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Le carnet de route de la famille Rolly


Brrrr



Lorsque je sors le matin, habillée de pied en cape avec mon long manteau noir de fabrication allemande, j’apprécie, pendant les trois minutes et quarante cinq secondes qui suivent, la fraicheur bienfaitrice du matin. Une odeur joyeuse de fumée de feu de bois flotte dans l’atmosphère, je m’imagine tout près de l’âtre, les mains tendues vers les flammes ardentes. Je me sens transportée au XVI° siècle avant l’invention du moteur à explosion et la révolution industrielle. L’air froid semble dénué de micro particules polluantes, de bactéries et autres mauvais microbes. Je le sens pénétrer profondément dans mes poumons, gonfler mes délicates alvéoles rosées, se faisant il se réchauffe, gagnant de la chaleur à leur détriment. Mes bronches sont ainsi les premières à ressentir la froidure automnale.
Leur réaction ne se fait pas attendre, elles s’y opposent par la mise en place d’une hyperpnée créant un surcroît d’oxygène dans mon sang qui me rend presque euphorique.
Ceci annonce le grand chamboulement, de l’instinct de conservation. Mon bulbe rachidien lance des signaux de toutes parts. Mon sang remonte en TGV le long de mes bras et de mes jambes jusqu’à mon cerveau afin de le protéger. Mes joues rougissent alors que l’extrémité de mes doigts et de mes pieds devient d’un blanc cireux. Mes chairs se rétractent. Mes bagues et mes chaussettes fuyant cette débâcle, tombent lamentablement m’obligeant à relever les bras et à tirer sur les élastiques. La température de mon corps descend en dessous du trente sept degrés de bonne santé, de peu, certainement mais suffisamment pour que je m’en rende compte. Je frisonne encore et encore. A ce stade, les trois minutes et quarante cinq secondes du premier bonheur de la journée sont passées, elles laissent place à l’incommodité que génère cet implacable temps de saison pour le reste de la longue journée à venir.

Bizzz



« Mais comment allez-vous faire? »
Ca, c’est la question de la petite dame brune du mini bus en train d’avaler une gorgée d’eau tout en perçant l’emballage plastique de son cachet de Malarone.
« J’ai de l’anti-moustique corporel tropical,  lui répondis-je, après, on verra bien ».
In fact, nous n’avons jamais croisé le moindre moustique sur notre route, l’anti-moustique est resté neuf et mon porte-monnaie heureux de ce choix opportun (une boite de Malarone environ 50 euros, non remboursable). Je suppose qu’il doit bien y avoir des zones infestées par le paludisme et des nuées d’anophèles à l’affût d’une belle cuisse blanche mais pas du tout dans les régions que nous avons traversées et, c’est tant mieux.

Mombassa





En atterrissant à Nairobi, j’ai été saisie par la fraicheur qui y régnait, 14°: c’était la température qu’annonçait innocemment le chef de cabine, brrr. Dans mon esprit : lion = chaleur. Hors, la ville perchée à 1700m d’altitude, se révèle presque tempérée, ajoutez à cela un temps pluvieux et vous aurez le topo en tête.
C’est pour cette raison, que j’ai aimé notre arrivée à Mombassa.
Je retrouvais avec bonheur, la chaleur tropicale, ses flamboyants en fleurs, sa brise maritime. Une seule envie : farniente sur une chaise longue au bord de la piscine. Nous avons presque tenu le coup. Une journée, ça va; deux ça passe encore, trois, les pieds me démangeaient.
La plage est sympa. A perte de vue, à gauche comme à droite des échoppes de curiosités. En face, la mer qui se découvre sur un platier, en fond quelques bateaux attendent le bon touriste, un chemin de sable y conduit. C’est ici que j’ai, une fois de plus, manqué d’humilité. Une mini aventure a remis mon orgueil à sa place.




- Non, non, nous ne voulons pas de guide, nous voulons rester seuls.
- Marchez sur le chemin, c’est pas dangereux.
- Nous connaissons, merci, nous avons l’habitude.
C’est vrai, quoi ! on se serait cru à Poé.




Alors que la flore est bien présente, la faune semble avoir déserté le lieu. Nous avançons d’un pas sûr jusqu’au moment où une murène nous passe presque entre les pieds. Bon ! Un peu plus loin, des oursins aux yeux bleus font du land art. L’endroit devenant plus profond, les algues plus denses, je suis peu rassurée et me demande de combien de centimètres les aiguilles d’oursin pourraient pénétrer dans ma chair après avoir traverser ma croc. Aïe, ça pique, ouf pas de sang ne sort de ma plante de pied meurtrie, les requins ne viendront pas, par contre, dessous la chaussure le rostre pointu d’un petit crabe à flèche est bien planté, virulent avec cela la petite bête. Nous n’avions jamais vu un tel animal. Pas rancunière, je l’ai laissé continuer sa vie de crabe.
« Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. »








Sitôt, sur la plage les vendeurs viennent vous présenter leurs petits souvenirs, tous pareils mais assez typiques pour être tenté. Ils font leur boulot mais n’insistent pas et ne font pas la gueule. Nous avons trouvé les gens très amicaux même si, j’ai bien conscience qu’ils « bouffent » du touriste toute la sainte journée et donc adaptent leur comportement à leur boulot. Maguy la masseuse, Rose et le magnifique jeune Masaï n’étaient pourtant pas obligé de nous embrasser pour nous remercier du petit rien acheté. Tous les soirs à l’hôtel « Le Traveller Beach », il y avait des groupes de musique et de danse. Un groupe de six danseurs africains nous a particulièrement impressionné. Nous étions quasiment les seuls à assister à leur prestation et malgré cela, ils se sont donnés à fond. Leur générosité artistique m’a touchée. Je leur ai laissé un bon pourboire. Un autre groupe, des jeunes Masaï cette fois, vendaient des colliers de perles à la fin de leur danse dynamique. Celui-ci m’intéresse, je marchande jusqu’au moment où, le jeune danseur me lance un regard désespéré afin que j’accepte cinq euros de plus. Là, j’ai pensé que dans quelques mois j’aurai oublié ces quelques sous mais pas ce regard, il est ancré dans ma mémoire.




Comme on dit toujours « Il y a des bons et des mauvais partout ». Les milliers d’euros prélevés frauduleusement sur la carte bancaire d’Alain nous le prouve. Il a payé une seule fois avec sa carte, c’était à l’hôtel, bonjour l’ambiance. Ce sont les soucis du voyage, nous y avions échappé jusque là.
Nous n'avons pas voulu aller nous promener en ville, néanmoins sur la route qui nous a conduit à l'usine de sculpture, j'ai capté ces quelques vues.








C'est nous qui avons donné ce nom à cet espace qui regroupe parait-il 3000 sculpteurs sur bois sous des abris sommaires. Ils travaillent presque exclusivement à l'herminette, remarquable.
Cliquez ici afin de voir la vidéo d'un autre touriste que je remercie en passant.

Masaï



A cause de leur absolue beauté, je suis fan des masaï.





Lorsque Sidi Bambi nous propose d’aller visiter un village masaï, je me montre immédiatement très enthousiaste. Lorsque qu’il nous dit qu’il faudra payer vingt euros par personne pour y accéder, je réagis : « Eh bien dit donc, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. » Nous sommes une bonne quinzaine, cela fait une belle petite somme pour une petite heure de visite. Ce que nous ignorons totalement c’est leur fréquence : Est-ce trois par jour ou deux fois par mois, cela fait toute la différence. Les rendant du coup plus ou moins sympathiques.
Leur petit show est bien rodé, deux danses « sautantes », la visite d’une case, la démonstration de l’allumage d’un feu avec deux baguettes de bois, la vente de colliers de perles et la pose photo. Cela sent « l’attrape touriste » à plein nez. Je sais bien que leur nourriture traditionnelle est à base de lait et de sang, mais ici dans cet espace urbanisé et désertique, je doute qu’ils y recourent chaque jour, hors aucun de foyer extérieur, ni espace cuisine ne sont visibles. Présents ce jour là, des vieux, des femmes et des enfants. Les hommes jeunes sont ailleurs, peut-être sur les plages de Mombassa à vendre ou à danser pour les touristes.








Mise à part cela, c’était sympa, les gens, adorables. Le chef a un souci constant de partager la manne entre tous. Les doses de pâte de chocolat et autres petits biscuits provenant des petits déj des hôtels de France entassés dans mon sac, sont équitablement distribués. On veille à ce que les achats de colliers soient bien répartis.
Etrange qu’une des premières émissions de télévision que nous suivrons lors de notre retour, traite justement des masaï. Ceux qui vivent en pleine savane exclusivement de leur élevage. Il en existe donc encore des « vrais » ! Rien n’est donc perdu, nous savons à présent où aller pour les voir, cela demandera probablement d’un peu plus délier notre bourse. Je prends ce voyage tel qu’il est, une première approche d’un monde fascinant à découvrir.




Karibu Kenya





Notre voiture est au repos dans un parking privé d’Orly et nous en balade au Kenya. Nous avons voulu faire simple et prendre un tour tout prêt. Cela a bien sûr quelques avantages et des inconvénients. Avantage financier d’abord : 940 euros par personne pour dix jours tout compris, c’est en grande partie ce qui nous a décidé. Avantage de ne pas chercher à vingt heures le soir où l’on pourra bien passer la nuit et ne pas avoir l’impression d’être pris pour des pigeons en choisissant des excursions de dernières minutes. Globalement les hôtels dans lesquels nous avons séjourné étaient de bon standing. Une préférence pour celui du milieu du parc, sorte de cases suspendues afin de laisser le passage libre en dessous pour les animaux sauvages (cerise sur le gâteau le wifi gratuit dans la chambre…) Le soir, des éléphants sont venus tout près afin de s’abreuver, un moment magique.




Le rose vire au noir lorsque l’on reste près de douze heures dans la voiture à circuler sur des routes ou des chemins difficiles. Des routes de style « African massage ». L’absence de poses pipi m’oblige à pratiquer un ramadan hydrique, je ne bois plus que la nuit.




Le véhicule adapté à sa fonction offre un toit ouvrant et un minimum de place pour les jambes. En plus de nous deux, il y a trois autres passagers, leur enthousiasme s’étale dans l’habitacle du Nissan sans m’atteindre. Une carapace d’idées préconçues, d’images imaginées contribuent à cet état. Je m’attendais à voir beaucoup plus d’animaux et surtout de bien plus près. « Nous avons tout vu » s’exclame joyeusement la petite dame brune. Le lion est gros comme une tête d’épingle et l’hippopotame comme deux (normal c’est plus gros un hippo), cela ne fait pas mon affaire, ne génère aucune émotion à mon endroit. Reste qu’il est formidable d’être là, de voir pour de vrai la savane, les troupeaux d’éléphants, de buffles et autres grands herbivores dans leur milieu naturel. Ce sont les éléphants qui nous ont donné le plus d’émoi, surtout ce solitaire gourmand venu très près de nous pour continuer son repas tranquillement.




Ici, la savane ne finit qu’avec l’horizon, au-delà c’est peut-être la chute assurée.








Nous formons une longue caravane avec les autres véhicules du tour. Saïd Bambi échange par radio avec les autres chauffeurs des infos sur les « coins » où les animaux se trouvent. Dès qu’un véhicule est à l’arrêt, tous les yeux fouillent la savane pour tenter d’apercevoir ce qui les fascine. Ah ! voilà quelques minuscules points colorés très sombres, cela bouge à peine, c’est un guépard. Chercher Charly sur un format affiche serait plus facile, mais nous sommes motivés. N’étant pas équipée pour la photo animalière, je profite de mes seuls yeux maudissant pour la première fois ma myopie.




Vous avez dit raku?



J’ai fait un stage de raku chez un couple d’artistes d’art contemporain dans le village de : Le Chambon sur Lignon. C’est en Auvergne en bordure de l’Ardèche. Des paysages magnifiquement colorés de jaunes et de pourpres des forêts de l’Ardèche en ce début d’automne, nous n’en avons rien vu parce que la pluie nous a accueilli à notre arrivée et a recommencé lors de notre départ. Cela a été rageant de rater ces merveilles parce que je ne reviendrais pas de sitôt dans cette région à cette époque de l’année. La maison de Marc et d’Arlette est immense. L’atelier royal, royal également la chambre que nous occupions dans l’aile « gîte ». Un grand poêle et une cuisine améliorait le confort du lieu, ne donnant pas envie de mettre le nez dehors du fait des températures peu clémentes. Huit stagiaires, huit filles, toutes hyper sympa, la mayonnaise a bien pris entre toutes, aidé en cela par les repas du midi pris en commun, cuisinés de main de maître par Arlette.
Le stage est bien organisé ce qui permet de repartir avec les pièces cuites en raku. Il ne faut pas chômer. Lundi et mardi façonnage des pièces, mercredi/jeudi matin cuisson à 950° (il faut je crois 14 heures en tout). Jeudi aprem émaillage et toute la journée du vendredi cuisson raku. Le programme du vendredi me paraissait à priori un peu light mais tout compte fait l’on a fini tard dans l’après-midi. La cuisson est le moment fort. Deux fours cuisent de concert pour quatre cuissons au total. Marc qui enfourne et sort les pièces est habillé comme un soudeur avec un masque et des énormes gants parce que lorsque l’on ouvre le four qui est à 980° les pièces sont d’un blanc transparent tellement elles sont ardentes, chaud devant... C’est super beau à voir mais cela fait aussi un peu peur. Avec une grande pince il en saisit une et l’emmène dehors, immédiatement elle s’opacifie. Elle est posée ensuite dans des poubelles en métal contenant des copeaux de bois. Elle est recouverte, le plus vite possible, d’une couche de copeaux à l’aide d’une pelle. Les copeaux s’enflammant, il s’avère alors nécessaire de poser un couvercle afin d’étouffer le feu et produire de la fumée. Ensuite, on attend un certain temps puis on la transfert dans un bidon d’eau froide, enfin, posée à même la terre elle attendra un complet refroidissement. Cela devant être reproduit pour chaque pièce, on comprend que cela prenne beaucoup de temps. Nicole a eu la gentillesse d’être la préposé à l’ouverture et à la fermeture de la porte du four, en effet, il faut éviter que la T° ne baisse trop. Afin de compliquer le travail, j’avais (entre autre) réalisé un bouton. Coton pour l’attraper avec la grande pince et le retrouver dans la sciure. Cela parait simple comme technique mais en fait c’est un peu plus compliqué. Des subtilités de T°, de temps d’enfumage, de charge de sciure, de couleur d’émail ne peuvent s’apprendre qu’avec une grande pratique néanmoins la technique sublime les pièces façonnées de manière extraordinaire. Cela vaut vraiment le coup de s’y mettre.

Bio-bio



Chez Philippe et Michelle en Bretagne, nous avons vécu au rythme de ce début de l’automne , cueillette de pommes bio, fabrication de jus de pommes bio pour l’année, promenade dans les bois environnants, visite du jardin bio et plus fréquemment des toilettes sèches bio. J’ai même coupé les plumes des ailes d’une poule noire bio. Enfin, quoi, nous avons mis en application pour une courte semaine les percepts de Voltaire avec joie et amusement.









C'est avec joie que j'ai vu des champs encore fleuris alors que les arbres perdent peu à peu leur feuilles et que les labours sont presque finis.








Paris, jour deux



L’escale à Paris n’a duré que deux jours, un pour Monet et un autre pour le mondial de l’automobile. Alain craignait que je m’y ennuie, mais non. J’ai été impressionnée par la marée humaine qui y déambulait, l’industrie automobile n’a pas de souci à se faire, elle attire encore du monde (plus que la culture mais bon…). Je pensais aux antiques foires aux bestiaux, à leur retentissement sur la vie commerciale d’un bourg. C’est toujours un peu la même chose sauf qu’ici il s’agit de chevaux de métal. Les hommes continuent à essayer d’optimiser leurs biens et leurs potentiels.
Autour des luxueuses, celles qui font rêver, il fallait jouer des coudes pour avoir une chance de les apercevoir, je m’en détournais, j’étais plus intéressée par les écolo, les toutes électriques parce que moi, je rêve d’une ville sans bruit de moteur, une ville douce et calme. Ben, cela n’est pas encore pour demain vu le prix que demande Peugeot pour sa petite dernière : 31000 euros pour une autonomie de 150 kms. Ce sont les batteries qui coûtent cher à cause des métaux super rares qu’elles renferment. Je ne suis pas dupe, je suis seulement encore un peu plus désolée de vivre dans ce monde sans réel partage. La voiture par elle-même ressemble à toutes les autres, sauf que l’intérieur est passablement cheap et ne donne pas envie d’y rester. Peugeot conscient du coût exorbitant de l’objet propose de la louer 500 euros par mois, à cela il faut bien sûr rajouter l’électricité pompée à la prise de son garage.
J’ai bien aimé le quadricycle de Renault loué lui 70 euros par mois. Deux places, l’une derrière l’autre avec un petit haut-vent sur sa tête. Un deuxième véhicule parfait pour la ville.
Je n’ai pas les photos de cette journée, elles sont restées sur l’autre ordi qui est pour l’heure en vacances à Orly.