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Le carnet de route de la famille Rolly


Mont Dore



Très contente de la balade d'hier. L'ascension et la descente du Mont Dore ont été grandement facilité par la mise en place de marche et d'anti-dérapant par les services de la Province Sud. Bleu, vert, gris, jaune, rouge, blanc, turquoise et d'autres couleurs encore, des fleurs également.
4h30 de marche effective, 600m de dénivelé, j'ai parfois senti mes fibres musculaires se tendre au maximum; étrange impression mais combien intellectuellement satisfaisante...
Je me rappelle avoir fait cette balade agrippée aux rochers, les yeux rivés au sol, quel bonheur hier, d'avoir pu admirer le panorama en toute tranquillité d'esprit. Dorénavant, je conseillerai cette rando à tous les marcheurs.











































Paysages






Voici, le recueil "Paysages" dans lequel figure mon texte primé au concours d'Ecrire en Océanie 2013, il sera disponible très bientôt chez Calédolivres. "La" librairie phare des parutions littéraires calédoniennes, tenue par Dominique, l'infatigable professionnel du livre des gens d'ici.


Ce sont les multiples fractures de mes métatarses me contraignant à trouver une activité dérivative qui sont à l'origine de ma participation à ce concours littéraire, cela a donc été un bien pour un mal...
La source d'inspiration a été une promenade que j'ai racontée sur ce blog en date du 17 et 18 janvier 2012.
Je vous livre ici le texte, afin de vous mettre en appétit. Je suis certaine qu'une lecture appliquée des autres écrits et nouvelles vous ravira, courrez vite vous le procurer.
Bonne lecture...


Ici, c’est le Grand Sud



Ici, la terre rouge ponctuée de blocs de ferronickel oxydés et fragilisés par des ondées trop fréquentes, est très présente visuellement. Elle participe pour une grande part à ce que me renvoie cet environnement. Le sol est comme une gigantesque éponge compacte qui par endroit s’est effondrée, cela a créé des sortes de retenues collinaires naturelles, qui s’emplissent et se vident au rythme des précipitations saisonnières, je suis dans la région des petits lacs du Grand Sud Calédonien.



Jambes nues, je progresse dans le lac, l’eau qui affleure mes mollets est fraiche, lourde.

Ici, il est possible de sentir la méticulosité extrême avec laquelle chaque réalité, même infime, reçoit, s’approprie et renvoie la lumière. J’ai la nette impression que les éléments se sont concertés entre eux afin de ne restituer que les rayonnements lumineux les plus subtils, les plus aptes à nous relier au cosmos.

Je bouge mon pied, des bulles d’air emprisonnées dans la vase verdâtre, remontent le long de mes cuisses.

Ici, la délicatesse de la lumière qui trace son chemin jusqu’à moi, m’enveloppe d’ondes colorées encore inconnues jusque là, leurs vibrations particulières pulsent en moi, me font pénétrer dans le cœur même de la naissance de ce monde.

J’entends les fragiles plop des bulles qui viennent mourir à la surface de l’eau.

Ici, tout est harmonie, il me paraît impossible de déplacer la moindre feuille morte ou de jeter une pierre au loin sans ressentir une brisure qui me fasse frissonner l’arrête du cou.

En bordure du lac, je m’entretiens avec une drosera fuchsia, de son prochain festin.

Ici, la délicatesse de la corolle d’une coelospermum crassifolium participe autant que la démesure d’un vieil araucaria bernieri, aucune des molécules présentes ne prime sur l’autre, bien au contraire, elles se rejoignent dans une vaste farandole heureuse.

Je suis des yeux une libellule bleue, elle vole contre le vent.

Ici, le don et le contre don n’existent pas, nul compte n’est enregistré, tout est offert sans limite aucune, le plus simplement du monde. Impossible d’en rester en dehors, de ne pas participer, de ne rendre aucune de ces gracieuses bienveillances.

Avec du lichen, je dessine sur le sol rouge, un grand cœur d’airain blanc.

Ici, la question « Pourquoi suis-je dans ce bas monde ? » n’a pas lieu d’être. Je suis tout et partie inhérente de ce monde, il n’y a pas d’écart entre lui et moi. Je vibre à son unisson. C’est une expérience unique que de faire corps avec son milieu.

Sous le couvert de la forêt, j’enveloppe de mes deux bras un arbre ; je pose ma joue contre son écorce grise et rugueuse.

Ici, point d’intelligence, seule la conscience est.

Je profite des derniers rayons du soleil sur ma peau, bientôt il fera sombre.

Ici, je sens l’espace se dilater jusqu’à prendre des dimensions inimaginables jusqu’à crever le ciel et partir à la dérive dans l’univers, à la recherche de sa source première.

Je rassemble mes affaires, je dois me retirer.

Ici, le temps s’épuise à essayer de garder son emprise, il a tort, il ne sert plus à rien.

Je casse une branche sur laquelle pousse une minuscule orchidée épiphyte jaune au cœur carmin afin de l’emmener au loin.

Ici, j’ai vu les piquets rouges de la prospection minière, j’entends le bourdonnement lointain des bulldozers.

Je pleure.


Le loup de Wall Street





Lorsque je suis sortie de cette séance, ma première pensée a été "Pénible". Les trois heures de projection avaient induit un mal de tête devenant plus en plus omniprésent à chacun de mes pas. Ouf, heureusement le sommeil répare ce genre de traumatisme, le lendemain j'allais mieux.
Je vais souvent au cinéma dans le but de me détendre, après avoir vu un bon film, je me sens mieux, c'est ma drogue douce.
Parfois, c'est aussi pour réfléchir mais à ce moment-là je préfère être avertie afin de prévoir à quelle sauce mon cerveau sera broyé.
Pour le "Loup", je n'étais pas préparée, grave erreur. Alain, m'a dit qu'il ne serait pas aller au bout du film s'il avait été seul. Je crois bien que c'est la première fois qu'il me dit cela...
Alors, un mauvais film ce Scorsese ? Oui et non.
Non : Le manque de rythme épuise. Les scènes de "baise" sont redondantes et sans intérêt voire simplement sales. "La défonce" portée aux nues dans un pays qui dépense des milliards de dollars pour lutter contre la drogue, c'est tout bonnement déplacé. Dans la salle, des spectateurs étaient hilares lorsque Jordan Belfort se tortille comme un aliéné afin d'entrer dans sa voiture après avoir ingurgité un cocktail explosif. Franchement, moi, j'avais envie de pleurer pas de rire.
Di Capprio est vraiment excellent, tout le monde le reconnait. Je me demande pourquoi il a accepté de ce rôle. Je trouve qu'il fait tout pour rendre Belfort odieux et il y parvient à merveille, son jeu est subtil. Il est difficile de savoir s'il a créé cela de lui-même ou s'il a été conduit à le faire.
Je n'ai pas lu toutes les critiques, la mienne est simple : n'allez surtout pas voir ce film au cinéma, téléchargez-le si vous voulez en avoir une idée. Le Belfort en question, toujours aussi dépravé, se fait de l'argent à présent en racontant ses frasques dans un livre utilisé comme scénario pour ce film. Franchement, je regrette les quelques centimes qu'il a touché grâce à mon entrée. Il continue à prendre ses congénères pour des abrutis à pomper mais le condégénéré, c'est bien lui.
Et le oui alors ? Eh bien, c'est le fait qu'il alimente les conversations, qu'il peut devenir un film culte, qu'il permet une mise en abîme de l'espèce humaine.
Ma note : 0 * ou bien ****

Sur le chemin de l'école





Un scénario grandiose pour ce film chargé d'émotion. Je l'ai adoré. Si j'étais encore prof, je le projetterai lors de mon premier cours afin de remettre les pendules à l'heure. Ces petits ont la niaque d'apprendre. J'ai lutté toute ma carrière contre l'absence de motivation, je sais à présent où j'aurai dû travailler... Ces enfants redonneraient espoir à un régiment de vieux enseignants blasés.

Ma note *****