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Le carnet de route de la famille Rolly


Santal


Avant mon départ je me suis donnée comme mission de sauver un santal.
Ce n’est plus un scoop pour tout le monde, vous savez que le bébé santal ne pouvant pas extraire du sol l’azote dont il a besoin, est planté tout près d’un gaïac qui lui, parvient à le mettre en réserve.
Il y a peu, j’ai vu un de mes santals presque tout sec, seules trois branchettes vertes m’indiquaient que je pouvais espérer sa reprise.
Après analyse du problème, j’ai deviné que le frottement des branches du gaïac a fortement endommagé le tronc de l’arbre. Je vous passe les détails de ma réparation, c’est la réflexion que m’a inspirée cette histoire qui est plus notable.
En effet, j’ai eu une révélation. Les arbres poussent avec parfois des branches dans tous les sens et jamais l’une d’entre elle ne vient frotter sur une autre. J’ai trouvé cela relevant d’une puissante intelligence. Idéant cela, j’ai ressenti un profond attachement à la nature environnante. J’étais à la fois bien ancrée dans la terre et emporté à une distance hallucinante.
Comme quoi, un simple détail peut nous enchanter. Restons vivant au monde.

Cyclone Donna


Les coïncidences sont toujours inattendues.
Il y a une semaine, je me surprends à penser à une femme, la papesse Jeanne, me disant qu’il était étonnant que personne n’ait raconté son histoire.
Vendredi dernier, étant par le plus grand des hasards devant le passe livre de la MDF de Poé, je trouve « La papesse Jeanne » écrit par Donna Cross.
Le livre s’avère captivant pour une passionnée de Moyen-Age comme moi mais le plus étrange est qu’il soit écrit par une femme se prénommant Donna, je crois bien n’avoir jamais entendu (ou si peu) ce nom, hors depuis deux jours, il est dans la bouche de tout un chacun.
Sainte Donna a vécu au II°. Elle était une employée du palais impérial à Rome. Convertie, elle fut jetée en prison, torturée et exécutée.
Les femmes qui portent le prénom Donna ont une forte personnalité. Elles n'aiment pas être sous l'autorité de quelqu'un, elles préfèrent diriger par elles-mêmes. Derrière le prénom Donna se cache une personnalité impulsive et impatiente, qui n'aime pas rester en place.
Eh bien, cela promet…
En tout état de fait, j’ai un bon livre pour patienter jusqu’à la fin du cyclone.

Plage de Poé


Bonne surprise, ce WE, nous attendions les pire agissements de Donna, au point que M avait acheté des jeux de société et en fait, nous avons eu un temps relativement clément, avec un lagon aux belles nuances de bleu turquoise jusqu’à d’épais bleu marine.
Pendant l’heure de la sieste, claquettes au pied et armée de mon Canon, je décidais d’aller explorer le « grand carré » entouré de tôle grise. Un portail grand ouvert me permit d’y entrer. Depuis l’abandon du site, la flore a décuplé et même si les mimosas font par endroit hégémonie, la forêt encourage toutes sortes de plantules, si bien que cela est devenu carrément inextricable.
J’ai tout de suite compris que je me perdrais, qu’à cela ne tienne, j’aime bien la giclée d’adrénaline occasionnée par la perte de repère.
Par contre, le site s’est montré très rapidement sans grand intérêt artistique, aussi, quelque peu désœuvrée, j’ai branché ma petite cervelle sur les signes. L’endroit est hautement magique du fait de l’origine de sa fonction, ( haut lieu de sépultures Kanake), avec du respect et de l’humilité, il est possible d’y sentir la présence des esprits.
Longeant l’arroyo, je me suis retrouvée dans un espace très calme, si bien que la surface de l’eau devint totalement lisse, miroir, mon beau miroir, qu’as-tu donc à me dire ? D’un coup, le haut fût en bas et le bas en haut, l’est et l’ouest se confondirent également.
Je remontais le cours d’eau avec l’espoir d’autres surprises mais le vent se mit à bouger les feuilles et l’onde devint frissonnante. « C’est mieux, si je ne continue pas » ai-je pensé, la cordialité pouvait disparaître d’un coup et je ne voulais gêner personne.
A présent, je devais retrouver mon chemin, sauf que là, il n’y en avait pas.
Je faisais un peu la moue tout de même, en me disant que je n’avais pas vu l’ombre d’un seul pétale, à peine ai-je pensé cela que j’ai trouvé une petite fleur blanche sur un arbre. Clic-clac Gauche, droite, coucou, coucou, j’étais perdue jusqu’à ce que j’arrive au pied d’un banian une liane s’y accrochait. Ses méchantes épines m’ont renvoyée à l’histoire de la Belle au bois dormant. Ca, c’était un signe ou je n’y connais rien… J’ai donc, opéré un volte face de 180° et marché tout droit . Très vite j’ai trouvé la barrière que j’ai longée jusqu’au portail. Fin de la promenade, je n’ai jamais eu peur, j’ai toujours eu confiance, ainsi va la vie.

Vocabulaire


"Coulis de piquillos" : Samedi, j'ai demandé au serveur ce que c'était ; devant son ignorance, il ne me restait plus qu'à faire confiance à mon sens du goût, hors, le coulis en question c'est résumé à trois gouttes très très plates entourant la tranchette de poisson, impossible d'en napper ma fourchette.

"Je suis un treizien" : Au départ j'ai cru avoir devant moi mon premier extraterrestre, mais non, j'ai demandé et j'ai compris que c'était un joueur de rugby à XXIII . Je n'ai rien trouvé sur internet concernant ce mot de vocabulaire.

J'aime bien le vocabulaire c'est toujours source de belles petites histoires.

Amour toujours

Une petite histoire en image : Ce matin, mon Canon sous le bras, j'ai voulu photographier un bouton de pourpier couleur fuchsia, jusque là tout allait bien, mais je me suis aperçue, malgré l'absence de vent, que son cœur se soulevait à un rythme improbable.
Tout à coup, une petite aile dépassant de la corolle m'explique de façon plus scientifique ce que je prenais pour une manifestation du petit peuple. Ma curiosité attisée, je suis restée en position pour capturer ce minuscule glouton qui se vautrait corps et âme dans un bain de pollen jaune d'or.
Il semblait littéralement faire l'amour à cette fleur, changeant de position "dessus/dessous" comme on dit ici. Il faisait un tel bazar, qu'un autre hyménoptère s'est posé sur un pétale pour observer la scène.
Je commençais sérieusement à ressentir des contractures tellement sa séance de jambe en l'air durait. Enfin, j'ai pu voir à quoi il ressemblait, regardez son œil, il vous en dit long sur son état de lubricité.
Une petite dernière, lorsque encore groggy il a pris un moment pour se remettre de toutes ses émotions.