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Le carnet de route de la famille Rolly


Bad day



Vendredi, la journée n'a pas très bien commencé. Tout d'abord, le camion qui nous a livré les tôles pour l'abri de jardin, est resté enlisé sur notre route toute neuve. Les hommes faisaient des tas de supposions pour se sortir de ce mauvais pas ou plutôt de cette mauvaise roue alors que j'étais déjà à fond, en train de vider la remorque et ranger des trucs. J'étais tellement à fond et perturbée par ce contre temps que je n'ai pas levé le pied assez haut en passant près du cordage de la tente. J'ai caracolé tel un jeune pur sang (parler cheval est à la mode en ce moment !) pour me retrouver sur les fesses sans pouvoir plus bouger mon pied droit. Bobo vraiment fort là, Alain laisse les camionneurs pour m'accompagner dare dare aux urgences de l'hôpital.
Là, c'est le lot de toutes les urgences du monde, un peu particulières ici, parce que j'ai plusieurs malades à côté de moi qui viennent parce qu'ils ont mal à la tête, et après analyses, on leur dit de rentrer chez eux parce qu'ils ont la dengue (1700 cas recensés depuis le début de l'épidémie, cette dernière explose toutes les stats précédentes). Je ne comprends pas une partie de la population de ce pays qui se rend aux urgences au lieu d'aller simplement consulter un médecin. Une grande affiche à l'entrée annonce que les patients ne sont pas traités par ordre d'arrivée mais ordre de priorité, ce qui semble être la moindre des choses. On s'occupe rapidement de me donner une gélule rouge de morphine après que j'ai dit à l'infirmière que oui oui, la douleur c'était bien du dix sur dix. Il faudra une heure et demie pour qu'elle s'estompe. Après la radio, le médecin m'annonce que rien n'est cassé, (ouf) il ne s'agit que d'une entorse sévère des métatarses. Je ne savais pas qu'une entorse pouvait engendrer autant de souffrance.
Auj, je n'ai que peu de douleur, à la condition toutefois, de laisser mon pied surélevé ou d'être allongé sans bouger.
J'ai mis mon pied à refroidir plusieurs fois pas jour sous un paquet de petits pois congelés, c'est très efficace les petits pois, l’œdème et l'hématome sont en voie de résorption. Je ne bouge pour ainsi dire pas, je prends patience en me disant que cela ira de mieux en mieux.

Vendredi matin, nous étions Alain et moi en train de comparer nos biceps qui semblaient prendre une légère forme de beau muscle fuselé. Ceci étant la conséquence heureuse de notre travail physique sur le chantier.
Avant l'accident, j'étais sur le point de développer une nouvelle théorie de bonne vie/bonne santé.
"Le mouvement, c'est la vie" Le truc évident pour tout le monde mais je pense qu'il faut en faire l'expérience dans son corps pour véritablement assimiler ce précepte.
Je commençais, en début d'année à avoir des sortes de rhumatismes. A chaque fois que je devais me lever, je me sentais bloquée. Je n'ai vu qu'une solution au problème, celle-ci soufflée il est vrai par mon prof de judo (oui, j'ai fait du judo, moi étant plus jeune) qui, plus il était malade et plus il se démenait sur le tatami. Aquabike, cinq fois par semaine, maniement de la pelle et de la barre à mine presque chaque jour, activités diverses dans la maison, je ne me suis pas laissé de répit. Le travail s'est vite connu, disparus les rhumatismes et au bout de cinq semaines me voilà pétant la grande forme, l'accident tombe donc comme un cheveu sur la soupe. Décidément les mois de février ne me valent rien. Je n'ai pas dit mon dernier mot, cette entorse, ce n'est pas elle qui aura raison de moi, non mais !

Manœuvre !



J'adore mon nouveau job de manœuvre, je me familiarise avec des mots et des notions que mon oreille curieuse connaissait pour les avoir glanés ça et là lorsque les hommes parlaient entre eux de leurs trucs de bonshommes. Feuillard, mortier, béton, niveau à eau, verticalité, vis à tôles, ces petites choses prennent du sens lorsqu'on les a manipulé pour de vrai. J'aime bien faire cela, c'est utile, concret et très physique.
Comme, je vous le rappelle, nous sommes en saison chaude, il fait très chaud en plein midi, j'ai trouvé comment survivre en m'habillant de pied en cape et je m’asperge d'eau régulièrement, l'eau en s'évaporant m'apporte une fraicheur bienfaitrice, au bout de vingt minutes ma chemise est entièrement sèche et je recommence alors tout le bataclan.





Proverbe



"Tout vient à point à qui sait attendre"



J'ai planté une série de glaïeuls, il y a dix ans à cet endroit du jardin. Je me rappelle très nettement que j'avais été déçue du résultat. Oubliés à jamais mes glaïeuls ! Si ce n'est que j'ai eu la surprise la semaine dernière d'en voir un qui a fleuri spontanément, sans qu'aucune intervention n'ai eu lieu dans ce petit coin depuis belle lurette.






WE à Bouraké







Un temps magnifique, très chaud tout même, pour ce WE au bord de la mer.
Un petit tour en vélo, une balade en canoé, une veillée autour du feu, un bon vin, la fabrication d'une suspension, une balade sur le sable à la recherche de petits trésors, deux bons repas, une rencontre avec un crabe, des photos, la vision éblouissante des jacinthes d'eau en fleurs, une bain rafraichissant dans une des baignoires extérieures... Oui, oui, nous vivons consciencieusement le bonheur d'être.