Qu’est qui est gros comme un petit pois et rose comme un bonbon ? Un cachet de Tardyferon.
Ayant une anémie ferriprive, j’ai décidé, tout de go, d’aller chez mon pharmacien afin d’acheter un complément de fer.
J’en suis ressortie pleine de confiance dans l’avenir. Arrivée chez moi, j’ai fait comme c’est dit dans la notice, je l’ai lue entièrement.

Précision importante avant l’aller plus loin, je passe beaucoup de temps à faire mes achats dans les supermarchés parce que je lis toutes les listes d’ingrédients. Le côté pratique de la chose, c’est que bien souvent, je repose le produit sur l’étagère, ma gourmandise en fait les frais mais, pour ma santé, je ne lâche rien.

Donc, je vous disais que je lisais la notice, et le dernier point : le 6 ; indique les composants du médoc.
La substance active est du fer, c’est heureux, il y en a 50mg par comprimé. Je ne sais pas si vous voyez bien la quantité de ce que cela fait. On prend 1g (déjà ce n’est pas lourd !), on le divise en 1000 parts égales et on en prend 50. Cela ne fait pas beaucoup n’est-il pas ? Par contre le comprimé, lui est gros comme un petit pois, il y a un souci là. Alors qu’est-ce qu’il y a d’autre ? Au moins 20 produits chimiques différents. Rien que pour pouvoir les lire, j’ai l’impression de devoir retourner au CP et pour les écrire tous, il me faudrait la matinée. Ce qui est navrant, c’est aussi leur manque de poésie. Mais, nous approchons du pire, parce qu'au milieu de ce fatras de mots improbables, j’en connais bien trois : le talc, le dioxyde de titane, et le E127 : l’érythrosine. Ce sont ceux là même (entre autres) que je chasse désespérément au super marché. Rien que la toxicité de ces trois me révolte. Je n’ai malheureusement pas de temps à consacrer à me renseigner sur les autres.

En fait je me sens trahie et prise en otage, trahie parce qu’un médicament, c’est sensé soigner et non pas provoquer plus de maladies et prise en otage parce qu’il n’est pas possible de se faire rembourser les médicaments, une fois qu’ils ont passé la porte de la pharmacie (pas folles les guêpes). Désespérée aussi, parce que je ne peux pas les rendre en ayant dans l’idée qu’ils feront du mal à d’autres et pas les jeter non plus parce que je pense à notre mère Nature. En plus de tout, je reste avec mon problème, « Tu devrais manger des lentilles » me suggère-t-on, eh bien non ; et pourquoi non ? Mais ça, c’est une autre histoire.