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Le carnet de route de la famille Rolly


Opération sauterelles




En 2015, nous avons planté dans notre jardin, une cinquantaine de palmiers de toutes sortes. Ils poussent… Enfin, je dirais qu’ils ont, vraiment poussé, après les pluies des deux derniers mois. Leurs palmes se balancent tendrement au grès des alizés, l’herbe à leur pied a été récemment coupée, le panorama qu’ils nous offrent est empreint de romantisme.
Cela pourrait frôler l’Eden, s’il n’y avait pas, confortablement cachées dans la terre tiède des Pseudophyllanax imperialis.

J’ai beau me dire qu’elles font partie intégrante de notre biodiversité, je ne parviens pas à leur trouver une once de sympathie. Disons-le carrément, je les déteste. Cette haine, attisée par leur mépris à mon encontre et la mémoire de leur morsures, a développé chez moi, une totale insensibilité lorsque, je parviens à en trucider une. Là, je ne suis pas totalement franche, c’est bien plutôt la joie d’un triomphe que je ressens. Au sommet de l’Everest, je n’en aurais pas plus.

Depuis la découverte, il y a trois jours de feuilles de palmiers grignotées jusqu’à la nervure, mes plafonds gardent les marques de mes sauts intempestifs et désorientés. J’enrage, s’attaquer à des bébés, c’est insauterellien.
J’ai immédiatement activé mes réseaux amicaux et facebookiens, rien de bien neuf, sauf le conseil d’avoir des cocottes, celles-ci se régalent des petites, je n’en doute pas mais, c’est un peu compliqué chez moi d’avoir des gallinacés.

La guerre restait donc, notre seul recours…
Hier soir, Alain et moi avons attendu la fin du jour pour les surprendre.
C’était la première fois que nous étions dans le jardin en soirée, nous avons bu une tisane en attendant le noir complet. La nuit était particulièrement douce, les cigales chantaient. C’était étrange, il y avait d’un côté le silence et de l’autre le craquètement des cigales, j’entendais les deux en même temps. Je parle de silence mais en fait c’était l’absence de nuisances sonores humaines tellement inhabituelles pour moi qui créait cette impression d’insonorité.
J’étais impatiente d’en découdre, armés de lampes, de pinces à légumes et d’une paire de ciseaux, nous avons entamé notre longue recherche, inspecté chaque plante. Trouvée ! Elle était toute petite mais a quand même été guillotinée par les lames coupantes de mes ciseaux. Sinon rien ; nada.

Peut-être était-ce trop de bonne heure ?
Un peu déçue d’avoir perdu cette bataille, je reste motivée pour continuer la guerre.