Comme pour toutes les recettes mais encore plus ici, il faut choisir de bons produits.
Le mieux, bien évidemment, serait de la faire en Haute Savoie là, où se trouvent les vaches de type « Abondance et Montbéliarde » qui produisent le lait utilisé pour la fabrication du beaufort et du comté.
Comme nous en sommes loin, Carrefour, notre cher Carrefour, supplée à cet inconvénient néanmoins, rien n’est meilleur que d’acheter ses fromages chez les petits producteurs, tout le monde sait cela.

Outre le beaufort et le comté (que vous choisirez, si possible de type montagnard) qui sont pour moi incontournables, il est bon de mettre aussi un bon gruyère suisse (n’hésitez pas à goûter à tous les gruyères et à prendre votre temps pour choisir les meilleurs et tant pis pour les petites dames de la file d’attente qui vous lancent des regards méchants). Pour certains l’emmental est la base de leur recette, souvent moins cher, il produit plus de fils. Je le trouve insipide, je n’en mets jamais.

Comptez deux cents grammes par personne de fromage en équilibrant les trois à peu près.
Vous aurez besoin aussi d’une bonne bouteille de vin blanc. Traditionnellement, on utilise un vin blanc sec de Savoie. Je n’aime pas les vins de Savoie, il fait trop froid là-bas pour produire du bon vin. Je mets du gewurztraminer qui est à la fois fruité et sec. Le plus cher de votre caviste fera l’affaire.
Un peu de vrai kirsch, pas le truc sucré que l’on achète en petites fioles en bout de console.

Sel, poivre et noix de muscade à râper.
Une noix de beurre frais, une gousse d’ail.
Une cuillère à café de maïzena (facultatif).
Un bon pain au levain acheté le jour même ou la veille, légèrement rassis, il est plus digeste.

Ca y est, vous avez tout devant vous, ouf ! Rassembler tous les ingrédients est souvent le plus long à faire …
Les fromages doivent être coupés en très fines lanières, certains les râpent mais mon père a toujours été contre cette pratique. Perso, j’utilise mon éplucheur à légume mais je dois vous dire que j’ai un éplucheur de compétition et qu’il n’est pas certain que cela fonctionne avec l’éplucheur lambda, made in china, de chez Carrefour. Sinon un couteau bien affûté fera l’affaire.
Coupez le pain en petits morceaux, réservez.
Traditionnellement la fondue se prépare dans un poêlon qui est en fait une casserole basse en terre. Après moult poêlons brisés, je recommande d’utiliser une bonne casserole en fonte émaillée, de bonne marque s’entend.

L’apéro est terminé, les invités ont faim, il est temps d’attaquer la cuisson.

Mettez votre beurre à fondre doucement dans votre casserole. Ajoutez votre gousse d’ail coupé en très petits morceaux. Verser un fond de vin blanc (environ 1,5 cm) et ajouter votre fromage. Rajouter un peu de vin blanc de telle sorte qu’il effleure à peine le haut du fromage. En fait, on utilise peu de vin, à peine une demi-bouteille pour 1200 g de fromage. Tournez sans arrêt à la cuillère en bois en faisant des 8 jusqu’à ce que tout le fromage soit fondu.
Salez sans excès et poivrez abondamment, grattez un peu de noix de muscade et verser un à deux bouchons de Kirsch.
Il est possible, ici, d’ajouter de la maïzena délayée dans un peu de liquide pris sur le dessus du plat afin de lier au mieux les ingrédients. Cela n’est pas toujours nécessaire mais si vous voyez que le fromage et le vin ont tendance à se séparer, c’est bien de le faire.

Continuez de mélanger en criant que tout est prêt et que l’on peut passer à table, attention au transport de la casserole jusqu’au réchaud.
Et bon ap !