Bonne surprise, ce WE, nous attendions les pire agissements de Donna, au point que M avait acheté des jeux de société et en fait, nous avons eu un temps relativement clément, avec un lagon aux belles nuances de bleu turquoise jusqu’à d’épais bleu marine.
Pendant l’heure de la sieste, claquettes au pied et armée de mon Canon, je décidais d’aller explorer le « grand carré » entouré de tôle grise. Un portail grand ouvert me permit d’y entrer. Depuis l’abandon du site, la flore a décuplé et même si les mimosas font par endroit hégémonie, la forêt encourage toutes sortes de plantules, si bien que cela est devenu carrément inextricable.
J’ai tout de suite compris que je me perdrais, qu’à cela ne tienne, j’aime bien la giclée d’adrénaline occasionnée par la perte de repère.
Par contre, le site s’est montré très rapidement sans grand intérêt artistique, aussi, quelque peu désœuvrée, j’ai branché ma petite cervelle sur les signes. L’endroit est hautement magique du fait de l’origine de sa fonction, ( haut lieu de sépultures Kanake), avec du respect et de l’humilité, il est possible d’y sentir la présence des esprits.
Longeant l’arroyo, je me suis retrouvée dans un espace très calme, si bien que la surface de l’eau devint totalement lisse, miroir, mon beau miroir, qu’as-tu donc à me dire ? D’un coup, le haut fût en bas et le bas en haut, l’est et l’ouest se confondirent également.
Je remontais le cours d’eau avec l’espoir d’autres surprises mais le vent se mit à bouger les feuilles et l’onde devint frissonnante. « C’est mieux, si je ne continue pas » ai-je pensé, la cordialité pouvait disparaître d’un coup et je ne voulais gêner personne.
A présent, je devais retrouver mon chemin, sauf que là, il n’y en avait pas.
Je faisais un peu la moue tout de même, en me disant que je n’avais pas vu l’ombre d’un seul pétale, à peine ai-je pensé cela que j’ai trouvé une petite fleur blanche sur un arbre. Clic-clac Gauche, droite, coucou, coucou, j’étais perdue jusqu’à ce que j’arrive au pied d’un banian une liane s’y accrochait. Ses méchantes épines m’ont renvoyée à l’histoire de la Belle au bois dormant. Ca, c’était un signe ou je n’y connais rien… J’ai donc, opéré un volte face de 180° et marché tout droit . Très vite j’ai trouvé la barrière que j’ai longée jusqu’au portail. Fin de la promenade, je n’ai jamais eu peur, j’ai toujours eu confiance, ainsi va la vie.