Pâques le 19 mars par exemple.
Tout cela parce que chez de nombreux peuples anciens on fêtait à cette date le renouveau du printemps, après une période de disette difficile, les poules recommençaient à pondre et agneaux et lapinots commençaient à gambader dans les prés. Miam, cela donnait faim.


Comme nous sommes quand même prévoyants nous avions loué à Poé (depuis le mois de janvier !) des studios à la mutuelle. On évite le camping à Pâques c'est devenu un principe.
Pourquoi Poé parce qu'il fait toujours beau à Poé même lorsqu'il pleut.
Alors qu'à Nouméa il est tombé plus de 120 mm de pluie en 48 heures samedi et dimanche, il n'est presque rien tombé à Poé par contre il avait fait très mauvais temps le vendredi et c'est sous une pluie continuelle que nous avons roulé vendredi soir.
Résultat des courses ou plutôt des gouttes, tout étant détrempé nous n'avons pas pu partir en balade comme prévu le samedi. Nous avons décidé alors d'aller au village et là stupeur, la route de la plage était coupée pour cause d'inondation.
Une berline bleue a bien essayé de passer mais a dû faire demi-tour. Remplie d'eau, un bateau en profite pour flotter dans l'habitacle.










Nous avons feinté et nous sommes passé par le chemin de la plage qui est réouvert depuis que l'hôtel n'est plus en service.
Bourail inondé, que de vieux souvenirs.....
L'eau de la Néra est haute à gauche du pont :




A droite aussi bien sûr:




Au milieu attention au pont !






La marché de Bourail est tout joli tout bien refait.




La pluie a nettoyé l'azur, il en résulte une lumière vivante, qui vibre accentuant les bleus et les gris, un régal pour mon âme d'artiste.
L'absence de vent me permet l'observation d'un phénomène unique : l'océan transmué en lac. Rien que pour cela le week end a été des plus estimable.









































Les joies du camping

Comme nous n'avions pas de soirée prévue hier au soir, nous avons décidé Alain et moi de partir camper pour la nuit.
Pas de soirée, mais un repas associatif samedi midi nous a fait quitter Nouméa un peu tard dans l'après-midi.
Le but de la balade : le parc de la rivière bleue où je voulais prendre des photos de la forêt noyée le matin dès l'aube.
Nous arrivons trop tard au parc pour pouvoir y entrer, le glas sonne à 14 H, élément que nous ignorions.
On se rabat sur le camping des Bois du Sud. La tente est planté sous un abri au cœur même de la forêt primaire, que du bonheur.
Un repas frugal et une pluie correcte termine cette belle journée.
Deux heures et demi du matin, j'ai les yeux grands ouverts et malheureusement pour moi les oreilles aussi.
Ah, le silence de la nuit tropicale ponctué seulement par le ploc ploc des gouttes de pluie qui tombent de feuilles en feuilles, par un grillon qui fait crisser ses ailes, jusqu'ici tout va bien, mais voilà, il y a un "pire". Un oiseau se met à crier parce que celui-ci ne sait apparemment pas chanter. Avec un rythme de métronome, il crie sur quatre temps : trois silences, une blanche.
Je ne dors plus, j'arrache des bouts de PQ et j'en bourre mes oreilles, rien n'y fait ( note perso pour l'auteure : Penser à mettre des bouchons d'oreilles dans la trousse fourre tout du camping. Non, j'agis immédiatement).
Me revoilà ! Donc, je vous expliquais que j'avais peu dormi, debout à cinq heures du matin la tente pliée, on décide d'aller au bord du lac pour prendre des photos. il pleut à moitié cela signifie que je ne pourrai pas faire les photos prévues.
Pas de ciel bleu mais des arc en ciel nous souhaitent la bienvenue.
Ici Alain est tout petit dans l'immensité du paysage alors qu'en fait il n'est pas loin de moi.


















Ensuite nous avons exploré des chemins de traverse et des routes inconnues. Nous sommes tombés sur cette doline. L'eau y était cristalline, nous nous y sommes baignés entre deux ondées. Une herbe vert tendre pousse au fond et chose extraordinaire pour nous, des feuilles argentées décomposaient la lumière rasante du soleil et formaient des mini arc-en-ciel posés au fond de l'eau, cela avait quelque chose de vraiment féérique. Je n'ai pas pu faire plus de photos parce qu'il recommençait à pleuvoir et il était impossible de s'approcher trop près de ces petits trésors mais j'espère que vous les voyez.










Pour finir, une photo de niaoulis dédiée à Nono.




La promenade

Il était 4 h 45 ce matin et je me marchais sur la promenade.
Ce que j'en dis :
C'est le seul moment de l'année où le soleil se lève au-dessus de l'ilot Sainte Marie.
La lumière rasante crée de belles ombres portées .
J'ai croisé un bonhomme, vieux avec un gros bide, qui promenait son chien, il était en slip (?), ce n'est pas un attentat à la pudeur ça ? Je voudrais voir si une nana faisait la même chose ce qui se passerait.
Un groupe de jeunes écoutait encore à plein tube de la musique sortie d'un coffre de voiture à la Côte Blanche.












Tranquille

Nous avons trouvé un petit coin discret, sur la rivière des Pirogues pour se rafraichir dimanche midi.
Seul à deux, nous avons laissé tomber les maillots pour nager au milieu des petits poissons d'eau douce.






Rouge et tranquille la rivière s'écoule lentement.






Pour m'amuser, j'ai fait du Land Art avec des éléments trouvés dans le lit de la rivière : Un caillou blanc sphérique, et un autre troué comme une alliance, du fil électrique bleu (sic), la vertèbre d'un petit animal.



Ile Ouen, le retour.

Le père Noël était de retour à l'ile Ouen ce week-end avec les Lions.
Au départ, c'est avec plaisir que je vois la baie de Plum sous un radieux soleil, tout y est calme comme un jour avec pain.
J'aurai dû me méfier......

Le hors-bord file à vive allure malgré son chargement. Dès qu'il s'agit d'emporter de quoi dormir, c'est l'horreur, les sacs se remplissent et s'accumulent sans que l'on puisse seulement rêver d'autre chose.
Il est tôt, des gouttelettes d'eau, précipitées par le sillage du bateau, rencontrent la lumière rasante du soleil. La lumière décomposée façonne alors un arc en ciel qui ressuscite à chaque splash d'écume.
Chacun, dans le silence de sa tête, y va de sa petite prière de remerciement pour le beau temps qui nous est offert.
A l'arrivée, après une coutume de bien-venu et une installation sommaire, une partie des personnes présentes repart faire un "coup de pêche".
Je vais me promener avec Imelda alias Starlette pour les intimes et Erika deux petites filles de l'ile sur une petite plage qui jouxte la tribu.
Je pénètre une nouvelle fois dans l'église qui subsiste décoiffée, délaissée par les hommes elle reste néanmoins envahie par une lumière divine, j'en profite pour faire des photos, espérant vaguement que cela sera la dernière fois que je pourrai le faire.
















Au fond de la baie, le courant ramène toutes sortes de remous peu engageants, traces de pollution liées au travail de la mine.




La faim me taraude, je déjeune avant tout le monde et pars faire une sieste. Je boude, je suis venue ici pour explorer davantage l'ile, pour emprunter ses chemins, pour grimper au sommet de ses collines. Je comprends que cela ne se fera pas au moment où sort d'un sac isotherme le Whisky et le Perrier.
Si c'est juste pour boire un coup, pourquoi avoir fait tout ce chemin ?
L'après-midi est déjà bien avancée quand nous nous rendons en bateau à la baie Blanche. Dans la baie, sont ancrés des voiliers terminant là une régate débutée en matinée.
Starlette, ne dénie pas son surnom et joue au mannequin.








Nous croisons des marins en promenade.




L'abord de la tribu est rendue difficile par la présence d'un récif de terre, nous accostons une nouvelle fois sans encombre malheureusement ce n'est pas le cas de l'autre bateau qui, à la suite d'un léger manque d'attention de son pilote, vient s'échouer dessus.
Cette histoire va occuper les hommes pendant de longues heures, le bateau présente une voie d'eau, il risque de couler.
Tard dans la soirée, alors que le feu consume les branches de gaiac pour le barbecue, des hommes colmatent la brèche comme ils le peuvent, et resteront sur le bateau pour le veiller toute la nuit.




Navrant cette histoire.
D'autant plus navrant que le lendemain, le soleil, las d'avoir trop briller la veille, laisse la place à de gros nuages chargés de pluie, de la vraie, celle qui mouille. Cela n'aidera pas pour les diverses manœuvres à engager.

Voilà le bateau "croché" sur le récif le lendemain matin :



Mais non, Mimi, ça c'est la photo que tu as prise en ayant oublié de régler l'appareil.
Oui mais, si elle me plait à moi......




Note de l'auteure pour ceux qui n'auraient pas bien pigé : Le bateau en question n'est pas la petite barque bleue mais celui que l'on peut voir au loin.


Un peu d'eau douce, cela n'a pas découragé le Père Noël qui en a vu d'autres, les enfants sont tous au rendez-vous et la joie est perceptible dans un regard, un sourire.




Un bougna royal vient peu après nous sustenter avec bonheur. Toutes les femmes de la tribu ont participé à sa confection. Les petites filles qui n'ont pas cuisiné ont fait la décoration de la salle commune en cueillant et piquant des fleurs fraiches un peu partout .




Les meilleures choses ont une fin et dans le cas présent, le meilleur n'était pas la fin.
Dans le bateau, couverte d'un pochon poubelle, je me mets en boule pour m'exposer le moins possible aux déluges récidivistes.
Mouiller pour mouiller, vous me direz, qu'importe. Eh bien non, la pluie dans le cas présent est la goutte en trop.
Dans la voiture, enfin à l'abri, essuyée et changée, je sentais encore l'humidité me pénétrer sournoisement par tous les pores. Ce n'est qu'à la maison que j'en suis venue à bout en soignant le mal par le mal par un bain divinement chaud et moussant.

Encore

Je pensais, comme dit précédemment, que la saison des balades s'achevait avec les rudes chaleurs qui s'annoncent, mais non; rien n'arrête plus nos coachs préférés qui en veulent encore et encore, et nous, nous nous laissons gentiment faire.
La première étape du GR a été choisie parce qu'elle traverse deux cascades dans lesquelles, il a fait bon se rafraichir.
Une partie du groupe (dont moi) a fait une marche raccourcie, pour cause de nuits bien trop courtes pour notre petite forme.
C'est étrange d'arpenter les mêmes chemins et de trouver encore de nouvelles choses à voir et à photographier. L'étonnement est un merveilleux don de Dieu. Il est à l'origine de l'intelligence et de l'intention. Il m'a accompagné tout au long de ce chemin, j'ai vu la terre rouge encore plus rouge, l'eau de la rivière bleue encore plus bleue. Au détour d'un chemin j'ai exploré une bâtisse datant de la pénitencière que je n'avais jamais encore remarquée. Le printemps aidant, les arbres saturés de fleurs nous font coucou à chaque souffle de vent. Beaucoup de grevillea mais aussi ces minuscules fleurs jaillissant d'un pimpant bouton rouge inconnues pour nous.
























Dimanche

Quelque fois le mauvais sort s'acharne avec opiniâtreté.
Nous en avons fait fi, dimanche, ce qui m'a valu une blessure, néanmoins, la journée s'est bien terminée.
Météo NC annonçait un calme quasi plat dimanche matin. Belle aubaine pour aller se rafraichir en partant sur un ilot en scooteur.
Nous décidons d'aller explorer l'ilot qui se trouve en face du Mont Dore et de mettre à l'eau tout près. Premier problème, à l'arrivée de la mise à l'eau du Mont, nous découvrons une mer très agitée et la hauteur de l'eau à cet endroit nous fait un peu peur. Nous poursuivons jusqu'à Plum et là, mauvaise surprise, c'est pareil.
Pour mettre le navire (légalement un scooteur est un navire, sic) à l'eau c'est un peu sportif, mais rien ne nous fait peur sauf qu'un retour de vague me coince le majeur de la main droite entre le scooteur et la remorque. Douleur.....
L'écrasement a provoqué un "bleup", la peau de mon doigt s'est fissurée, il est sanguinolent et prend immédiatement la couleur d'un vinaigre de vin vieux (un peu de description gore dans ce blog, cela manquait).
Je vais tout de suite à la voiture pour me confectionner une poupée de compet avec ce que je trouve dans la trousse de secours.
Cela commence à faire pas mal pour un début de journée, le pompon vient avec le fait que le scooteur ne veut pas démarrer, et la mer qui continue à s'agiter......
Dans un moment de faiblesse, je veux dire à Alain que ça va là, on rentre. Ne pouvant m'entendre, le voilà déjà loin, il me "charge" depuis le ponton et c'est parti.
La traversée jusqu'à l'ilot me parait longue, ça tape, ça mouille. La douleur génère une nausée qui elle-même crée de l'angoisse. Je m'imagine tombant du bateau et le sang qui s'écoule doucement de mon doigt attire des requins qui viennent me dévorer, je vois déjà leurs mâchoires s'ouvrirent. Je me rappelle une histoire lue, celle de cette jeune femme qui se vide de son sang entre Madrid et Paris parce qu'elle a une petite blessure au doigt.
Nous voici enfin rendu. Nous faisons escale sur la côte abritée, le sol est recouvert de galets dorés, des palétuviers y agrippent leurs racines. Tout est calme, désertique, un espace de repos idéal, on n'oublie tout. Le retour est plus facile, moins mouillé, la tension s'est dissipée. C'est peut-être ça la sagesse "attendre que l'orage passe".
Lundi, journée bien occupée, attente chez le médecin, à la radio, de nouveau chez le médecin, à la pharmacie. Prescription d'antibiotiques, fracture ouverte oblige, bizarrement je ne souffre que très peu mais me voilà partiellement handicapée pendant un mois.
Des photos quand même.....
















Lifou

Quatre jours à Lifou par un temps de rêve, le songe aurait pu frôlé la perfection.
Ce petit voyage prévu depuis longtemps s'est télescopé avec l'évènement de l'année à Lifou. Un mariage de chefs.
5 000 invités, pour un budget de 30 millions, c'est dire son impact dans l'ile et dans le monde kanak.
La mariée 17 ans est l'élève de notre hôtesse : Clarisse. Elle pleure chaque jour par dépit de se voir marier contre son gré.
Si le mariage a eu lieu à cette date, c'est qu'il avait été ajourné. Le promis a préféré vivre avec sa concubine et ses enfants plutôt que d'épouser la jeune lycéenne. Il a donc, par amour, laissé les honneurs de chef à son jeune frère qui deviendra chef à la place du chef.
Nous étions emballé par la brochure éditée par "Destination Iles Loyauté" en pensant que nous pourrions faire les superbes balades proposées dans le livret.
Seulement voilà, impossible de joindre les guides pour cause de noces. Les joyaux de Luengoni, le pays de Zimetrötr, le lac de Inegoj tous ces mots appelant à la rêverie fantastique et exotique sont restés lettres mortes.
Le seul itinéraire que nous avons pu suivre a été celui de "Sur les traces de Weniko Qatr". Nous visitons tout d'abord une vanillerie, et suivons ensuite un chemin qui serpente au milieu d'un jardin "à la kanak" et d'une forêt sympa. Au sol, le corail présente quelques aspérités peu engageantes mais nous en venons à bout sans encombre.
Le vieux qui nous sert de guide, s'arrête souvent pour parler de la pharmacopée kanake en nous montrant les arbres qu'il utilise. Il ne s'exprime pas très bien et ce qu'il dit est très peu clair. J'ai parfois l'impression qu'il raconte n'importe quoi, que tout cela n'est que du cinéma.
Le but de la promenade est un trou d'eau au fond d'une petite caverne. Dans le guide papier et sur leur tarifs bien tapé à l'ordi et plastifié, il est dit que l'on peut s'y baigner. Est-ce l'heure du repas qui approche ou simplement une petite arnaque, le vieux nous dit que le chef ne veut pas que l'on s'y baigne ( il a bon dos le chef, on lui fait dire ce que l'on veut). Nous sommes arrivés jusqu'ici et pour cela avons payé 1500 F et voilà que l'aventure se termine sans que le but soit atteint, je n'ai pas apprécié ces façons peu cavalières.
Dans sa vieille boite en métal les billets de mille s'entassent (nous étions une vingtaine). On appelle les Lifou "les planches à voile" parce qu'ils ont vite fait de comprendre le système.
Globalement c'était sympa tout de même, et surtout il avait le mérite d'être là.




Au travers d'une fenêtre.



Chut, copulation forcé des organes sexuels d'une fleur de vanille.



La grotte qui abrite les eaux souterraines.



Avec ses cases près de chaque maison en dur, Lifou reste très attachée aux traditions. J'aime son côté authentique.



Promenade sur les rochers au sud de l'île.















Il fait tellement beau, les eaux sont si claires que je déclenche à tout bout de champ.




La plage de Luengoni est déserte depuis environ deux mois. Une jeune métro y est morte après une attaque de requin à 2 mètres de profondeur.
Le traumatisme y reste encore tangible.

Sur le toit de notre "mânde"

La saison des balades dans la nature s'est achevée avec l'ascension du Mont Panié.
Notre entrainement s'est révélé payant puisque nous avons pu tous faire la montée sans problème majeur.
Le seul de notre groupe qui a montré des signes de défaillance est un métro qui, habitué aux chemins de St Jacques de Compostelle n'a rien vu venir, au bout de 4 heures il était plié par des contractures.
La montée est vraiment très difficile. Certaines portions sont carrément à 90°, avec des marches de 80 cm de haut. On s'accroche à tout ce qui est accessible pour s'aider, racines, branches, lianes. J'ai mis 7 heures 15 environ sans les temps de repos pour monter soit à peu près le même temps qu'il y a sept ans . Deux heures avant l'arrivée, je repense à Henri qui nous disait "Le faire une fois, ça va encore mais deux, c'est du masochisme".
Le sac que je porte a été minutieusement préparé, rien n'y est superflu. Les string remplacent les culottes parce que c'est moins lourd, et le tube de dentifrice est un échantillon donné par mes pharmaciennes préférées. Nous mangeons des plats lyophilisés néo-zélandais achetés à Out Doors. Vite prêts, ils calent pourtant bien.
Le Mont est réserve intégrale, ce qui oblige à prendre un guide. Julio guide agréé, fait l'ascension une à trois fois par semaine. Il est impressionnant de force physique. Attention, s'il vous serre la main, elle s'en souviendra pendant un bon moment.
Nous avons dormi deux nuits au refuge. Celui-ci est tout neuf puisqu'il a été construit en début d'année en lieu et place de l'ancien qui prenait l'eau. C'est un beau chalet équipé de grandes paillasses en planches de bois (des planchasses !) et d'une table abritée par une terrasse. Très luxueux quand on le compare au précédent. La première nuit j'ai voulu dormir par terre pour ne pas déranger tout le monde lors de mes sorties furtives de nuit. J'ai eu très froid. le lendemain je suis allée me chauffer auprès de mon bon prince qui a pour la circonstance déplié pour moi son deuxième sac de couchage. Finalement, les hommes (les gentils s'entend) cela sert un peu à tout.
Du refuge au toit de notre "mânde", encore 300 m à monter en une petite heure, c'est la promenade du lendemain matin.
Si tout le chemin est magnifique, ici c'est encore plus. Un éclat du jardin d'Eden oublié là pour notre bonheur. La végétation est telle qu'il m'est impossible avec mon compact de recréer vraiment l'atmosphère régnante. Bon, là je vais être honnête, même si j'avais eu mon réflex, je ne pense pas que j'aurais pu faire mieux. Il faudrait y rester des jours et des jours et surtout avoir un pied.
Notre balade s'arrête sur la plate forme qui se trouve juste en bas du Mont. L'accès à celui-ci est tabou. Il s'y cache la marmite qui a cuit la première igname, c'est dire si l'endroit est sacré.
Photos bien sûr. La côte Ouest est bien visible, la côte Est beaucoup moins à cause de la topographie.
Julio nous explique que le Mont est truffé de mo-akennes c'est à dire de petits lutins. Ce sont eux qui décident si oui ou non l'on peut s'y promener sans encombres.
Ils nous ont eu à la bonne, j'en suis sûre, écoutez plutôt cela.
Route Nouméa-Pouebo pluie. Arrivée Pouebo pluie. Le jour de l'ascension, beau temps. La nuit pluie. Le matin de la balade, beau temps. L'aprem et le soir pluie. Le jour de la descente, beau temps. Le soir au camping pluie. Si çà c'est pas de la veine.
La descente est moins pénible mais presque aussi longue : 6 heures. En marchant, nous avons toutes la même pensée : "C'est impossible que l'on ait marché tout ce chemin à la montée".
Il faut croire que si.
Le sentier n'est pas toujours bien tracé, sans Julio occupé à l'arrière par les retardataires, on cherche quelquefois son chemin. Anne s'est égarée et a fait une mauvaise chute. Elle a mis du temps a retrouvé les autres.
Enfin, nous dégustons au camping Galarino un repas cuisiné par Nana, la maîtresse des lieux. Une cuisine locale et familiale de bonne facture.
Il pleut la tente est mouillée à l'intérieur ce qui vaudra une mauvaise nuit à Alain. Moi je dors bien.
On repart en direction de Touho, en passant par le bac de la Ouaième.
Encore cinq heures de route jusqu'à notre sweet home. L'aventure est finie, on est content.




Durant la montée, pas le temps de photographier.





A 900 m, je garde encore le sourire.




Partis de 1 m au-dessus du niveau de la mer nous arrivons au refuge.












Le lendemain, la balade est tranquille et propice à faire des clichés.




Au sommet, hourra !



Julio, comme un arbre planté en terre de New Kanaky (dixit son livre d'or)



Le vrai sommet interdit est visible au milieu de la photo.





Côte Ouest.


Côte Est.



Lever de soleil sur la côte Est.







La côte Est et la Ouaième.

Sous la pluie

Ce qu'il y a de bien avec le temps, c'est son imperfection.
Quel ennui s'il faisait beau chaque jour.
Plus d'imprévus possibles, plus d'envie de cocooning, plus de nuances de couleurs sur la terre, dans les airs.
Alors là, vous voyez bien que j'essaie d'être un max positive.
Parce que quand il pleut tout un dimanche aprem alors qu'il a fait un temps splendide tout le reste de la semaine, y a de quoi enrager.
Dimanche nous sortions dans le Grand Sud avec des métros tout juste débarqués, histoire de leur montrer la beauté de l'île.
Ils ont pu constater qu'ici comme ailleurs la pluie, bin, ça mouille.
Heureusement que nous nous sommes promenés dans le village de Prony alors qu'il ne pleuvait pas encore, ensuite nous avons pique-niqué à l'abri, sous un faré à Netcha.
Comme chaque fois que nous nous y rendons, le village est désert, ce qui a le don de me mettre en rage. Il y a, à cet endroit, une sorte de magie, la sérénité du lieu est envahissante.