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Le carnet de route de la famille Rolly


Un dimanche à Tanna




Joli titre de film, sauf que cela n'en fût pas vraiment un.
Notre troisième sortie promettait d'être autant passionnante que les précédentes. Binp, raté.
Nous devions aller sur une plage de sable noir, puis nous baigner dans une cascade chez Lili.
Depuis la NZ, je suis fan des plages noires, il y a toujours des surprises à y trouver.
Notre chauffeur, ayant mal à la tête, nous a dit que nous ne pouvions pas y aller parce que les routes n'étaient pas praticables en ce moment. Ce n'est même pas vrai, il parait, il n'a pas plu tant que cela ces derniers jours.
La promenade jusqu'à la cascade au milieu d'un paradis vert, parsemé d'enfants sautant dans l'eau claire était heureusement sympa.













En passant à travers le vert du jardin, une goûte d'eau sur une feuille de taro, et des champignons comestibles.















Lili et son enfant et d'autres aussi.










J'ai demandé au chauffeur de nous emmener sur la mini plage des sable noir du village afin de compenser, un peu, ma déception.
La plage n'est pas très propre à l'exception de ce trou d'eau où des petits poissons exotiques vivent leur petite vie de poisson tranquille.
Noëlle a trouvé un dessin sur le sable que nous avons customisé ensemble pour en faire un mini land art, dédié à Diane...















Le soir, nous retournons sur la petite plage près de l'hôtel, cheminant, Alain est intéressé par la couleur de la route, pendant que moi, j'imagine que ce petit veau rêve de devenir un cerf.















Cette fois c'est avec un verre de vin rouge à la main que nous apprécions l'intervalle de temps entre le coucher du soleil aux couleurs chaudes et celui de la lune aux couleurs plus fraiches.












Red in Tanna



Le clou de notre séjour est l'approche du volcan en activité "Yasur" connu dans le monde entier pour son accessibilité. En effet, si l'on omet la route pour s'y rendre, une fois la voiture arrêtée, il ne faut que cinq minutes pour atteindre le sommet.
Un spectacle digne des meilleurs cinémas Hollywoodiens. Une pyrotechnie époustouflante, un son et lumière pétaradant à souhait.
Le voilà avec ses harmonies de gris, déjà, on l'entend tonner.




Je joue avec les ombres du couchant, en effet, pour plus d'effet, le volcan se visite soit à l'aube, soit au crépuscule. Nous n'avons pas eu le choix, étant obligés de nous plier aux horaires de l'hôtel. Partis à 15H, nous avons roulé pendant plus de deux heures pour rejoindre le site. Les routes sont défoncées et cela secoue pas mal dans le 4X4. J'avais pris la précaution de prendre un coussin et de le caler aux niveau des lombaires afin d'éviter les secousses. La route par elle-même, ne m'a pas parue longue, il y a toujours quelque chose à mettre sous des yeux affamés.




Je profite de la seule boîte aux lettres du monde placée si près d'un volcan en activité pour poster deux cartes postales. J'espère qu'elles arriveront à bon port.





Au début, alors que le soleil n'est pas encore vraiment parti faire dodo. Le spectacle, s'il ne manque pas de panache manque de contraste et se trouve presque être décevant. Un jeune américain me sert de mannequin, me permettant ainsi de prendre patience.












De l'autre côté du cratère quatre ou cinq personnes peut-être un peu plus curieuses ou mieux guidées marchent sur l’à pic du cratère. J'aurai aimé faire cela aussi mais nous n'avons pas été informés que cela était possible, c'est un bon moyen de patienter avant la nuit.
Je dois encore vous dire que le spectacle n'est pas constant. Il est nécessaire d'attendre un moment avant d'entendre un big grondement puis c'est l'explosion qui envoie des particules en fusion. C'est bien entendu à ce moment là que l'on prend les photos.




Série de photos à présent, comme personne ne vous les montrera ainsi parce que sur les pub, on ne voit que les dernières.
Voilà donc comment c'est, au fur et à mesure, de la baisse de lumière.

























Nota : Les photos ont été prises en pose longue, l'appareil posé sur un pied, c'est pour cette raison qu'il y a un fort contraste et des couleurs très vives de jaune, rouge et bleu. Dans la réalité c'est un peu différent, il y a moins de contraste. La plus réelle serait l'avant dernière, prise en vitesse plus rapide et du coup un peu floue.
Re nota : Nous avons croisé à l'aéroport un couple de jeune français qui ont dormi dans une cabane fichée en haut d'un banian, juste en bas du volcan. Sympa leur chambre ont-ils dit mais il n'y avait pas de sanitaire. Du coup j'ai pensé qu'il serait opportun de partir l'aprem de l'hôtel de faire la visite le soir de dormir ensuite au somment de l'arbre puis de revoir le volcan le matin à l'aube pour repartir se doucher et déjeuner à l'hôtel. Bon plan, je pense.

Tanna en vert et rouge



L'hôtel où nous sommes possède plusieurs Toyota et organise des tours dans l'île. Il est ainsi possible de rester une semaine et d'avoir chaque jour une promenade originale à faire.
Le samedi matin, nous nous rendons au village de Kalagia. Nous sommes accueillis par une femme remarquable parlant français qui nous raconte des histoires sur les plantes et les arbres du jardin. Le village a décidé de retrouver ses racines et essaie de vivre dans la coutume stricto sensu au point d'interdire aux enfants d'aller à l'école(sic). Franchement cela me parait assez étrange et ambiguë comme situation. L'espace où nous sommes n'est pas leur village mais semble construit uniquement pour recevoir les touristes. Il n'y a pas d'adolescents parmi les personnes présentes. Ils acceptent notre argent sans que cela gêne leur fibre coutumière !.




Mis à part cela, j'ai trouvé leur prestation très bien pensée, intelligente et sans ostentation, nous n'avons jamais senti que nous dérangions.

Une mamie nous montre comment se fait le laplap : leur plat quotidien. C'est vrai que c'est remarquable de la voir cuisiner avec aucun instrument de cuisine si ce n'est cette tige de fougère qui râpe la banane (je pense à tous les trucs de mes placards qui ne servent parfois qu'une fois l'an ! ). Les ingrédients sont ensuite pliés dans les feuilles d'une plante qui ressemble à un bananier mais qui n'en est pas, puis mis à cuire dans un four à pierres chaudes.
Nous avons goûté un mini bougnat excellentissime.



Non loin de là les filles jouent à colin maillard avec une herbe en guise de bandeau pendant que les garçons glissent sur la terre battue d'un ravin avec un tronc de bananier (Alain dit que c'est une feuille de cocotier, mais bon).





Enfin, nous allons au Nakamal où les hommes nous montrent comment faire du feu avec deux morceaux de bois, cela n'est pas compliqué mais demande de la force. Craquer un grain d'allumette c'est beaucoup, beaucoup plus rapide et moins fatiguant, je peux vous l'assurer.




Enfin, c'est par une série de trois danses que nous nous quittons. Vraiment bien, nous sommes contents.




Je suis fascinée par les visages des gens d'ici, ils sont tous expressifs, c'est fabuleux. Je ne suis pas équipée pour faire de la photos de portraits, c'est bien dommage.





Tanna en vert et rouge



Le drapeau du Vanuatu est en majorité composé de vert et de rouge, comme les couleurs qui ont largement dominé notre escapade à Tanna de ce WE.
Vendredi après-midi, tout juste arrivés, nous empruntons la route qui partant de notre hôtel nous mène au brin de plage le plus proche ; que dis-je "route" cela ressemble plus à un chemin à travers champ tant la végétation qui le borde est dense et spectaculaire semblant vouloir le réduire à sa plus simple expression.








Je joue avec mon Sony ne pouvant pas encore me baigner dans l'eau de mer.




Nous arrivons juste un peu tard pour profiter pleinement du coucher du soleil, un verre de vin blanc à la main sur la terrasse de notre bungalow. Devant nous cent quatre-vingt degrés de planitude colorée, on aime.




Cogitation



Je cogite grave là. Je suis en train de préparer une de mes valises pour partir en France. OK ; je ne suis pas en retard, c'est même la première fois que je m'y prends deux mois et demi à l'avance ! Cela n'est pas la marque d'une impatience démesurée ou un trouble de retraitée en manque d'activité, c'est de l'intelligence.
Alain part en NZ, la semaine prochaine pour un court séjour rapport au championnat de Rallye. C'est un homme de peu, il peut donc se contenter d'un seul bagage à main m'a-t-il dit. Je lui colle donc une valise qui sera remplie, partie avec des trucs pour Bo&Di BB et partie avec des trucs que je veux avoir là-bas dans l'Aude. De Nouméa à Aukland nous n'avons droit qu'à une valise par personne alors qu'au départ de NZ je pourrai bénéficier d'un bagage supplémentaire sur Air France grâce à mon statut FlyingBlue.
Donc, nous partirons d'ici avec deux valises ; de NZ avec trois.
Pour le retour, je n'aurai pas besoin de trois valises, alors que faire de la troisième ?
Et bien, je suis certaine que Diane va se faire un plaisir de la remplir avec des trucs que je lui ramènerai en Octobre.
Reste la valise en plus en NZ, lorsque nous reviendrons en novembre ici.
Bon, je n'ai pas tout à fait fini de cogiter on dirait mais, je trouverai une solution d'ici là.
Les bagages, c'est toujours un casse-tête, une bonne dose de frustration que l'on essaie tant bien que mal de caler entre un pull et la culotte en dentelle d'Aubade. J'ai rarement fermer une valise normalement, sans m'asseoir dessus, c'est mon côté généreux qui ressort.

Parenthèse sur l'Anse Vata







Je m’ennuie. Comme c’est un fait rarissime, je pourrai me laisser aller à savourer cet état singulier mais je n’y parviens pas.
J’étouffe dans cette chambre minuscule. Collé impeccablement sur les murs, le papier peint jaune d’or ne parvient pas à y mettre un peu de joie, de vie. Cela fait déjà plus de cinquante ans que les américains ont construit ces bâtiments, à la va-vite, pour abriter leurs blessés. Cela fait déjà vingt-cinq ans que j’accouchais de mon dernier fils dans la chambre voisine et pour ainsi dire rien n’a changé.
Je sors, l’air de la mer me fera du bien, j’en suis sûre.




Le passage protégé débouche du parking, comme un chemin tout tracé, un chemin à suivre pour un peu de liberté.
C’est le matin du lundi, le temps est maussade, la marée est montée très haut en cette période d’équinoxe. Les vagues viennent battre le talus planté de gazon, les embruns lui donnent une couleur vert foncé presque noirâtre.
Personne, la plage est déserte.
Je retire mes chaussures, je fiche mes orteils dans l’eau. Chauffée par des jours et des jours de lourdes chaleurs, l’eau ne semble pas être à une température différente de l’air. Il y a une sorte d’osmose parfaite entre tous les éléments, juste de quoi ne pas réveiller mon ennui.
L’air est gris, le sable est gris, seule, la mer, refusant de refléter ce ciel chargé s’attife encore d’un peu de couleur.
Je me force, je furète, je pense à Claire le personnage de « Les solidarités mystérieuses » de Pascal Quignard que je viens de reposer sur la tablette, le marque-page enlevé, tout prêt à être restitué à sa propriétaire. Claire marche dans la lande bretonne plus de dix heures par jour, elle la connait par cœur.
Je me contente de quelques mètres de sable rugueux que je ne ferai que croiser.
Une mouette argentée vient voir si, je ne serais pas, par hasard, son bon samaritain du jour. Son œil, cerclé de rouge, semble me défier par son absence d’expression complaisante.
Qu’elle s’en aille ailleurs !




Au loin, les bateaux jaunes et noirs circulent déjà entre la baie et l’îlot Canard.
Je fais mine de m’intéresser à ces petits riens qui tracent la présence humaine, la claquette perdue d’un bambin, le filet qui retient la berge mais tout en marchant, d’un pas lent, mou, je prends la mesure des choses. Je me recentre. Je réfléchis à ce qui pourrait me paraître important.
Je le sais, les gens m’intéressent mais pas seulement les vivants, les autres aussi, ceux qui ont marché ici, il y des décennies et surtout ceux qui y viendront. Il me semble important de créer des liens latents avec ceux que l’on ne pourra jamais serrer dans ses bras.
Derrière moi, les voitures roulent insolentes.
Plus par respect pour le travail des femmes de ménages de l’établissement que par un besoin d’hygiène débordant, je marche jusqu’à la douche afin de me rincer les pieds.
Je rentre, l’air m’a suffisamment déplacée pour que je ressente une envie de calme repos.