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Le carnet de route de la famille Rolly


Dernière étape



Notre dernière visite a été pour la ville d’Olympie connue du monde entier pour les siècles des siècles. C’est un coup de marketing de génie, une opération comme celle-là qui dure depuis 25 siècles, chapeau à son (ses) initiateurs.

Crée pour plaire à Zeus, les olympiades étaient un moment de trêve guerrière respectée par toutes les citées grecques. Zeus aura au moins réussi cela, mais pauvre Dieu, ton temple démesuré n’est plus que ruine. Les colonnes s’égrènent en rondelles de pierre rongées, les chapiteaux sont fendus, rien ne demeure des enduits ni des couleurs vivantes des façades.




C’est un peu difficile à imaginer la magnificence du lieu, lorsque les corps nus des athlètes oint d’huile brillaient au soleil, pâles images des dieux honorés. Spectacle à la fois terrifiant et grandiose, j’aurais aimé y être. Quelles actions retors les participants étaient capables de mener pour vaincre, quelles drogues, quelles tricheries, quelles bassesses ? L’homme était déjà l’homme, ne l’oublions pas.

Le site est à éviter à 9h du matin, heure à laquelle une vingtaine de bus déversent un flot humain qui suit bien gentiment un drapeau bleu ou un parapluie levé. Après, la chaleur gène la visite malgré la frondaison abondante. Les guides semblent sans pitié, ils racontent sans emphase des histoires toutes faites, oublient les vieux qui halètent, les jeunes qui s’intéressent. Nous marchons à contre courant, notre heure d’arrivée correspond pile poil à leur départ, nous avons le site presque pour nous seuls, ou du moins c’est l’impression que nous en avons après leur départ. Il faut bien que nous ayons des avantages à nous perdre dans la campagne Péloponnèse, autrement, où serait le charme du voyage en solo?




J’ai particulièrement aimé cette colonne triangulaire, somptueux piédestal de la statue ailée de la victoire.




Alain, seul au bout du stade, se demande ou est la ligne de départ et celle d’arrivée.




Le site était lui aussi habité depuis les temps préhistoriques, comme en atteste ces vestiges.




Devant l’espace où l’on allume tous les quatre ans la flamme olympique, face au miroir parabolique, je rêve d’être la belle jeune prêtresse drapée d’une toge de lin blanc qui remet le flambeau au premier relayeur (un beau gosse en général).
Alain me répond: " Belle, c’est encore possible mais jeune…"
Ah, le prosaïsme des hommes.




Mycènes



Il est difficile de choisir entre toutes les destinations possibles, les sites à visiter, les rêves à réaliser.
Nous avons choisi d’aller dans le Péloponnèse. C’est une île à présent depuis que le canal de Corinthe a coupé Sparte d’Athènes.
Le canal n’est pas large mais très profond, c’est une belle réalisation humaine presque une offense aux Dieux.




Je dois rectifier quelques réflexions, le disais il y a quelques jours que les panneaux de signalisation étaient à la fois écrits dans les deux alphabets, eh bien non, ceci est surtout valable sur les grands axes mais dès que l’on s’en écarte, c’est uniquement le grec que l’on peut lire. D’où problème pour s’orienter, d’autant plus que nous n’avions à notre disposition que des cartes touristiques très approximatives qui se contredisaient l’une, l’autre.
Dans l’arrière pays corinthien nous nous sommes un peu perdus à mon grand plaisir parce que nous roulions au beau milieu des vignes de raisin de Corinthe, des arbres fruitiers et des oliviers.
Nous avons déjeuné dans la ville restructurée en larges rues piétonnes aérées, incontournable l’achat des fameux raisins.
Notre destination était Mycènes. Choisie parce qu’elle étale sur une de ses collines les ruines des prémices de la civilisation grecque. C’est comme lorsque je marche sur une plage, j’ai toujours envie d’aller voir ce qu’il y a derrière la pointe que j’aperçois au loin. Pour l’histoire, c’est similaire, j’ai toujours envie de savoir ce qui s’est passé avant. La Grèce a dominé notre monde pendant une courte période mais combien prolifique en ce qui concerne les domaines de l’art, de la philosophie, des sciences néanmoins, elle a fait comme les autres, elle s’est construite avec les savoirs des peuples envahis. Comment faire la part de choses, et est-ce bien nécessaire, l’Histoire appartient à l’humanité entière. Le site est si prestigieux que les grecs ont décidé d’en faire une œuvre divine. Selon la légende, Persée en serait le fondateur alors qu’il était probablement habité depuis la préhistoire.
La célèbre porte des lions de l’acropole ouvrait sur la citadelle entourée d’une muraille haute de 12m.




A hauteur d’épaule, le frôlement de milliers et de milliers de visiteurs a poli la pierre, ailleurs elle présente une rugosité modelée par le temps.




De ce mur 3600 ans vous contemple et… il est toujours partiellement debout.




La vue de la colline porte le regard à l’évadé.




Cela n’est pas le plus spectaculaire. Des tombes montées comme des igloos ou des bories de géants ont des dimensions de chapiteau de cirque.












Impressionnant également, ce sont les citernes et le système d’approvisionnement en eau de la ville. Cet endroit m’a particulièrement intéressée. J’en garde un souvenir très vivant.
Du musée attenant, je vous offre ces deux petites statuettes votives. Pour être sûr de ne pas être oublié des dieux, on les plaçait dans les lieux de cultes. Le but était de remplacer la personne en train de prier afin que celle-ci puisse vaquer à des occupations plus matérielles. Inutile de me demander de faire votre portrait, par chez nous, cela ne marche plus…







Les petits objets du quotidien



Entre les différents musées que nous avons visité, j’ai collectionné quelques objets du quotidien. Certains me paraissent un peu extraordinaires et d’autres me conforte dans l’idée que l’homme a toujours cherché plus de confort et de qualité de vie, au détriment aujourd’hui de son environnement.

Le Parthénon d’Athèna est recouvert avec des tuiles en marbre, c’est super class comme truc, vous ne trouvez pas ? Un peu lourd sans doute d’où l’utilité des nombreuses colonnes.




Les grecs et les peuples plus anciens ont beaucoup utilisé la terre cuite. Je n’ai jamais vu autant de vestiges si vieux et si bien conservés. Ici, nous avons une grille (à poissons ?), un mini four portable, je connaissais les braséros mais pas ce modèle-ci.












Ces tasses par leur forme semblent être sorties tout juste de chez Carrefour, alors qu’elles ont plus de 3000 ans.




On voit mal sur la photo, mais cette assiette reconstituée a de jolis motifs en relief, l’art de la table avait déjà son importance. L'histoire nous dit que les assiettes ont fait leur apparition en France au XVI°, c'est étrange qu'au moyen âge, on utilisait partout des tranches de pain en guise d'assiette alors que l'objet existait depuis si longtemps.




Des brûle-encens…




J’aime particulièrement ce broc à eau également vieux de plus de 3000 ans.




Ici, une salière-poivrière. Je me demande si à cette époque on salait et poivrait les aliments, je ne pense pas que le poivre était déjà utilisé. C’est pourtant comme cela qu’il ont appelé cette petite poterie.




Ici, d’après la notice explicative, nous avons un pot de chambre (réservé aux hommes, j’imagine…).




Des lampes à huile romaine du II°, je n’en avais jamais vu de si bien décorées. Je me vois bien sur un marché gaulois, en train d'en choisir une pour faire un petit cadeau.




Et le tout dernier, je vous laisse deviner à quoi cet objet peut bien servir. J’en ferai une copie pour le gagnant.



Belle leçon de vocabulaire



Voilà, j’ai fait un peu ma paresseuse, mais pour répondre à Pommeliane, c’est vrai, que je fais des efforts pour essayer de garder le cap.
De visiter toute la journée, puis de visionner toutes les photos prises, de les choisir, de les traiter, de les envoyer sur le site, de composer le billet, de le relire (ah, l’orthographe !) et de le mettre en ligne, cela prend beaucoup de temps que je prends la nuit sur mon sommeil. Souvent, dès que la voiture roule, je m’endors.

Ce qui me motive est le fait que j’ai des lecteurs comme vous, fidèles... , L’on peut prendre des nouvelles de nous régulièrement, sans que je sois obligée d’écrire à tout le monde pour raconter à peu près la même chose et enfin dans quelques années, je suis sûre que je reverrai ces photos avec plaisir.

En outre, écrire, procure un certain plaisir intellectuel qui se mélange à celui affectif du partage.

J’aime apprendre de nouvelles choses. J’envoie alors à tous vents, les bribes de culture recueillies, comme d’autant de pétales de roses jetés du haut d’un pont dans les flots tumultueux de la rivière du savoir.

Ainsi, je viens d’apprendre ce qu’est une acropole, ce mot pour moi, était intimement lié à la colline d’Athènes qu’elle domine, eh bien non, ici en Grèce il y en a plusieurs parce que c’est un mot générique pour signifier la partie la plus élevée d'une citée, servant de citadelle et ordinairement couronnée de sanctuaires.

Le Parthénon quand à lui est n’importe quel temple grec dédié à une divinité féminine, maternelle. A Athènes, il s’agit de la déesse Athéna, cela tout le monde le sait. La statue immense a disparu depuis bien longtemps, qui sait un jour peut-être réapparaitra-t-elle ! Le temple a donc été construit tout exprès pour elle.
C’est donc bien un Parthénon, mais du coup il peut en exister d’autres ailleurs.

J’ai du mal à mettre une de mes photos de celui-ci parce que tout le monde le connait. Sa silhouette fait partie de l’inconscient collectif de chacun de nous, bon vous l’aurez quand même votre photo. Dès mon arrivée en Grèce, Orange, l’a rappelé à mon esprit au cas où.




Le temple est en rénovation depuis les années 80 et jusqu’en 2020. Les architectes et les artisans d’art ont déjà fait un travail remarquable (en blanc les parties reconstituées). Il doit y avoir dans les écoles grecques des cours de Puzzle afin de trouver des champions qui pourront continuer ce travail de fou. Partout, il y a des blocs de pierre souvent rangés et répertoriés, ce sont de véritables cimetières à cailloux, ils attendent là, leur résurrection, mais vu le nombre faramineux qu’il y en a, je doute que cela soit pour demain.













Je suis toujours fascinée par les objets quotidiens utilisés il y a des centaines d’années, je ferai un billet sur le sujet, ici je veux juste vous montrer le Carrefour des anciens grecs. L’Acropole était un vaste ensemble de temples, de théâtres et autres monuments importants, il y avait aussi une stoa, un bâtiment à demi ouvert qui avait divers usages et notamment servait de centre d’affaires.
Elle servait également comme notre Carrefour le samedi après-midi, de lieu de rencontre ainsi, les premiers philosophes stoïciens grecs s’y réunissaient d'où l'étymologie de stoïcisme.
Celle-ci la stoa d’Attale a été reconstruite par les américains dans les années 50 pour accueillir un musée.









Nous avons visité le nouveau musée de l’Acropole, c’est une belle réalisation architecturale, un espace qui attend avec impatience que Messieurs les anglais rendent les métopes (en gros il s’agit de frises sculptées) volées par un de leurs ressortissants il y a deux siècles environ. Au troisième étage on a une vue à 360° sur la ville qui tourne autour d’une reproduction grandeur nature du Parthénon avec exposés dans l'ordre tous les restes de sculptures qui existent encore (photo interdites) ou des copies de ces dernières.




Le parvis est vitré, laissant entrapercevoir les vestiges découverts lors de la construction du musée. C’est super sympa de marcher dans des rues vieilles d’au moins XXV siècles.




Et enfin deux autres bâtiments remarquable dans le périmètre de l'hyper centre.








Kalimèra, Caliméro





Kalimèra, signifie « bonjour » en grec. Facile à retenir,n'est-il pas ?

Je ne voudrais pas trop faire ma Calimerote mais je dois vous raconter notre petite aventure d'hier afin de vous prévenir s‘il vous prend subitement l’envie de fouler le sol de l’Acropole.

Arrivés, hier en début d’après-midi à Athènes, nous trouvons à garer notre voiture dans un parking au centre ville, la voilà qui s‘en va par l‘ascenseur à voiture. Nous partons, plan à la main, trouver un hôtel, il fait chaud. Alain marche un peu loin de moi, il est occupé à se repérer. Le trottoir est large, peu de monde y circule. Je sens de manière très subtile une présence derrière moi. C’est un peu compliqué à expliquer, ce qui se passe dans mon esprit, c’est de l’ordre d’une infinitésimale sensation, je me retourne pour voir, juste derrière moi, une fille la tête plongée dans un plan. Là cela fait tilt, peut-être des bribes d’émissions de télévision sur le travail des pickpockets me reviennent à l’esprit ou un instinct de conservation, toujours est-il que je serre mon appareil photo avec plus de soin et je décide de regarder mon sac à main.
Deux poches sont grandes ouvertes, je plonge fébrilement la main dedans, ouf, il ne manque rien. Il faut dire que ce petit sac, fort pratique, est par ailleurs une véritable invitation au vol. De trottoir en traversées de rues plus tard, c’est le sac banane d’Alain que l’on retrouve ouvert après une attente à un feu rouge, il a moins de chance que moi, ses lunettes de soleil ont disparu. Elles ont, malgré tout, peut-être protégé ses papiers et l’argent.

J’ai été touchée par cette histoire mais cela ne nous a pas empêché de trouver un hôtel super sympa « The Art Gallery Hotel » donné dans le guide du Routard ainsi que d’apprécier la cuisine du restaurant Strofi. L’hôtel, se trouve à une quinzaine de minutes à pied de l’Acropole, de notre fenêtre, nous avons vu sur la colline célèbre. La chambre est un peu vieillotte et sous les toits mais nous disposons de deux pièces spacieuses avec tout plein de fenêtres, nous sommes enchantés d’y passer trois jours. Athènes, telle que nous la fréquentons, c’est-à-dire en circulant par les voies piétonnes, s’avère agréable. Certes, il manque le ciel bleu pour faire joli sur les photos mais il ne fait pas trop chaud, ce qui nous rassure.












Il fait sec



La végétation est typique d’une région sèche. Nous sommes loin de l’exubérance des montagnes macédoniennes, les marguerites sont minuscules et l’on dirait qu’il manque des pétales aux coquelicots néanmoins, du bleu, blanc, rouge égayent les champs.












Depuis notre arrivée en Grèce, nous sommes émerveillés par les lauriers en fleurs. Le rose prédomine mais celui-ci de couleur saumon a retenu mon attention.








SKYROS







Plusieurs points positifs nous ont fait apprécier l’île néanmoins, je ne pense pas que je conseillerai la destination, d’autres « ailleurs » sont bien plus enchanteurs.

Nous étions à l’hôtel Angela, choisi à cause des belles pierres de sa devanture. Endroit très sympa, très propre, beau jardin et piscine. Grande chambre aux hauts plafonds, petit coin cuisine avec un minuscule réchaud électrique spécial casserole à café turc, mini market à deux pas.

L’île est sauvage, l’architecture de ses maisons est particulière, on dirait des cubes de féta ceux-là même que mimi trouve à acheter chez Carrefour.




La ville de Skyros est insupportable, les voitures sont garées n’importe comment, les rues hyper étroites et pentues. Chose étrange, la place ne manque pas, seuls les habitants pourraient nous dire pourquoi ils s’agglutinent ainsi sur ce tout petit espace.




Les plages sont vides, ce qui n’est pas pour nous déplaire, par contre le manque de touristes implique des horaires réduits dans les musées et nous avons raté leur visite.












L’île semble se désertifier peu à peu à cause de la gloutonnerie des moutons et des chèvres. On croise parfois des pâtres grecs, en jeans, cigarette au bec et mob garée sur la route, cela ne collent plus trop avec l’image d’Epinal que je m’en faisais. Par contre, nous en avons vu un manier le bâton de berger avec habileté, avec la crosse, il a bloqué la tête d’une chevrette, la faisant plier afin de lui rappeler qui était le maître. Je n’avais jamais imaginé que la courbure du bâton avait une autre utilité que celle de faire joli dans le paysage.

Lundi :



Nous avons quelques heures devant nous avant le départ du bateau, nous décidons de nous rendre sur les petites plages sauvages qui se trouvent au nord ouest de Kimi.
La route nous surprend par son tracé vertigineux, les barrières sont arrachées et les chutes de pierre semblent fréquentes. La plage est effectivement sauvage, ouf! Il en existe donc.




Sur le chemin, arrêt photo avec papillon...




Le sable noir, le 4X4, les rochers en forme de cocotte nous mettent tout de suite dans l’ambiance. Notre poule de Hiengène est une mère-poule alors que celle-ci est une vraie cocotte, elle est dans une position prête à tout avec sa queue relevée !




Juste à côté de notre hôtel espacé de la mer uniquement par la route, je photographie ce panneau de rue pour Annie.








Sur le ferry qui nous conduit dans l’île de Skyros, notre voiture dans la cale, je capte des couleurs très marines.








Bienvenue en Grèce



Alain me disait l'autre jour "Nous avons le temps, nous sommes en vacance" je lui ai répondu, "Non, nous sommes en exploration". Cela prend du temps en déplacement, en recherche mais cela fait parti du voyage. Nous décidons la veille de ce que nous ferons le lendemain, comme cela à l'instinct, sachant que l'on ne peut jamais tout voir dans un pays. Ceci est rendu possible parce nous sommes en saison creuse. Nous profitons en Grèce de prix d'hébergement valables et nous n'avons aucun souci pour trouver une chambre d'hôtel. Lors de notre dernier arrêt à katerini, nous étions seuls dans l'hôtel Melbourne, choisi pour son nom. Le proprio un grec né en Australie avait un peu la nostalgie du Pacifique.

Nous sommes étonnés par le côté très "béton" des bords de mer :








Nous avons décidé hier de nous rendre dans l'île de Skyros, nous avons mis la journée pour nous rendre au port d'embarquement de Kimi. Sitôt l'autoroute terminée, la route m'a paru interminable, j'ai essayé de me transformer en GPS en accentuant mon accent pointu mais rien n'y a fait, grâce à une carte approximative, une boussole et beaucoup d'instinct nous y sommes parvenus mais cela était loin d'être gagné au départ.
Heureusement qu'arrivés sur place, les eaux cristallines et le côté zen de la mer d'Egée nous a fait oublier immédiatement ces désagréments.








Ce bateau m'amuse par son côté vieillot :




Une photo spécialement pour Diane :




Fleurs et papillon de Macédoine







La flore « fleurie » du parc de Mavrovo est d’une grande richesse. C’est un spectacle à lui tout seul, un rêve pour tous les amoureux de la nature.
Au cours de notre promenade, j’étais plus souvent à quatre pattes en train d’essayer d’immortaliser la délicatesse des papillons peu dociles que de marcher d’un pas vif, le regard haut. La quantité importante de lépidoptères à contribuer au fait que j’ai pu en cueillir quelque uns en flagrant délit de gourmandise.

















Je n'ai malheureusement pas pris celui-ci mieux que cela, il avait sur le dessus des dessins vert émeraude et rouge, j'ai essayé de trouver son nom sans résultat.




L’eau est partout présente, avec précaution, la roche la laisse sourdre. Dans un trou d’eau, cette petite grenouille aurait enchanté JP s’il avait été avec nous. Sa présence garantit un écosystème sain encore dénué de pollution.








Cette promenade m’a rendue toute guillerette, le lendemain, la pluie n’a pas réussi à rompre le charme du lieu, il faut bien que la terre s’abreuve afin de donner tant de merveilles.
















Une petite dernière, celle-ci a été prise près d'Ohip.



Près du lac



Je n’ai pas dit l’autre jour, ce que j’avais ressenti au cours de la promenade de Galicnik. La tranquillité du lieu est pénétrante. Je pense qu’il y a là quelque chose de magique comme il y en a quelques-uns à travers le monde. Je viens de lire sur un petit guide édité en Macédoine que le village accueille chaque année au mois d’août une colonie d’artistes peintres et sculpteurs macédoniens mais aussi d‘autres pays. Ils ont ainsi acquis un fond d’œuvres qui circule dans le monde entier. Faire autant en si peu de temps chaque année est méritoire. Les personnes qui vivent là, savent se bouger.

C’est vraiment un endroit qui m’a marquée. Je n’avais absolument pas d’apriori en y allant ni dans un sens ni dans l’autre, c’est vraiment un ressenti véridique.

C’est le patron de l’hôtel Srna qui nous avait conseillé d’y aller, il a été de bon conseil tout au long de notre séjour. Nous avions trouvé son adresse sur le guide, impossible à manquer dans le village qui est tout petit. Chose étrange, il ne savait pas qu’il figurait dans ce dernier. C’est vrai qu’en ce moment c’est un peu la saison creuse aussi, il a eu du temps à nous consacrer néanmoins, il n’était pas obligé de nous offrir à boire et de discuter avec nous de la manière la plus sympathique possible. Nous étions en demi-pension, le repas du soir avec ses spécialités locales nous a fait découvrir une cuisine savoureuse. Au petit déjeuner, j’ai renvoyé l’omelette géante au fromage et pomme de terre accompagné de sa tomate entière et de sa portion de fromage qui me prendrait une semaine à manger, je n’ai de ce genre d’appétit. Désolé, le serveur m’a rapportée une assiette de fruit frais en compensation. C’est plutôt rare comme prévenance.




Le village du lac artificiel de Mavrovo laisse dépasser le toit d’une petite église. Reconstruit entièrement après la mise en eaux, il ne présente plus de centre à proprement parlé par manque d’espace, les maisons suivent ses bords. Très peu de circulation en cette inter-saison, seules les vaches aux boucles d’oreille bien jaunes se promènent librement gênant à peine les automobilistes. Elles vont toutes seules comme des grandes boire au lac. J’ai trouvé cela super. Les hôteliers profitent de deux saisons, l’hiver avec le ski, la station ouvre le 15 novembre. Il y a beaucoup de neige et les skieurs s’en donnent à cœur joie jusqu’en mars. La deuxième haute saison c’est juillet/août, les chaussures de rando remplacent alors les skis.









En parlant de ski, j'ai trouvé cette barrière fabriquée avec de vieux skis géniale. Je me demande si je n’avais pas vu quelque part qu’un fabricant de skis cherchait des idées pour le recyclage…




La faune est particulièrement riche en Macédoine où vivent de grands carnivores comme les ours, les loups et même les derniers lynx d‘Europe. Qui dit carnivores, dit aussi herbivores, Srna signifie cerf, encore un truc qui rapproche le pays avec la Calédonie.




Galicnik



Nous avons passé une superbe journée dans le parc du Mavrovo.

La Macédoine a un énorme potentiel en tourisme vert qui n'est pas encore exploité. Nous n'avons pas vu de sentiers balisés ou seulement indiqué. C'est par hasard que nous avons trouvé un sentier qui nous a permis de faire une boucle de deux heures.

Partis de notre hôtel situé à Mavrovi Anovi (je parlerai plus tard du village), nous nous sommes arrêtés à un point de vue pour voir le lac Mavrovsko. Nous sommes alors à 1500 m environ et la nature explose en fleurs de toutes sortes où les blancs, les jaunes et les mauves dominent. La flore est très riche, elle se dépêche d'être belle parce que la saison ne dure pas longtemps.








Dans un creux, un reste de neige... Nous nous amusons à faire un bonhomme de juin (reconnaissable aux marguerites sur sa tête, tout le monde sait cela). C'est du neige art.




Notre destination est le village de Galicnik. Un bien étrange village qui ne vit que cinq à six mois dans l'année parce qu'après la route qui y mène est coupée par l'excès de neige. Il ne vit là, que des vacanciers qui s'échappent l'été des villes surchauffées. Chaque maison a été construite pour être exposée sud sans faire de l'ombre à sa voisine cela a pour effet que certaines d'entre elles, n'ont pas d'accès direct à la route. De petits chemins serpentent d'une maison à l'autre. L'asphalte se termine sur un hôtel-restaurant qui surplombe toute la vallée. La construction traditionnelle présentait trois étages, elle était fabriquée avec des matériaux naturels trouvés alentours : Pierre et bois, les toits en lauze, cela n'est pas nouveau mais ce que nous ne connaissions pas c'est que les murs de pierre étaient bâtis uniquement avec de la terre séchée. Les maisons actuelles restaurées colmatent la terre avec de l'enduit mais il n'empêche que dès que le toit commence à fuir, la bâtisse ne résiste pas longtemps.
















L'église du village construite en 1931 n'est ouverte que deux fois l'an le 14 juillet pour la Saint Pierre et le 21 septembre.
Le 14 juillet, c'est le jour des mariages, plus d'une vingtaine de couples viennent dire oui, habillés traditionnellement. C'est la grande fête du village, tout le monde est sollicité.




Dès notre arrivée dans le village, nous sommes accueillis par Sophia et Thomas qui ont repéré l'immatriculation de notre voiture. Sophia est heureuse de parler le français qu'elle a appris à l'université puis à Paris. Ils nous emmènent chez eux et nous offrent un café turc. Depuis leur terrasse, ils ont une vue splendide :




Ils sont charmants, nous les avons invités chez nous, qui sait...
En repartant le soir, notre bonhomme a fini sa vie, le pauvre.





Ohrid en Macédoine



Alain est content de l’itinéraire qu’il a choisi pour arriver jusqu’ici : la Macédoine.

Nous sommes partis d’Ancona en Italie et avons abordé la Grèce à Igoumenitsa. Nous avons fait la traversée en ferry avec la compagnie Superfast qui comme son nom l’indique est rapide. Une quinzaine d’heures dont une nuit passée dans un dortoir séparé hommes/femmes, avec la voiture nous avons payé à peu près 340 euros aller-retour. Cela me paraissait si peu cher que je m’attendais à un confort du style du Yewene-Yewene où pendant le voyage jusqu’à l’île des Pins les eaux d’égout remontaient dans les cabines. Eh bien pas du tout, le ferry ressemblait à un bateau de plaisance avec à son bord des cafés et un restaurant « à la carte » tout à fait convenable, des écrans plats un peu partout, un casino et même une piscine. C’est plus cher si l’on veut avoir une cabine à deux et moins si l’on veut dormir sur le pont. Arrivés en Grèce à six heures du matin, nous décidons de partir immédiatement pour la Macédoine. Un arrêt dans une ville pour trouver une carte de la région me permet de photographier cette devanture prête à faire rêver des jeunes filles en fleur.




L’autoroute est déserte, est-ce l’heure, le jour (dimanche) ou l’augmentation de 50% du prix de l’essence depuis deux mois. « Il faut bien trouver l’argent là où qu’elle est » comme disait notre ancien maire de Bourail. Les grecs ne payant pas leur impôts, il fallait bien faire quelque chose…

Nous passons la frontière sans encombre, passeport et papier d’assurance sont nos pattes blanches. Nous craignons de ne pas pouvoir lire les panneaux d’indication macédonien et de nous perdre. En fait en Macédoine comme en Grèce tous les panneaux sont écrits avec les deux écritures, de plus comme il y a peu de routes il est difficile de se perdre.

La Macédoine a de nombreux points communs avec la Nouvelle-Calédonie :
- Ils sont tous deux producteurs de nickel,
- Ils sont petits et pourtant possèdent de grands espaces vierges,
- Les gens ont un rythme de vie tranquille, pas trop vite le matin et encore moins l’après-midi.
- Ils sont heureux de vivre,
- La spiritualité est chose importante dans leur vie,
- Les maisons ne sont pas vieilles,
- Le bord des routes n’est pas toujours bien entretenu.

Ce qui les différencient sont les églantines, les loups, le bougna et la coutume.

Sur la route nous avons fait halte dans une ville qui s’appelle Bitola. J’ai transformé le nom en Pinola alors que j’en parlais avec Alain, il a dit qu’il répèterait à tout le monde ma maladresse aussi je prends les devants, après tout il s’agit bien du même appareil. Cela n’est pas facile de se rappeler tous les noms des lieux que nous traversons, alors j’utilise les mnémotechniques que je peux.
Nous sommes restés deux nuits à Ohrid, le pays n’a pas d’accès à la mer mais il a des lacs dont celui de la ville qui porte son nom.




L'architecture des maisons de la vieille ville datant du XIX° est particulière.








C’est un lieu de villégiature pour les gens du pays et le peu de touristes qui y viennent. Le soir, ils se promènent le long du quai pour prendre le frais. Les mamans endorment les bébés en les promenant en poussette, les enfants piaffent, les oiseaux crient, les marins d’eau douce se reposent de leur journée oisive.








Les gens paraissent détendus, heureux. J’ai vraiment l’impression de partager leur quotidien, leur bonne humeur est contagieuse. Pourtant, le salaire moyen n’est que de 500 euros par mois. Ils font des prouesses parce que les maisons sont immenses et belles, les infrastructures sinon importantes du moins bien réelles.
La ville est fleurie, beaucoup de dames aiment les fleurs ici.








Un peu déçue par les points d’intérêt culturels de la ville, c’est vrai que le guide papier que nous avons « le petit futé » n’étant pas à jour, les horaires qu’il donne pour les musées sont fausses. Tant pis pour les icônes par contre, les églises d’architecture orthodoxe sont très exotiques pour nous.




Le guide tend à embellir à l’extrême le pays, du coup je suis désappointée lorsque il en rajoute un max comme par exemple la balade sur le petit lac d’où sort l’eau qui alimente le grand, je m’attendais à un truc super spectaculaire et magique mais il n’y avait que de petits blup blup.

La Toscane

Pour des raisons économiques et de tranquillité, nous avions réservé par internet un hôtel dans l'arrière pays florentin, "le Belvédère".




Bien nous en a fait, j'ai adoré cet endroit au point de dire à nos hôtes que je voulais y revenir chaque année. Bon, nous avons eu un tarif préférentiel genre dernière minute mais quand même les prestations étaient super. Le lieu déjà, une ancienne maison de maître au beau milieu des oliviers, des cyprès et des vignes de chianti. Notre chambre faisait trente mètres carrés, elle donnait sur une terrasse où nous prenions notre collation du soir, le chant des oiseaux pour seule compagnie auditive. La piscine ainsi que l'espace extérieur dominant la vallée, offraient un repos exquis après les longues journées culturelles.








Le printemps aidant, j'ai fait des photos de la flore toscane, mais les plus belles, je les garde en réserve.












Les oliviers terminant leur floraison se couvrent de bébés olives, belle récolte en perspective.






Sienne





Finalement, nous sommes allés à Sienne et même si nous n’avons pas vu la couleur de sa terre, nous avons arpenté ses rues abruptes parfaitement dallées de pierre grises pendant plusieurs heures, jusqu’à épuisement.
Cela n’était pas notre objectif premier. Notre hôtel, situé non loin de la ville, tout le bien que nous en avait dit Diane et le manque d’enthousiasme pour se retrouver dans les embouteillages de Florence la sur-dimensionnée, ont motivé notre décision.
Nous n’avons pas été déçus surtout parce que c’est une ville sans voiture et que nous aimons cela.
Les parkings sont en bordure de la ville historique qui garde toujours ses fortifications et ses portes. Bien campée sur une colline, le relief savamment intégré, elle présente de nombreux atouts.
Je me suis rendue compte que les gens tiennent moins de place dans les rues que les voitures ainsi, la foule qui déambulait dans les rues étroites et celle éparpillée sur la place Il Campo ne me gênait pas du tout au contraire, tout ce petit monde vaquant à ses occupations de parfaits touristes accentuait le côté bon enfant du lieu.
La ville a gardé ses particularités architecturales jusque dans les façades de ses maisons. J’aime celle-ci qui existe vraiment. Si je l’avais imaginé et dessinée ainsi, il y aurait toujours eu quelqu’un pour dire que cela c'était chose impossible, eh bien non.












Concurrente de Florence depuis des centaines d’années, elle voulut montrer sa puissance en réalisant la plus grande cathédrale du monde occidental. Ruinée par une épidémie de peste, elle ne s’en releva pas. La cathédrale actuelle, déjà considérable, n’est que le transept de ce qu’elle aurait dû être. Des bribes de murs, d’arcades comme ici donnent les dimensions de cette entreprise démesurée.







L’intérieur choque par son bariolage, seuls les sols en mosaïque de pierre dures, sont remarquables. La crypte redécouverte il y a peu, garde des couleurs bien marquées sur ses murs, une vitre la sépare de l’église créant des images amusantes.












Firenze



Ah! Florence, nous n’y sommes restés qu'une seule journée alors qu'il aurait fallu plusieurs semaines...





Les embouteillages du matin, la foule touristique des grands jours, l'attente de plus de trois-quarts d'heure pour visiter la galerie Uffizi, nous ont quelque peu découragés. N’empêche qu’il reste magique d’être ébaudi par la statue du David de Michelangelo au détour d’une ruelle comme d’ailleurs, tous les autres étrangers semblent l’être. Deux indiennes en sari en sautaient de joie.












Florence est chère, du parking au simple sandwich en passant par l’entrée des musées, ce n’est pas une sortie pour pauvres gens. La Culture cela se mérite semble-t-il.
Florence est polluée, bruyante, les motos et autres deux roues pétaradants remplacent avec préjudice les vélos de la douce Parme.

Avant de faire la galerie, j’ai voulu aller voir une expo temporaire : De Chirico, Marx Ernst, Magritte, Balthus : « Un regard dans l'invisible », visible jusqu'au 18 juillet 2010.  Où comment De Chirico a influencé ses contemporains. Passionnant. J’ai bien fait de commencer par là, parce qu’après la peinture de la Renaissance remplit tout l‘espace.

Ensuite à la galerie Uffizi, les chefs d’œuvre se sont enchainés au fil des différentes salles. Cela se termine au bout de trois heures par Le Caravage et l’école de Florence.

La cathédrale démesurée et le baptistère ont fini la journée. C’est beaucoup d’images, de petits pas mais aussi bonheurs ronds, pleins.








Et d'autres choses encore


à Parme :
Nous avons visité la galerie Nationale du Palais della Pilotta. Le bâtiment d’une architecture austère a des dimensions pharaoniques. Les peintures s’étalent du XIV° au XVIII°. Au tout début, l’on voit bien les visages des personnages positionnés de trois quart ou de profil. Au fur et à mesure des siècles, ils se tournent jusqu’à se présenter bien de face tout en ayant perdu au passage leur auréole dorée et leur caractère sacré. Les collections sont bien présentées, la circulation est aisée, ponctuée de quelques œuvres majeures. Un bel endroit vraiment.




La cathédrale ne contient aucun siège. Cela n’est pas plus mal, l’on peut ainsi aisément circuler. Alors même qu’elle est peinte du sol au plafond, le bon goût lui donne une grande élégance. Le dôme peint par Le Corrège a fait parler de lui à son époque. Je peux comprendre.












A côté, le baptistère reste fonctionnel quelques jours par an. Je savais qu’au moyen âge, les baptistères jouxtaient les églises mais je n’en avais jamais vu. En France, ils ont intégré l’intérieur des églises depuis longtemps du moins, je le suppose. De forme octogonale, il est percé de peu de fenêtres et malgré tout, la lumière est bien présente, je ne sais pas si cela fait partie des spécificités de ce genre de construction.












Dans le musée épiscopal une statue de saint Michel décrochée du baptistère est une des très rare voire la seule statue a avoir été récupérée sur une statue romaine. Seuls la tête et les pieds sont spécifiques au saint. Les anges existaient donc avant JC ?




Sur ce tombeau ces écritures pour Anne.



Cette leçon vaut bien un fromage sans doute...



Le corbeau de la Fontaine aurait eu du mal à tenir un parmesan dans son bec, une meule pèse une quarantaine de kilos.

Nous avons été logés à la ferme à Parme "la ferme Leoni". Une ferme qui produit des légumes, du fourrage et du lait pour faire du Parmesan. Elle appartient à quatre familles différentes qui travaillent en bonne intelligence semble-t-il, la société est partenaire dans l’usine agro de fabrication de parmesan que nous avons visité. Ils ont le DOC pour leur parmigiano reggiano, c’est-à-dire l’AOC italien. Chaque fromage est expertisé avant de recevoir le label.





J’espère que je ne me suis pas tout mélangée dans les chiffres… Il faut 640l de lait pour faire un fromage, s’ajoute à cela un an minium de séchage au cours duquel il est retourné et nettoyé par une machine tous les dix jours environ.





C’est un caillé moulé fabriqué avec un lait partiellement écrémé. Il est ensuite salé par immersion dans une saumure pendant plusieurs jours où il est retourné régulièrement. La longue période de séchage s’ensuit durant laquelle il perdra environ 10% de son poids.
















Le fond de la cuve où le caillé se forme à une T° de 40° (celle-ci est vide, vous l'aurez compris).




Au bout d’un an voire plus, il quitte l’usine pour continuer sa vie dans un autre local en attente de voyage vers l’étranger. La ferme possède plus de 16 000 fromages, à 400 euros la pièce, cela fait une somme importante. L’usine produit également en sous produit du beurre et du petit lait qui est vendu aux producteurs de jambons de Parme. C’est cette nourriture qui contribue à donner aux jambons toute sa finesse.




Après la visite de l’usine, nous nous rendons à la nurserie "pour sentir" « les essentielles ». Nous n’aurons pas l’occasion de voir les vaches qui produisent le lait. Ici, il n’y a que les jeunes et les artificiellement pleines qui attendent de mettre bas. Après une semaine de vie, le veau est placé dans un box. Il y restera enfermé toute sa vie durant, ne se déplaçant seulement que de box en box. Les vaches pleines sont nourries de luzerne et de céréales. Afin de ne manger que leur ration de céréales autorisée, elles ont un collier électronique qui leur interdit l’accès à la mangeoire après consommation de leur dose journalière. C’est balaise comme truc. Pour avoir le label, les vaches ne doivent rien consommer d’autre. C’est leur régime alimentaire qui garantit la qualité du lait et par là même, la qualité du fromage.








A la fin de la visite, nous avons droit à un brunch de dégustation. J'en ai profité pour améliorer ma culture gastronomique :
-Tout se mange dans le fromage même la croûte mais comme celle-ci est dure, on la réserve à la cuisine.
-Traditionnellement il se déguste avec des poires. C’est-ce que j’ai fait et j’ai trouvé cela très bon.
Les confitures et le miel ont été introduits depuis une dizaine d’années. Je n’ai pas essayé ces mélanges, vous vous en doutez bien.
-Pour couper le fromage, il existe des couteaux spécifiques dont un qui ressemble à un couteau pour ouvrir les huître mais plus petit. Il sert en fait à le rompre plutôt qu’à le couper.
Tout cela était accompagné d’un vin blanc légèrement pétillant qui relègue le champagne au rang de simple manant.






Nous avons dormi dans le corps de la ferme réservé autrefois aux employés. Les pièces étant très hautes de plafond, un étage en vaut bien un et demi. Afin de compenser cela, les marches d’escalier sont vertigineuses. J’ai eu l’impression de retrouver mes six ans lorsque je les montais. La grange est immense, elle est construite comme le reste de la bâtisse en pierres taillées de la même couleur et de la même taille que les briques, si bien que de loin, cela prête à confusion.




Italia



Nous sommes en route pour l’Italie en voiture par la côte méditerranéenne.
Entre Antibes où nous avons fait halte et jusque dans la plaine du Pô, l’autoroute est une succession interrompue de tunnels et viaducs. L’Œuvre est impressionnante. On a beau dire, cela a dû gâcher le paysage mais, de penser qu’il nous aurait fallu suivre le tracé naturel, m’épuise d’avance.
Les collines abruptes sont parsemées de villas réchauffées par une multitude de rayons renvoyés par le toit de grandes serres vitrées. Plus l’on se rapproche de la mer et plus les maisons semblant d’un seul coup abominer la solitude se transforment en immeubles.
Viaduc, tunnel, collines, maisons, immeubles, serres vitrées puis cela recommence kilomètres sur kilomètres.
La domestication de l’espace est accentué par le manque de soleil. Les nuages collants au plus près des collines se délattèrent dans l’azur gommant au passage toute trace de trait d’horizon. Je me sens enfermée, l’excès paralyse mes bons sentiments. Je préfère nettement la quiétude du Quercy.

Parme est une ville des plus agréables, quelque chose d’américain flotte dans les quartiers à moins qu’aux States, l’Italie ait laissé son empreinte. L’influence est peut-être ambivalente.




Platitude oblige, de nombreux habitants se déplacent en vélo, les automobilistes respectueux, roulant plus lentement qu’ailleurs y impriment une tranquillité estimable.




Le vélo est une activité de tout un chacun du plus jeune au plus âgé, un sport serein qui semble lier les générations entre elles, de la mammy qui promène son chat posé dans le panier en osier placé devant elle, au jeune en jeans branché et sac à dos, tout le monde y va de son coup de pédale. Cela contribue grandement à insuffler à la ville une ambiance bonne enfant et paisible. C’est la « Dolce vita » dans toute sa splendeur. Je comprends mieux à présent les militants du vélo en ville.




Surprenant pour nous l’heure de la sacrosainte sieste de 13 à 15h qui paralyse la vie touristique. Nous avons l’impression de perdre un temps précieux.




Le vélo-rail



Un petit tour dans les bois avec un vélo rail. Juste pour rappeler aux vaches errantes que leurs ancêtres pouvaient tuer leur ennui en regardant de vrais trains passer. Ah le bon vieux temps !




A l’allée un faux plat nous tient en haleine, c’est sympa d’être quatre moins de pédaler pour tirer tout le monde heureusement que l'on peut inter-changer de place… Au retour, la légère pente nous propulse vers un cerisier repéré par nos yeux de lynx. Il en a perdu bon nombre de ses rougeurs. L’expérience n’est pas le truc qui explose tout au niveau des sensations mais c’est sympa de le faire une fois, par beau temps, s’entend.







Partout où la voiture a remplacé le train, des gares esseulées attendent des jours meilleurs.



Collonges la Rouge






Nous avons fait un grand détour pour aller admirer l’architecture de ce petit village classé.
Sa particularité est d’être construit avec de la pierre rouge et d’avoir des habitants qui savent mieux que personne embellir leur espace extérieur avec des floraisons.




C’est mignon tout plein. Le linteau de l’église quasiment intacte est admirable et la maison du café de la gare, de guingois à souhait essaie de se faire aimer des peintres.








Tourtoirac


Tourtoirac Les gens d’ici disent que les habitants de Tourtoirac sont riches, ils ont de bonnes terres. Ils ont aussi un roi enterré dans leur cimetière, un prince héritier qui s’appelle lui-même « Sa Majesté » et depuis peu une grotte géologique ouverte au public.





J’ai lu (il y a déjà longtemps…) l’histoire de « de Tounens », roi de Patagonie racontée par Jean Raspail. La folie, la pugnacité et la démesure du personnage m’avaient touchée. Ses descendants en faisant visiter son château (une grosse maison en fait, flanquée d’une tour récemment construite) gagne de quoi vivre et perpétuent son souvenir.






Nous sommes allés visiter la grotte sans savoir qu’elle n’était ouverte que depuis un mois. Cela est loin d’être la seule dans la région mais elle avait l’avantage d’être tout près du gîte. Elle est très bien aménagée et d’un accès super facile, on y descend en ascenseur et un chemin métallique serpente au-dessus de la rivière souterraine. Nous avons pu voir toutes sortes de stalactites et de stalagmites. C’est assez bateau si ce n’est que la rareté du spectacle en fait un objet précieux mais, il y avait aussi des excroissances que je ne connaissais pas :
- des fistuleuses sorte de pailles translucides qui se forment avec une goutte d'eau qui n'en finit pas de tomber,
- des excentriques qui défiant l’apesanteur poussent à l’horizontale voire remontent carrément vers le haut,
- des gours : bassins qui s’écoulent l’un dans l’autre,
-des œufs stalaclitiques gros comme des bonbonnes
- et enfin des draperies en calcite pure, merveilleuses de blancheur.

Je ne sais pas pourquoi il est interdit d’y faire des photos mais bon….Chut !




Nous avons visité les jardins du château de Marqueyssac qui ont été réhabilités depuis une vingtaine d’années. Cent cinquante mille buis ont été plantés et sont taillés deux fois par an, cela donne des boules de verdure brillantes. A mon avis, c’est un peu trop monochrome, il manque les couleurs chaudes comme des roses amoureuses par exemple pour relever un peu tout cela.








Néanmoins remarquable est le site lui-même qui domine toute la vallée de la Dordogne, sur un de ses vallons « une case de chez les eux-autres » (appelée ici « cabane ») rappelle la nature paysanne de la région.




Dans la vallée, des dizaines de noyers replantés au cordeau, après la tempête de 2000 forment des tapis de pompons que j’imagine moelleux.





Huiiii



Nous sommes dans un pays de châteaux, ils dominent les méandres de la Dordogne, de la Vézère et bien d’autres affluents. Nombre d’entre eux sont à visiter. J’ai choisi d’explorer celui de Commarque parce qu’il est à la fois placé dans un écrin de verdure et surmonte des grottes habitées depuis les temps préhistoriques.





Il est en ruine cela lui donne un charme supplémentaire et surtout cela nous permet de nous y balader seuls sans contrainte.








Cela me fascine de penser que des hommes ont vécu ici depuis plus de dix mille ans.
Des grottes, au donjon en passant par des abris troglodytes : les cluzeaux on mesure toute l’évolution du genre humain.
Je sens que ces marches d’escalier taillées à même la roche pourraient raconter autant de malheurs que d’intenses moments de paix et d’amour, des âmes s'y terrent encore.








Une toile d'araignée voile l'entrée de cet œilleton, à quoi servait-il?




Le site a été ouvert récemment. Il y a une quarantaine d’années il était envahi par la végétation et se dégradait sévèrement. Nettoyé, sécurisé, il est possible aujourd’hui de monter jusqu’en haut du donjon au grand dam des riverains qui ont vu leur espace secret envahi par les touristes sortis on ne sait d’où. Joëlle semble réver à tout cela dans la chambre aux échecs.




Nous avons fait ami-ami avec le gardien si bien que nous avons eu l’immense privilège de pénétrer dans la grotte préhistorique bien gardée par trois portes et un système de serrures alambiqué. Nous avons ainsi pu admirer ce fameux cheval gravé qui fait toute la notoriété de l’endroit.



C'est bon, bon pour le moral


Le repas de la fête des mères chez Joëlle et Bernard :

Foie gras et pâté périgourdin truffé
Rôti de porc "cul noir" bio avec ses pâtes au beurre de truffes et sa fricassée de cèpes de la forêt
Salade verte du jardin
Fraises du marché, compote de pêches de vigne maison, cerises rouges.
Qui dit mieux ?
Un grand merci à nos hôtes.

En Périgord



Depuis une semaine, nous sommes en Dordogne. En début de semaine, j’étais hyper enthousiaste d’être ici tout comme les anglais qui ont massivement investi dans la région, il y a quelques années. Avec la crise, la hausse des prix et la baisse de leurs pensions, beaucoup repartent. L’immobilier est en crise. Moi, dès que je vois une maison plus ou moins abandonnée, je veux l’acheter. Dans ce Périgor blanc, il existe encore la « vraie » campagne c’est à dire celle où l’on peut se promener longtemps sans voir d’habitation. Le défaut de cette qualité est que l’on ne peut absolument pas se passer de voiture mais, qu’importe !











La région a un patrimoine très riche et même lorsqu’il fait défaut, on l’invente parce que le tourisme est une des principales sources de revenus.
C’est ainsi que la petite ville de Terrasson a fait réaliser, il y une quinzaine d’années, « Le Jardin Imaginaire » sur une de ses collines qui domine la ville. C’est un jardin conceptuel qui ne se visite qu’avec un guide (et… 7euros) qui vous ouvre et ferme ses portes juste après la visite, vous interdisant ainsi la moindre balade en solo.

Ceci mis à part, c’est un endroit mémorable. L’architecte paysagiste a su sublimer l’espace en conservant certaines étendues naturelles au point de laisser les arbres au beau milieu du chemin et en même temps donner une impression de nature maitrisée en taillant quelques buis comme au XVII°.

Ici, une large bande d’or lie l’espace et symbolise le passage du vent à travers les arbres.










Le toit parfaitement lisse de la serre en forme de demie goutte d’eau reflète avec exactitude la végétation environnante.





L’eau, partout présente, bouillonne, s’étale, glisse en notes ondulatoires.












La roseraie en pleine beauté, paraît oublier que le temps passe inexorablement.





Le corps de la serre en gablion jette une touche minérale dans cet ensemble végétal.




D'autres belles réalisations impriment de beaux souvenirs dans nos têtes mais je ne vous les dévoile pas tous, afin de garder la part de mystère du lieu.

Points de couleur






















Rhône-Alpes


Le printemps est fleuri, partout dans les jardins et les prairies le regard s’arrête sur des points colorés.
Le printemps est également vert. Vienne ensoleillée ne se ressemble plus, il est agréable de s’y balader, dommage que la belle saison soit si courte.
Les tomates sont plantées, les cerises rougissent, les fraises déjà dans les coupelles.
Plus original que les légumes tendres, ici l’on mange des fleurs.
Nous avons testé les fleurs d’acacia en beignets de Suzanne. Le goût est fin et délicat.








Dans le restaurant quatre étoiles où nous avons déjeuné avec notre tante qui aura dans quelques jours l’âge honorable de quatre-vingt-dix ans, nous avons eu en accompagnement de l’agneau de Sisteron, des fleurs de courgette farcies aux champignons. Une minuscule courgette pendait de la fleur, c’était joli et plaisant.
Plaisant également le site de l’hôtel du château des Avenières. Accroché à la fameuse montagne du Salève, il domine toute la vallée du Rhône jusqu’à Genève. En traversant la campagne savoyarde je m’étonne de ne plus voir autant de vaches qu’autrefois. Ah ! en voilà une enfin, eh bien la pauvre elle a du boulot sur la planche pour faire tout le conté de la région.








Partout ici, la gastronomie est une tradition séculaire, quelques trésors restent presque confidentiels comme le vin de Vienne, le Côte Rôtie ou le Condrieux. Il n’y a que sur place que l’on peut en déguster, ce que nous n’avons pas manqué de faire, bien sûr.