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Le carnet de route de la famille Rolly


Où il est question de mur en pierre, de croix celtique et de cheval à moustache.



De la grande Irlande, nous sommes partis pour la plus petite des îles d’Aran : Inis Oírr.
Je voulais voir des murs de pierre et j’ai vu des murs de pierre, beaucoup ! Tout l’espace est découpé en petits morceaux par ces enceintes qui suivent les douces courbes du terrain. Ces pierres poussent dans les champs. Depuis des siècles, les habitants les sont posées délicatement les unes sur les autres. Ici, il faut y être né pour y vivre, même si à présent, des liaisons maritimes s’effectuent plusieurs fois par jour. Je sens la rudesse de cette terre peu généreuse battue, de surcroit, par des éléments naturels bien peu cléments. L’archipel est peuplé depuis très longtemps. Au VI°, Saint Enda a choisi l’austérité de ces lieux pour y bâtir son monastère, celui-ci aura un grand retentissement dans la vie religieuse de l’époque.












Nous avons choisi cette île à cause de ses pierres et parce que tout peut se faire à pied ou en vélo, nous ne savions pas alors que nous rencontrerions des chevaux à moustaches très doux et conviviaux, du beau temps et des scones faits maison.








Je ne pouvais pas venir dans ce pays sans errer dans un cimetière afin de fréquenter des croix celtiques, voilà une bonne chose de faite ! L’endroit respire le mysticisme, les vestiges d'une église enterrée et la sépulture d’un saint accrochent à tout jamais les âmes qui s’y promènent.











En faisant le tour de l'ile







Chaque pays a ses particularités, ici en Irlande ce qui nous a surpris ce sont les routes très étroites et sans accotement, la gestion de l’eau chaude dans les maisons, la bière, le whisky et la tourbe.

Même dans les maisons récentes, il n’y a pas comme en France des robinets mélangeurs, il y a d’un côté l’eau chaude et de l’autre l’eau froide cela implique que soit, l’on se brûle soit, on se glace. J’ai même expérimenté chez Greg et Katia un robinet d’évier duquel sort de l’eau à la fois chaude et froide, c’est assez étrange comme sensation. Nous avons retrouvé comme au Pérou des chauffe-eau électriques instantanés mais ceux-ci sont heureusement normalisés et ne présentent aucun danger. Ils chauffent bien l’eau mais font un sacré boucan, j’ai pu ainsi chanter sous la douche sans heurter les oreilles de mes pairs.




Non seulement les routes sont étroites mais en plus elles sont bordées de chaque côté par des maisons, il y en a partout, partout, pas moyen de faire un arrêt pipi tranquille. Parfois, j’enviais les vaches qui peuvent elles, se soulager quand bon leur semble. De temps à autre, un mouton fluorisé en bleu ou rose les traverse, j’aime bien ces moutons, ils font très « Génie des alpages » on s’attend presque à ce qu’ils se mettent à philosopher.




La bière Guiness est une caractéristique locale, et on la boit par pinte entière tout au long de la journée, sa mousse blanche, légère contraste joliment avec sa couleur rouge très foncée. Son goût est inimitable. Malgré la perfection des affiches de publicité qui la vantent pour booster les ventes, je les déteste toutes, comment peut-on, encore aujourd’hui, pousser les gens à boire de l’alcool ? Ne le font-ils pas déjà trop, tous seuls, comme des grands ?




Nous avons visité l’usine à whisky la plus vieille du monde : BUSHMILLS. Nous avons vu le précieux élixir couler sans discontinuité des alambics si grands qu’ils en étaient invisibles. En fait, au départ c’est comme une eau de vie ordinaire, alcool est transparent. Distillé trois fois, il ne prend sa couleur qu’une fois vieilli dans de vieux tonneaux, l’usine achète des tonneaux usagés de sherry, de rhum, de bourbon. Un subtil échange s’opère alors pendant les cinq ou six années minimum de la maturation. Contrairement au vin, une fois mis en bouteille le vieillissement s’arrête. Une dégustation suivait la visite, de quoi laisser le "Jeannot marcheur" sur le carreau carré, la prochaine fois qu’il nous faudra acheter une bouteille.




Nous avons bien aimé les paysages du Connemara, cela vient du fait qu’il y a une opposition frappante entre les collines désertiques et l’eau qui sourde de partout. J'étais très intéressée par les tourbières, depuis que j’en entendais parler sans jamais les voir ! J’ai expérimenté la marche sur la tourbe fraiche. C’est comme de se mouvoir sur des éponges imbibées d’eau, j’ai tenté de me faire toute légère pour ne pas m’enfoncer, peine perdue, victimes de la gravité mes chaussures se sont retrouvées trempées.




Éparpillés de ci, de là, des tas de tourbes attendent d’être utilisés comme combustible (alors là ! Je ne trouve plus "la" photo illustrant cela, aucun souvenir de se qui a pu se passer pourtant je suis bien sûre de l'avoir faite...)

Les falaises irlandaises



Incontournable, la visite de la Chaussée des Géants.
Le mauvais temps est de la partie, les imperméables et les parapluies ajoutent des touches de couleurs vives au paysage, il faut toujours voir le bon côté des choses. Pour y aller, il est nécessaire de passer en Royaume Uni. L’on ne se rendrait compte de rien, si ce n’est que d’un coup les panneaux parlent en miles. L’on n’en serait pas gêné si ce n’est que les livres remplacent les euros. En passant par la ville de Moneymore, j'ai jeté une pièce de monnaie par la fenêtre en faisant le vœu de devenir multi-millionnaire, on ne sait jamais...
Un « je ne sais quoi » change l’ambiance des villes traversées, un peu plus d’austérité peut-être.
Nous sommes en pleine légende, une histoire de pure masculinité qui donne la belle part à l’astuce et à l’intelligence des femmes.
















Sur la côte ouest, les falaises de Moher attirent la foule touristique des grands jours. Je me sens prisonnière de cette foule et des barrières en pierre alors à l’extrême du site sécurisé, je passe sous le grillage pour faire comme une poignée d’irréductibles et longer la falaise abrupte. J’ai l’impression d’être en plein roman policier anglais mais comme je suis seule, je n’ai pas peur d’être poussée et de m’écraser en bas par contre, j’ai peur tout court mais, un peu d’émotion que diable ! J’ai posé une pierre sur le petit cairns de ce plateau, en faisant comme tout le monde en marchant à quatre pattes pour arriver au bord.














Le fleadh à Cavan



Nous sommes venus en Eire pour assister (entre autre) au festival de musique traditionnelle irlandaise. On dit en langue locale un Fleadh (prononcez fla). C’est une occasion pour tous les musiciens du pays de se mesurer à coups de concours aussi divers que variés mais aussi un grand moment de partage pour tous ceux qui comme Jean-Pierre aiment gratter « en session » entendez par là un groupe jouant ensemble pendant un moment sans se connaître. Cela va, vient, une seule constante les verres de Guiness qui se remplissent par l’opération du Saint Bière.
Ici sur la devanture d’un hôtel, un écusson qui porte une devise en français « Je suis prêt ». Tous les pubs sont effectivement fin prêts, leur stock débordant dans la rue. De nombreux magasins rivalisent en créativité, pour mettre les 200 000 visiteurs attendus dans l’ambiance.
















Nous étions logés avec JP chez Greg et Katia un jeune couple de polonais qui faisaient B&B pour l’occasion.
Ayant une cuisine à ma disposition, j’ai voulu faire un repas français. Nous avons acheté tout ce qu’il fallait pour faire une blanquette de veau, sauf le veau ne sachant pas qu’en Irlande, le veau ne se mange pas. Oups. Cela s’est transformé en blanquette d’agneau, tout aussi bon.
Sinon, regardez tous ces gens que regardent-ils avec tant d’attention ?




En bien, ils écoutent JP et un copain à lui, qui joue de cet étrange instrument acheté au Laos, celui-ci serait l’ancêtre de notre accordéon.




Un autre instrument étrange demandant une belle dextérité de la part de son propriété. Il tape sur des cordes tendues avec de minis marteaux.




Nous avons écouté également de la cornemuse irlandaise qui se joue assis à cause des anglais qui n’aimaient pas la grande cornemuse de guerre et donc l’ont interdite. Ici, nous avons un « blonde » girl band, efficaces les filles.




On peut apercevoir parfois des Leprechauns qui après s’être habillés en rouge pendant des siècles puis en vert se mettent au jaune, il ne manque plus qu’un arc en ciel et vous serez totalement dans l’ambiance.