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Le carnet de route de la famille Rolly


Le cimetière



En 1921 une grande inondation a envahi une partie du désert au sud de Nasca. Elle a mis à jour une nécropole d’une importance capitale. Très vite les voleurs de tombes sont entrés en action et ont détruit sans vergogne un patrimoine unique. Apparemment, ils ne sont pas allés jusqu’au bout parce que seulement une petite partie de l’immense cimetière est connue aujourd’hui.
Première question des archéologues : Comment se fait-il qu’autant de tombes soient présentes ici alors que la population (connue) n’était pas très dense.
Après des recherches, il s’avère que l’endroit a été utilisé sur une très grande période incluant les pré incas et les incas ensuite que le lieu a été réputé pour ses qualités de conservation des corps. Il semble que l’on voyageait à dos d’hommes pendant plusieurs jours pour venir s’y faire enterrer. Les tombes de grandes dimensions accueillait des familles entières, elles étaient creusées dans le sol. Les parois sont en adobe, le plafond qui affleure le sol en bois recouvert de sable. Pendant des siècles, des hommes ont marché dessus sans savoir ce qu’il y avait juste à quelques dizaines de centimètres en dessous de leur pas. C’est fascinant de voir le degré de conservation de ces caves et des corps après plus de 1000 ans. Six ou sept sont exposées à l’air libre, cela nous fait bizarre de voir ces corps ainsi. Sur la photo ci-dessous les longs filaments noirâtres sont des cheveux, les nobles ne devant pas se faire couper les cheveux pendant toute leur vie. Ce sont les premières locks connues (2m de long)…
Cette vision étrange a généré chez moi des pensées embrouillées jusqu’à que je me dise que c’est quelque chose d’inhérent à l’homme que de rechercher l’immortalité. Sur plusieurs continents à différentes époques, il y a eu des dépenses en biens et en énergie énormes dédiées à la mort et à la volonté de de jamais disparaître. Moi-même quelque part je n’échappe pas à cela. Laisser une trace ineffaçable est une préoccupation qui me revient régulièrement.
J’ai eu l’idée (si j’avais beaucoup d’argent s’entend) d’acheter du désert et de la glace en antarctique et de créer des lieux où l’on puisse y laisser son corps en attente d’une résurrection possible. J’aime à croire, parfois, que les histoires fantastiques pourraient dans des centaines années devenir réelles. Une bonne campagne de pub là-dessus et l’affaire serait dans le sac, parce qu’il est évident que ce besoin inexplicable de l’homme n’est pas mort mais en simple léthargie.





Nazca



Comment écrire Nazca ? C’est une question que je me suis posée. En espagnol la ville s’écrit Nasca et pourtant, je l’ai vu écrit comme nous le faisons en français. Apparemment l’orthographe varie s’il s’agit de la ville, de la région ou bien de la civilisation qui est à l’origine des géoglyphes dans le désert mais lequel est lequel ? mystère.
Dès mon arrivée, je ne me sens pas bien dans cette ville à cause de la vue que j’ai de mon hôtel. J’ai envie d’y rester le moins possible. Hors nous devons y passer deux jours.





Une nuit semble suffisante aussi nous nous rendons au bureau des bus « Cruz del sur » pour avancer notre départ. L’hôtesse nous répond que cela est possible mais nous voyagerons dans ce cas dans un bus de catégorie normale. Alain voulant faire l’expérience du confort haut de gamme que certains bus sont pourvus décline l’offre. En arrivant le lendemain soir nous apprenons que le véhicule a cinq heures de retard et que nous n’aurons pas les sièges désirés, Binp.

La sortie incontournable est le tour en Cessna pour voir les tracés qui fascinent tant de monde par le mystère qui entoure leur création.

Dans mon imagination ils étaient beaucoup plus grands que ce que j’ai pu voir avant de fermer les yeux afin de calmer la nausée. Ils sont visibles certes, mais à peine. Il faut bien regarder.










Une pancarte collée sur le tableau de bord de l’avion dit que les pourboires sont les bienvenus. Les pilotes ne manquent pas d’humour ou de vénalité. Ils peuvent toujours attendre le mien… Donner un pourboire à une personne sympa en charge d’un travail ingrat, je veux bien, mais là, vraiment c’est trop.
C’est surtout trop parce que déjà avant le vol, j’ai été agressée dans la salle d’attente par les TV qui diffusaient un commentaire sur l’histoire du lieu en différentes langues, au même endroit en même temps, une horreur pour mes tympans délicats associée à une déception de ne pas pouvoir comprendre entièrement le document visuel.
Pourquoi, la civilisation de Nazca a-t-elle tracé ses lignes ? Le mystère reste entier.
Une allemande Maria Reich a passé 50 ans de sa vie a les répertorier et élaborer une théorie selon laquelle il y aurait une correspondance entre les traces et la configuration des planètes. Ses recherches ont été déboutées par les scientifiques.
D’autres théories tentent de les expliquer comme étant des sanctuaires à l’air libre afin de plaire aux Dieux pour que l’eau continue de couler dans ce désert. Je pencherai plus pour cette théorie uniquement parce que c’est une des premières questions que je me suis posée : Si les montagnes et le soleil sont des dieux, l’eau doit avoir sa part de déité, sans eau pas de vie possible.

Entre Arequipa et Nasca



Nous sommes trois personnes en haut du bus qui nous conduit d’Arequipa à Nazca. Nous suivons en grande partie une des routes les plus longues du monde, elle part du nord de l’Amérique pour arriver jusqu’à la Terre de Feu.





Huit heures à somnoler, à découvrir le désert Péruvien qui fait suite à celui du Chili. Parfois le sable envahit presque totalement la route, il faut alors l’aide d’engins mécaniques pour la rendre carrossable.





Le long de la côte, aucun brin d’herbe ne parvient à capter l’humidité de l’air afin de sortir de terre. La mer montre sa mauvaise humeur en s’éparpillant en blanche écume sur les rochers noirs, créant un contraste saisissant. Partout une brume bleutée efface les formes trop violentes en ne laissant qu’un semblant de douceur.










Les berlines sont rares, les camions et les bus sont presque les seuls à se croiser mettant une touche de couleur chaude sur l’asphalte sombre.





Le temps passe ni plus ni moins vite qu’ailleurs, nos corps las s’avachissent de plus en plus, au fur et à mesure que la distance s’accroit derrière nous.

Arequipa



Nous avons bien aimé cette ville malgré la mauvaise réputation dont elle est pourvue. Des touristes se sont faits agresser par des bandes avec la complicité des chauffeurs de Taxi. Cela n’est pas très rassurant, c’est pour cette raison que les voyageurs préfèrent avoir leur hôtel en ville. Nous y sommes en plein. De notre fenêtre en forme de rotonde, nous pouvons dès le premier soir découvrir la Plaza Major. Des pigeons viennent se désaltérer à la fontaine qui en marque le centre. La cathédrale occupe tout un côté. Les autres sont parés de belles arcades.












L’architecture doit beaucoup à une certaine influence espagnole et à l’utilisation d’un matériau noble: la pierre volcanique blanche. Elle est la raison principale du surnom que porte l‘agglomération « La ville blanche ». C’est avec Udaïpur en Inde la deuxième ville blanche que j’aime.








Nous avons visité le couvent Santa Teresa. Une partie est en rénovation à cause du dernier tremblement de terre, une autre est réservée aux religieuses. La partie ouverte est intéressante, notamment un espace où sont expliquées les techniques de peintures murales ainsi que la fabrication des statuaires en bois et plâtre.




Le musée municipal précolombien est remarquable par la qualité des pièces présentées (aucune photo possible).
Elles proviennent des expéditions sur les volcans alentour, où l’on a trouvé des enfants sacrifiés dans un bon état de congélation. Celle qui vaut le détour est la princesse Juanita. Le musée lui est grandement dédié. Il s’agit d’un sacrifice célébré au sommet même de la montagne (peut-être après une éruption). La mise à mort résulte d’un coup frappé à la tête. Le froid l’a conservé jusqu’à ce que le volcan voisin entre en éruption en 1995 et ne fasse fondre la neige autour. A la date d’aujourd’hui, il a été retrouvé 13 corps d’enfants, des garçons et des filles, tous jeunes adolescents. Juanita est la mieux conservée. Lors de notre passage le congélateur fabriqué exprès pour elle, accueillait une autre sacrifiée pendant qu'elle joue la star dans un labo quelconque pour de plus amples recherches. Nous avons pu voir la cape qui la recouvrait. Un travail tout en finesse, inoubliable.


L’autre visite prenante a été celle du couvent Santa Catalina.
J’ai adoré cet endroit mais je ne sais pas si j’aurais pu y vivre durant tout ma vie comme ce fût le cas des enfants enfermées ici dès l’âge de 12 ans.

Une chambre de novice reconstituée :



Je les estime presque autant sacrifiées que Juanita.
Le deuxième enfant se devait aux ordres dans les familles nobles espagnoles. Je n’avais jamais eu conscience de l’exigence que cela comportait. Je savais qu’en France c’était aussi le cas mais je pensais que cela ne concernait que les garçons qui se devaient à la prêtrise. Cela n’a déjà pas beaucoup de sens en soi mais le métier de prêtre étant passionnant et éminemment social cela ne me choque pas plus que cela. Ici, si tu avais la malchance de naître le deuxième et fille dans une famille noble, tu devais prier pour tous les membres de ta famille pendant toute ta vie, un sacré boulot en perspective. Les jeunes filles pouvaient avoir des esclaves et des servantes. Une fois entrées, elles ne sortaient plus jamais même au-delà de la mort puisqu’il y a un cimetière au cœur du couvent.








Selon son rang et sa richesse, la nonne habitait une seule pièce ou une véritable petite maison dans un ensemble de rues et de cloitres. Les rues peintes en bleu Majorelle ou ocre orangé sont charmantes.




Ce qui me rassure c’est le fait que les servantes avaient le droit de sortir du couvent pour aller faire les courses. J’imagine qu’il devait y avoir pléthore de messages cachés dans les jupes de ses dernières. J’aime à le croire. C’est un lieu qui inspire des aventures humaines hors du commun, un lieu de roman peuplé d'anges peints.




El condor pasa dans la vallée de Colca



La route qui va de Puno à Aréquipa passe à travers les hauts plateaux andins. C’est là, au sommet d’un col, lors d’un arrêt que je pose le pied à 4950m, l’altitude la plus élevée qu’il m’a été donnée d’expérimenter.





De temps à autre, des troupeaux d’alpagas, de lamas et des vigognes esseulées mettent un peu de mouvement dans cet espace aux douces courbures féminines. C’est un désert vert. Aucun arbre n’arrête le regard, cache un pan de mur en ruine, nuance le vert des prés. L’eau est présente à fleur de sol. Elle déchire la plaine, l’impacte de trous bleus qui se rejoignent en un réseau immobile.






Lorsque l'on se trouve si haut, l'on a le privilège de voir se former les nuages. C'est un spectacle visuel d'une délicatesse inouïe qui nous rapproche du divin.




Ici, la nudité est telle que l'homme a promu les volcans à un rôle de Dieu. Afin de leur plaire, les incas sacrifiaient des enfants à la montagne.





A chaque point de vue, des marchandes tentent de gagner quelque argent en proposant les mêmes articles partout dans le pays. Souvent des enfants les accompagnent. On leur doit l’aumône contre une photo. Régulièrement, ils grimacent au point de donner une image bien piètre d’eux. Le font-ils exprès ou bien est-ce un mélange de timidité et de tristesse ?






Enfin, après plus de cinq heures de voiture, nous arrivons au village de Chivay. La vallée avec en son fond la rivière Colca sort du désert et s’enfonce profondément dans la terre, elle marque ainsi le cañon le plus profond du monde.





Avant la visite du village, nous allons aux sources d’eaux chaudes où nous faisons trempette dans le bain le plus chaud (39°). C’est relaxant à souhait et bien agréable. Dans le petit musée attenant, je vois une belle fou-fourche pour ramasser la pa-paille (private joke) et ne peut m’empêcher d’en garder un souvenir tangible.











Nous visitons le village animé et sympathique. L’église est décorée avec des peintures murales du 18° et bien sûr de magnifiques sculptures en cèdre doré comme partout.










Le soir, à l’hôtel, nous avons droit à une bouillotte chaude dans notre lit, délicieuse attention…

Le lendemain, c’est branle bas de combat à 5h45 afin d’être soit disant à pied d’œuvre pour les condors.
Auparavant, nous nous arrêtons dans un village tout proche afin de voir les danses Wititi. Nouvelle pièce pour les dames aux aigles dressés. Des enfants frigorifiés, assis sur un banc en pierres froides se tassent les uns contre les autres. Ils se découvrent pour se mettent à faire des ronds autour de la fontaine, de temps à autre un tour sur eux-mêmes fait voler leurs jupes et jupons. Je me demande vraiment ce que je fais ici. J’ai l’impression de m’être transformée en maître d’esclaves pendant la nuit. C’est d’une tristesse sans nom de voir danser ces enfants sans joie aucune, c‘est de l‘anti-danse. Valérie, notre guide locale, nous rassure en nous disant que les enfants dansent pour se faire des petits sous afin de payer leurs crayons et cahiers. Peu importe ! nous (et eux, bien sûr) faire lever si tôt pour voir un tel spectacle est lamentable.










Tout le long du cañon, existe des plateformes à touristes. On s’y pose et l’on attend le bon vouloir des Messieurs-Dames condor, pour l’heure nous attendons longtemps, normal nous sommes en avance sur l’heure du levé du vent à cause des enfants qui devaient danser avant d’aller à l’école.





Mettez un peu de musique (genre « El condor pasa ») pour regarder les malheureuses photos que j’ai pu prendre de ce prestigieux oiseau.
La question du jour doit être posée par des dizaines de touristes : Donne-t-on à manger aux condors afin qu’ils soient là tous les jours que Dieu fait ? Valérie nous donne une réponse toute faite, apprise dans son manuel du parfait guide : Ils aiment les photographies ! Nous n’en saurons pas plus mais il est évident que cela doit se passer ainsi.
Reste qu’ils étaient sympa à observer sur ce site vertigineux.
















Dans la religion inca, il y a trois niveaux : le ciel, la terre et le monde sous-terrain. A chaque niveau correspond un animal mythique. Pour le ciel c'est le condor, pour la terre c'est le puma et le dessous de la terre est représenté par le serpent. Le condor est un intermédiaire entre la terre et le soleil, c'est pour cette raison qu'il devient parfois prisonnier des rayons de ce dernier.




Taquila



Nous passons la matinée de la deuxième journée sur l’autre île du lac : Taquila.
Maria Rosa notre guide connait bien les us et coutumes des locaux pour être restée quelques mois à les étudier dans le cadre de son travail d’anthropologue. Elle nous raconte de belles histoires. On pense qu’ici vivent les descendants des derniers incas et notamment des familles nobles et leur suite qui seraient venues se réfugier afin d’échapper aux espagnols. L’île plus petite que la précédente est jalouse de son patrimoine et ne se mélange pas avec les populations alentours. Les mariages se font entre eux, ce qui pose évidemment un problème de consanguinité.

Les jeunes gens ont trois statut différents : Ils peuvent être mariés, célibataires, ou entre les deux.
Ils sont à l’essai pour une période d’un à trois an. Ce n’est que lorsqu’ils sont sûrs d’eux qu’ils annoncent leur mariage qui pourra être célébré dans les mois à venir. Le choix des amours est ritualisé. Il a lieu un jour par an, au cours duquel le garçon lance un petit caillou en direction de la fille, si elle lui renvoie, ils partent vivre ensemble. C’est bien plus rituel que cela mais il serait trop long de tout raconter ici (et il faudrait que je m’en rappelle…)

Dans l’île, si tu veux montrer ta virilité, tu dois être un as des aiguilles à tricoter. Dès six ans, le petit garçon tricote son bonnet, puis à chaque étape de sa vie d’homme, il en changera marquant ainsi son statut social. Les jeunes filles peuvent ainsi de loin repérer si le beau brun là-bas est célibataire ou non. Les femmes ne tricotent pas mais elles tissent. Les techniques qu’elles utilisent dateraient des Kimiko : artisans-tisseurs de la noblesses inca.
Elles sont les seules au Pérou à pratiquer encore ses techniques ancestrales. Elles parviennent à réaliser des tissus en laine d’alpaga très fins. Pour son mariage, la jeune fille donne à son futur époux une ceinture qu’il portera les jours de cérémonie. Les dessins de cette ceinture écrivent sa vie et ses aspirations. Après s’être coupée les cheveux, elle les tisse avec d’autres fibres pour en faire également une ceinture. C’est une sorte d’alliance.

Sur la place, il y a une église qui reste ouverte. Près de l’autel, on peut voir parfois une sculpture en pierre de bonne dimension en forme de phallus. Tous les ans une grande fête rassemble d’une part les hommes et d’autre part les femmes. Les hommes portent le phallus jusqu’à un trou creusé par les femmes. L’un entrera dans l’autre afin que la terre soit fertilisée, les jeunes filles font couler un jus blanchâtre dans la terre. Le curé du coin ne vient plus souvent dire l’office, mais lorsque sa visite est prévue, le phallus est caché, il n’orne plus l’autel de l’église.
Je trouve leur idée de mariage à l’essaie intéressante. C’est ce que nous pratiquons tous aujourd’hui sans qu’il soit besoin d’un rituel quelconque. Une question me turlupine quand même. Fatalement, il doit y avoir des naissances pendant ces périodes d’essai, à qui appartient alors l’enfant ? Maria Rosa me répond que cela n’arrive que très rarement, d’une part parce que la femme boit des infusions de plantes contraceptives et d’autres part parce que l’avortement est couramment pratiqué. Chaque famille a deux enfants, trois au maximum. Une société très ritualisée et organisée, C’est leur façon de continuer à exister.


Je mettrai une ou deux photos plus tard, je dois les sortir de la caméra because je suis tombée en panne de batterie;

Les îles non-flottantes


Nous avons visité les deux îles du lac.
Trois heures de navigation à bord d’un bateau qui se traîne et qui sent l’essence, il faut mériter le paradis. Ces îles sont considérées comme des lieux à part, un peu mythique.

Elles ont un statut politique particulier qui fait qu’elles régissent de façon autonome tous leurs problèmes. Tout est bien organisé afin que les revenus touristiques soient répartis entre le plus grand nombre. Dans la première île Amatani il y a même une caisse de retraite locale afin de permettre aux vieux de ne plus travailler passé un certain âge.

Les habitants ont eu la sagesse de refuser les hôtels. Si l’on veut y passer la nuit, il n’y a qu’une solution: c’est l’hébergement chez l’habitant. Cela nous convient totalement. Partager, ne serait-ce que quelques heures la vie des locaux, a été une belle expérience. Je dois quand même ajouter que si nous avons autant apprécié c’est aussi parce que Maria Rosa était avec nous et qu’elle a servi d’interprète auprès de Mario et Sylvia chez qui nous sommes restés.

Maria Rosa nous explique que les tours opérateurs ne proposent pas aux Japonais ce genre d’excursion. Pour nous, passer une nuit dans un endroit où l’eau sort du jerrycan, cela ne nous effraie pas, pas plus que la cuisine préparée sans des normes d’hygiène draconiennes.
La maison est bien construite et je n’ai pas eu froid dans le lit, c’est tout ce qui importe.





Toutes les familles désignées sont au débarcadère afin de nous accueillir.





Immédiatement, je me sens bien dans cet endroit hors du temps. Il n’y a pas de voiture, aucun bruit désagréable atteint le tympan, Seul les chants d’oiseaux et les doux flonflons de nos pas sur les sentiers empierrés sont perceptibles.










Les animaux font parti du paysage. Chaque famille possède quelques moutons qui restent dans un enclos le temps de la production agricole. Ils connaissent leur monde parce qu’il nous regarde comme des bêtes curieuses, ce que nous leur rendons bien.










Après avoir posé notre sac, et bu une infusion de muña fraîche (plante andine qui est bonne pour tout), nous montons sur une des collines qui domine cette partie de l’île. C’est le lieu sacré de « Pachatata ». Il n’y a que 300m de dénivelé mais à cette altitude monter compte triple.










C’est notre premier couché du soleil à 4000m.
Des enfants sont là pour vendre leur babioles…










Sylvio, notre hôte, a quasiment mon âge, mais contrairement à moi, c’est lui et non son père qui a vécu les plus grandes transformations dans sa vie de tous les jours. J’estime, en effet que c’est la génération des enfants des deux guerres qui a vécu les plus grands bouleversements dans leur vie à tous les niveaux. D’un espace limité à quelques kilomètres carrés, ils sont passés au monde entier grâce au développement des transports et des communications. Mon niveau de confort a peu varié depuis mon enfance alors que celui de mes parents a augmenté de façon spectaculaire. Avec une génération de retard, il s’est produit la même chose sur cette île. Sylvio nous racontait que lorsqu’il était jeune, il fallait deux à trois jours de navigation pour se rendre à Puno. Il nous montre un de ses objets précieux : sa bêche à deux dents (genre maxi-binette) avec laquelle il travaille sa terre (il n’y a pas de mécanisation, ici). Cela ne fait que quelques années qu’il l’utilise, avant il employait encore la bêche inca qui devait ressembler à peu près à ce que vous pouvez voir sur la photo ci-dessous. Cet outil, lui permet de travailler deux à trois fois plus vite. Les personnes ici, ayant développés des techniques élaborées de culture et de conservation des denrées alimentaires pouvaient vivre en totale autonomie et n’avaient nul besoin de quitter leur île, d‘où leur total isolement voulu ou non. Si l’on reconnait que les gens de la région et de plus loin ont la même culture de base, il est frappant de constater qu’espacés de si peu de kilomètres, les iliens et les gens de Puno aient des rites et des traditions qui leur sont propres.





Aujourd’hui chez Sylvio il y a l’électricité solaire, une salle de bain et des toilettes neuves (même s’il n’y a pas encore l’eau courante, mais cela viendra bientôt…) et il parle d’installer une douche solaire.
Le soir, nous sommes invités par les villageois à une petite fête. Après avoir été habillés par Sylvia avec une tenue traditionnelle, nous dansons avec les femmes et les hommes du village. Les musiciens qui jouent pour nous sont de jeunes adolescents, cela n’empêche pas le petit flûtiste de bien connaitre son répertoire. Nous avons, ainsi que les autres excursionnistes, beaucoup aimé ce moment de partage parce que l’on sentait que la joie des villageois n’était pas feinte mais venait bel et bien du cœur.





Les îles flottantes



Il ne s'agit pas du dessert du jour mais bel et bien de vraies îles flottantes, toutefois bien amarrées à l'aide de longues perches afin qu'elles ne dérivent pas.


Le lac Titicaca est le lac navigable le plus haut du monde 3750M. Sa superficie est telle qu’il héberge deux îles dont l’une est habitée par plus de 6000 personnes.

Près des rives de Puno, poussent des roseaux : des scrypus totora. Ils occupent un espace conséquent.




Depuis longtemps des familles ont trouvé le truc pour les « domestiquer » en quelque sorte. Il font tout avec. La tige épluchée peut servir de nourriture, les amas de racines de socle à l’île flottante, les roseaux de parterre, de murs pour les huttes, de bateau pour aller pêcher et chasser, de matériau de chauffage et j’en passe.




/> A l’entrée, le cap’tain demande où l’on doit aller. Quelques membres du village ont la responsabilité de diriger le bateau entrant vers telle ou telle famille, afin que les retombées soient équitablement distribuées.








Nous avons été accueillis par les femmes parce qu’ici ce sont elles qui commandent. Les hommes ne peuvent prendre de décisions qu’en ce qui concerne la pêche et la chasse (ça me plait, ça…).




Sandra brode devant nous pendant que l’on nous explique comment tout cela est possible. C’est passionnant et Sandra est vraiment adorable si bien que je lui ai acheté un truc peut-être pas complètement authentique mais cela m’a fait plaisir d’aider cette famille de cette façon.




La première question que j’ai posée à Maria Rosa notre guide locale qui parle très bien le français est:
Font-ils cela juste pour les touristes ou bien vivent-ils vraiment là ? Elle m’a répondu que oui, ils y habitent toute l’année néanmoins j’ai toujours un doute. Nous n’avons pas vu de quoi faire la cuisine et les huttes étaient quasiment vides (ok, ceci est argument issu de mon milieu culturel non du leur).
Deuxième question : Que boivent-ils ? L’eau du lac, ils sont immunisés depuis les temps immémoriaux qu‘ils la consomment. L’eau à peine salée (1g/L) est buvable mais elle ne peut pas servir pour l’irrigation.
Troisième question : Comment font-ils pour se chauffer la nuit quand les températures sont inférieures à -10° ? Il n’est pas possible de faire du feu dans la hutte aussi, ils chauffent des cailloux qu’ils mettent dans les lits néanmoins, il advient encore aujourd’hui que des enfants meurent de froid. L’âtre est posé dehors sur une matière ininflammable sans protection en cas de pluie. (pourvu qu’il ne pleuve pas, ce soir, lorsqu'il sera temps de faire cuire la soupe !).
Ils doivent replacer tous les trois mois les roseaux des huttes et du sol (un mètre de hauteur) et tous les quinze ans les racines, autant dire qu’ils ont constamment cette charge de travail en plus de leur travaux quotidiens.
Si vraiment ils vivent de cette façon, bravo, j’admire leur ascétisme et leurs croyances animistes.
Il y a une quinzaine de poissons différents qui vivent dans le lac. La truite, la perche mais aussi un petit poisson endémique le Karachi (ortho, nom scientifique ?) qui a un statut particulier du fait qu’il apporte beaucoup de nutriments. Les hommes ne font pas que pêcher, ils chassent les oiseaux comestibles (87 espèces vivent ici). Les produits sont troqués contre des légumes au marché où l’on reconnait les iliens de loin grâce à la spécificité de leurs vêtements.




Nous avons fait escale sur une autre île qui tend vers plus de modernisme. Les huttes ont des planchers et l’électricité solaire. Il y a un snack, un petit magasin et une poste. C’est la poste la plus atypique qu’il m’a été donnée de voir. Ce que j’ai surtout aimé c’est le pot de fleur.
Les touristes peuvent dormir là; s’ils sont en manque d’aventure. Les huttes sont construite en tôle ce qui est probablement plus étanche dans le temps.
Les barques sont construites ne roseaux et corde. Aujourd’hui pour les alléger, ils remplissent la coque avec des bouteilles en plastique glanées de ci de là sur la surface douce du lac.












Entre Cusco et Puno



Départ vers huit heures ce matin en direction de Puno à bord d’une belle voiture.
Nous avons Ignace comme guide, il va nous parler de la chapelle de d’Andahuaylillas. Sa particularité est d’être superbement décorée par des peintures murales et sur toile qui datent du 17°. L’entrée est payante et de grands panneaux indiquent que les photos et films sont interdits à l'intérieur. Elle est actuellement en rénovation, les artisans d’art s’occupent autant de sa consolidation extérieure que de redorer (au sens propre) son intérieur et notamment les boiseries sculptées en bois de cèdre.
Juste une petite photo de l’extérieur.




Ensuite, nous avons visité le site de Raqchi. Le temple a été construit avec un soubassement en pierre et des murs en terre cuite. C’est le bâtiment le plus important de la région. Du fait de ses deux pans de toit très pentus, et de la disposition de ses colonnes, il me fait penser à de l’architecture maori.








Des sortes de case (celle-ci a été reconstituée) servaient de grenier pour toutes sortes de récoltes. Il y a en une quarantaine sur le site.








Nous achetons un souvenir à une des marchandes du village pendant que les cloches de la petite église sonnent le glas.




En haut du col, d’autres marchandes nous attendent patiemment alors que les camions les snobent.








Nous sommes à plus de 4100m d’altitude. Le chauffeur est concentré, il doit faire l’aller/retour dans la journée (760km), s’ajoute à cela l’étroitesse de la route et la circulation peu dense mais bien présente, je ne peux pas décemment demander des arrêts photos. Je trouve enfin la solution en photographiant à travers la fenêtre. Je suis, en effet, passionnée par le paysage de ces hauts plateaux et particulièrement par les ciels. Les nuages semblent si proches que j’ai envie de les ramasser à la cuillère pour les mettre sur ma crème anglaise afin de m’offrir là, les meilleures îles flottantes du monde. J’ai fait plusieurs clichés, j’ai ainsi une collection de ciels à peindre pour les vingt ans à venir à moins que je ne décide de les vendre à des artistes comme modèle sur Ebay.
Les maisons sont toujours construites en adobe mais leurs toits est recouvert par de la paille ou des tôles. Je ne sais pas si c’est cela mais je leur trouve beaucoup plus de charme que dans la vallée.












Nous traversons la ville Julica, je sais d’emblée que je ne pourrai pas y vivre, puis la ville de Puno se dévoile, le lac Titicaca nous attend.











Autour de Cuzco



Sur les collines qui dominent la ville, il y a quatre sites archéologiques intéressants.
Nous avons pris un tour privé avec guide parlant français pour les visiter.
Tout de suite, on comprend mieux !
Il pleut, cela ne nous décourage pas, par contre je ne prends pas mon appareil, seule la caméra s’activera.
Une grande partie des sites sacrés sont en hauteur afin d’éviter les inondations.
Dans notre guide papier il est dit que l’on peut se faire déposer en voiture en haut de la montagne: (3750m), afin de visiter les quatre sites en descendant tranquillou. Le plus haut est à 11km du centre. Les rues sont désertes (le matin), nous n’avons pas vu de taxi. J’ai nettement préféré le faire en voiture, surtout que l’on marche déjà pas mal sur les sites.
Cuzco étant le nombril du monde inca, toutes les routes y menaient et les espaces cérémoniels y étaient importants.

Saqsayhuaman comportait de hautes pyramides dont il ne reste que les fondations, mais quelles fondations ! Les pierres de la base pèsent jusqu’à 300t. Elles sont taillées comme des pieux et enfoncées dans le sol. C’est une sorte d’iceberg en fait, la partie visible est moins élevée que la partie cachée. Cela devait être un travail de titan de les transporter, sans l’aide du moindre animal par les étroits chemins de montagne. Afin de les placer au plus juste, il était confectionné une maquette en 3D évidée (avec des genres de baguettes) de la pierre à tailler qui devait se placer entre trois ou quatre autres.

Le site était voué aux cérémonies dont la plus importante, la fête du soleil avait lieu le jour du solstice d’hiver le 21 juin.
Du point de vue, on domine la ville, il est possible de percevoir sa forme de puma, animal avec le serpent et le condor hautement symboliques.

Tambomachav est une source sacrée, joliment mise en valeur. L’endroit est plaisant, il faut essayer de l’imaginer avec des sculptures dans ses niches.


Pukapukara (traduction: la tour rouge) vestiges d’une ancienne place forte qui servait également de relais aux émissaires de l’inca. Étaient placés sur les kilomètres et les kilomètres de routes, des relais de cette sorte tous les 35kms environ.

Q’enqo est une grotte naturelle qui servait de « chambre froide » lors des rites funéraires. C’est ici que se préparait les momies.

Suivant aveuglément le guide, et préoccupée par je ne sais quelle singerie, j’ai failli tomber dans un trou sans fond qui n‘était absolument pas balisé. On ne se soucie pas beaucoup de la sécurité des gens dans ce pays, c’est un miracle qu’il n’y ait pas plus d’accident.

Les longues soirées péruviennes



Dès notre arrivée, nous sommes allés à l'Alliance Française afin d'emprunter des livres, bien nous en a fait parce qu'ici les soirées sont longues du fait de la froideur des nuits .
Les revues présentées à la médiathèque datent de 2003 et d'avant... Nous avons opté pour des polars et des classiques.
Je suis en train de lire "Le cri de la chouette" d'Hervé Bazin ; ces deux citations ont capté mon intérêt :


"La terre, c'est comme les femmes, n'est pas à celui qui la possède, mais à celui qui entre dedans".

"Il y a des jours où, la famille, on en a jusque-là. Il y a des jours où l'on sait que c'est une drogue, l'affection : ça vous tient, ça vous coûte, ça ne vous comble jamais et pourtant, dès que ça manque, vous voilà tortillé."

San Sebastian



Je déplore le trop peu de contact avec les populations locales, la barrière de la langue est un frein important aux relations possibles.
Contrairement à ce que l’on m’avait dit, ils ne sont pas plus sympa ni avenants qu’ailleurs. Ils ont comme tout le monde la tête dans le guidon et tirent la couverture à eux comme dans tous les lieux atteints par le tourisme de masse, nous en avons déjà fait les frais.

Je suis comme Saint-Sébastien, je me sens transpercée de flèches de part en part.
J’essaie de comprendre d‘où me vient ma perturbation. Je pense que lorsque l’on arrive dans un endroit qui est fort éloignée de sa culture, un temps d’adaptation est nécessaire ; en effet, il nous parvient quantité d’images, de sons et d’odeurs tellement différents que notre système émotionnel est à cran.
Notre intellect essaie de palier à cette invasion par la mise en place de liens avec ce qui est déjà connu. Cela n’est pas toujours bien heureux. Il n’est pas rare d’entendre dire que le nouveau fruit goûté ressemble à tel ou tel connu et de trouver que la silhouette d’une passante rappelle celle d’une collègue de bureau mais, cela ne suffit pas, les émotions sont trop nombreuses, trop fortes et trop neuves.
C’est comme un retour forcé à l’adolescence où l’on a pas encore appris à gérer tout ce fatras émotionnel qui nous tombe dessus. Cet état est fatiguant, je ne peux pas l’endurer longtemps.
J’ai besoin de retirer les flèches une par une et panser soigneusement les plaies, toute seule dans mon coin.
En ce qui concerne l’adaptation à un nouvel espace, je trouve que les hommes s’en sortent mieux que nous. Il faut dire que c’est un peu leur job ancestral.
Ils m’amusent tous, lorsqu’ils arrivent sur un lieu inconnu, il leur faut une carte. Se situer semble être une nécessité absolue et vitale.
Ne pas perdre le Nord surtout.
Ils adorent les points de vues avec le nom des montagnes gravé sur la pierre et la direction de leur sommet. Tout est bon pour se repérer, pour retrouver son chemin.
Le dernier truc à la mode le GPS couvre le summum de leur désir. Savoir à chaque instant où l’on se trouve, les mets instantanément de bonne humeur. Tout cela m’amuse mais d’un autre côté, je suis bien contente de ne pas avoir à m’occuper de ces détails qui, à coup sûr, me rendrait la vie insupportable en activant mes réserves d’adrénaline à leur maximum.
Il me semble que de savoir où se situer et retrouver sans coup faillir son chemin, leur permet de s’adapter plus vite que nous.

La vallée sacrée



Voici la vallée sacrée à travers la vitre du bus.




Ces deux derniers jours, nous avons fait des excursions touristiques en car à travers la vallée sacrée.
Beaucoup de kms, d’argent et de fatigue pour voir les pierres incas. Peu d‘émotion et le souffle coupé par les ascensions.
Le plus émouvant est le lieu. Pas étonnant que la vallée ait été habitée depuis fort longtemps et qu’elle ait acquis ce statut, n’importe qui en s’y baladant aurait décrété la même chose.
Je suis émue aussi par les paysans, enfants et adultes, entraperçus au travers de la vitre. Ils cultivent à flan de montagne leur terre, là où nous n’oserions à peine posé le pied tellement c’est à-pic. L’altitude leur donne des pommettes violettes, cela s’harmonisent bien avec leurs vêtements traditionnels. Leur labeur pourvoit à notre quotidien, sans eux, nous ne pourrions pas être ici.
Les excursions avec par car, un chauffeur émérite et un guide qui parle anglais et espagnol sont inévitables vus les distances néanmoins si vous êtes riches, préférez les tours privés. Les guides ont tendance à nous dire :
"Vous avez une demie-heure et nous repartons" et de prendre plus de temps quand leur copines ont des trucs à vendre.
Je voudrais exactement le contraire mais je ne suis pas riche.
Visite d'un temple :



























Visite d'un ancien site agronomique :








Spectaculaires, ces salines à flan de montagne. L'eau qui y coule est chaude et très salée. Pour y arriver la route est très dangereuse. C'est la première fois que j'ai le vertige en car. Les routes sont souvent envahies par de grosses pierres qui dévalent des talus, cela fait peur. L'érosion ici, n'est pas un concept intellectuel mais quelque chose qui se vit au quotidien.












Les musées



Nous avons commencé notre visite par le musée d’art contemporain. Apparemment tous les musées du Boleto dépendent de la municipalité. Ils sont petits et on fait vite le tour, dans certains il est interdit de prendre des photos alors que dans d’autres c’est possible.
C’est un ancien couvent (il y a en beaucoup ici) qui abrite le musée d’art contemporain.




Dans la salle d’expo temporaire un artiste nous fait entrer dans son monde un peu sinistre mais intéressant. Les tableaux sont peints à l’acrylique et en vente environ 100 euros (je n’ai malheureusement pas retenu son nom). Peu de choses vous disais-je si ce n’est une série de tableaux naïf peints dans les années 70.
















Dans le musée d’histoire régionale quelques belles pièces de poterie et surtout une belle architecture.












Celui de Qorikancha fait redondance et à en plus la mauvaise idée d’être situé dans un souterrain.
Ici le temple du même nom :




Pérou



Nous sommes à Cusco au Pérou.
3400m d’altitude cela se sent dès la montée des escaliers dans la maison où nous avons loué une chambre. Nous l’avons choisi parce qu’elle est située en bordure du centre ville où nous allons souvent.
Je dois m’adapter à cette nouvelle ville et aux us et coutumes de ses habitants. En voyage notre capacité d’adaptation est souvent mise à rude épreuve. C’est perturbant sur le moment si bien que parfois, l’on apprécie les lieux bien plus tard quand le cerveau a éliminé les petits inconforts quotidiens pour ne garder que les bons moments.
J’ai froid.
Je savais qu’en venant ici, j’aurai froid c’est pour cette raison que je me suis équipée en conséquence et mes choix ont été efficaces puisque, en extérieur, je supporte les températures basses avec les vêtements que je porte. Ce que je n’avais pas prévu c’est que j’aurai froid à l’intérieur.
Dans notre société, depuis la nuit des temps le chauffage des maisons est quelque chose de primordial. Beaucoup d’énergie en travail et en ressources naturelles sont dépensées afin de garantir tout au long de l’année des températures douces.
Ici, la nuit il fait environ 7° en ce moment (en juillet/août cela descend encore plus) et la maison ne dispose pas de chauffage, gla-gla.
Il est vrai que la journée toute l’année il fait chaud et que les verrières la réchauffe un tant soit peu bien insuffisant pour moi. Nous sommes obligés de nous doucher le matin après 9h pour ne pas congeler. Je retrouve des gestes ancestraux perdus comme de frotter le linge à l’eau froide parce que dans toute la maison il n’y a de l’eau chaude que pour se laver. Par un système astucieux (mais peu sécuritaire) l’eau est chauffée électriquement lorsqu’elle arrive dans la pomme de la douche. Il n’y a ainsi pas de perte d’énergie en chauffant des réserves qui ne serviront peut-être pas (sauf lorsque je suis dans les parages…).
Oui, j’ai du mal avec cela. J’ai acheté un bonnet pour dormir la nuit et j’ai emprunté un pull en polaire à Alain.
Sinon, la maison est sympa ainsi que les propriétaires, c’est propre et nous disposons de grands espaces de vie.
Aujourd’hui nous avons commencé à visiter les curiosités de la ville. Cela va se continuer pendant une semaine puisque nous avons acheté « el boleto  touristico » qui nous permet d’entrer dans plusieurs lieux culturels.
La visite est celle du musée qui accompagne l’église Merced. Les plus belles pièces sont cachées dans de salles sombres et inaccessibles aux photographes mais le cloître du couvent se laisse gentiment faire.
















Nous déjeunons dans un bon restaurant pour 30 euros par personnes, c’est très bien et le service est impeccable. Dans la ville, il y a comme c’est le cas ici de nombreuses cours intérieures du 16° siècle et de petits balcons accrochés aux fenêtres, cela me fait penser à Roméo et Juliette.




La cathédrale et la place des armes : cœur de la ville où des vendeurs à la sauvette ne cessent de nous solliciter pour vendre leurs breloques.




Dans la rue :












Les fleurs du désert



Cela n'était plus la saison des fleurs dans le désert alors j'ai fait ce que j'ai pu.
Ok, les cactus ne sont pas des fleurs mais il faut bien que je me rabatte sur quelque chose, en plus c'était la première dois que je voyais ce genre de plantes dans son milieu naturel.




Tout près de là des vraies fleurs mais cela reste timide tout cela.








Sauf pour les géantes :




Dans le désert de sel, seules des algues représentent leur règne.




Sur les altiplanos les touffes d'herbe que consomment les vigognes (du moins je le suppose, il n'y a rien d'autre) et cette espèce de plante/mousse protégée qui ne pousse que de 1mm par an.





Et une banale mais sa rareté en ces lieux hostiles la rend précieuse.



San Pedro



Je n’ai pas lancé
De pièces
Dans le lac salé
Je ne sais
Si je reviendrai
Goûter le sel
De cette terre.
Où dominent,
Tout en parvenant
A se conjuguer
Avec sérénité,
L’azur, le blanc et le pourpre
Je pars,
Des ailleurs inconnus
Foisonnent encore
Alors que mon temps
Lui, s’éteint peu à peu,
Irrémédiablement.



C’est avec une tristesse diffuse que j’ai quitté le désert de l’Atacama.
Les images restent présentes encore dans mon esprit mais pour combien de temps?
Un voyage, c’est un peu comme un livre aimé. S’il devient précieux, il reste des années dans la bibliothèque avec le désir d’être lu à nouveau mais il y a tellement d’autres livres qui attendent de l’être que plus la poussière se dépose sur sa tranche et plus il perd son attrait.
Lorsque un lieu devient comme un dieu, et que pour lui plaire, je jette dans ses eaux quelques menues monnaies, c’est toujours avec l’espérance d’un retour possible mais, d’autres lieux attendent leur pièce. Cela pourrait être sans fin si je ne prenais, à chaque lancé, la mesure du rétrécissement de mon temps imparti en pensant à l’immensité de notre monde.


Laissez moi vous emmenez en promenade dans le village de San Pedro.
Voici la plus ancienne maison du village, elle a été construite en 1540. Un peu de bois de la paille et de la terre cela suffit à abriter du froid et de la chaleur.
Les toits sont recouverts de terre, c’est un super isolant naturel. Aujourd’hui elle est posée sur des tôles mais apparemment autrefois c’était sur du bois.
A l’intérieur, même en pleine chaleur, il fait frais. Je ne sais pas ce que cela peut donner en hiver. Je me demande ce qui se passe lorsqu’il pleut (rarissime heureusement), la terre doit dégouliner de partout.





L’église est charmante. D’autres entraperçues ont le clocher à part du lieu de culte et des statues habillées de beaux vêtements en tissus brodés.




La place carrée est ombragées par de vieux arbres à feuilles minuscules et fleurs rouges, le sol est pavé alors que notre rue me rappelle le temps de cow-boys et des indiens en étant en simple terre battue.












Il y a très peu de voitures, elles ne sont pas les bienvenues semble-t-il. J’aime bien marcher dans ces ruelles sans devoir supporter les gaz d’échappement des voitures.
Elles abritent à la queue leu leu des échoppes de souvenirs divers, des hôtels, des restaurants, des tours operators (pas toujours dans cet ordre…) C’est très touristique mais sympa. Il faut dire que nous avons évité la haute saison qui s’étale de décembre à fin février. A ce moment là, c’est parait-il complet partout.








Les restaurants font de la bonne cuisine mais cela reste assez cher (15 euros le plat) dans l’ensemble sauf si l’on prend le menu du jour. Une mention spéciale au restau « Chez Michel » tenu par un français qui fait des portions pour jeunes venant de monter et descendre en vélo les côtes de l'altiplano. Son verre de vin équivaut à une demie bouteille…
L’hôtel où nous étions le San Raul n’était certainement pas le mieux mais, à peine excentré, il nous offrait des nuits d’un calme absolu. Un espace extérieur sympa, l’accès gratuit à internet et des réceptionnistes vraiment avenants étaient ses atouts par contre lorsque rentrés tard d’excursion, nous nous lavons à l’eau froide, nous oublions de chanter sous la douche. Nous ne sommes pas contents surtout que le prix est honnête (100$US par nuit). Nous avons demandé de changer de chambre après la première nuit parce que l’ancienne était minuscule. Nous avons eu droit à la chambre « handicapé » plus spacieuse.
Partout dans le désert, il est demandé de ne pas jeter de papier toilette dans les cuvette des WC. Cela n’est pas facile à supprimer plus de cinquante ans de pratique, j’avoue que j’ai fauté (bouh).
Si vous avez d’autres questions d’ordre pratique laissez des commentaires j’essaierais d’y répondre.

Le salar



Le salar d'Atacama est le troisième plus grand du monde. Cette formation est possible parce que les eaux chargées de sels minéraux descendant des Andes ne peuvent pas se rendre à la mer parce qu'une autre chaîne de montagne les en empêchent.
Les eaux restent là et depuis des milliers d'années les sels se déposent formant une couche de plus un kilomètre de hauteur. J'ai goûté au sel de cette terre et vu son sang.
La lagune abrite une colonie de flamants roses pas farouches qui s'occupent bien peu de notre intrusion. Cet espace apporte une grande paix intérieure, c'est tendance Zen.




















J'ai pris des chemins de traverse, boudés par les touristes et j'ai eu l'immense chance de voir un des deux reptiles endémiques au salar. Il a posé pour la photo avant de disparaître dans un trou. La première question est : De quoi se nourrit-il? et la deuxième : Pourquoi sa queue semble être enroulée d'un fil blanc?




Avant de repartir pour les hauts plateaux, nous nous reposons à la maison du parc national des Flamengos.





L'après-midi, nous le passons sur les hauts plateaux andins au milieu des vigognes, altitude 4160m, près des lagunes Miscanti et Meniques. La courte marche que nous faisons finie par m'achever. Je souffre du mal des montagnes, c'est bien pire que le mal de mer. J'ai envie de m'arracher la tête.

Je me sens aussi mal qu'au réveil d'une anesthésie générale. Je déjeune à peine malgré la bonne odeur des légumes grillés par Léo. Cela durera tant que nous ne serons pas descendu à San Pedro. Mon seul réconfort est que cela me fait une bonne expérience pour Cuzco où je m'attends au pire.
















Extrême suite



Le soir, nous sommes partis visiter la vallée de la mort et la vallée de la Lune.
En fait un curé avait donné le nom de vallée de Mars à la première mais avec une déformation de la langue (que je ne pourrai pas préciser vu mon niveau en espagnol) cela s'est transformé en vallée de la mort.
Je tente un saut de l'ange avant de la descente de la dune.








Le site est intéressant, nous croisons des jeunes qui s'essaient au sand surfing. La lumière qui commence à descendre crée de belles ombres.










Dans l'autre vallée pour tous ceux qui aiment la lune un cœur est gravé sur une mince plaque de sel. Le soleil se couche devant ses adorateurs comme au temps des Incas. Partout le silence.



























Extrême



Je n'avais pas tout bien lu sur la brochure de l'excursion que nous avons faite jeudi matin.
Il est toujours compliqué de défaire de ses aprioris. En fait, l'on passe sa vie à cela, chaque expérience devrait être la dernière et pourtant...

Je pensais que dans les déserts, il faisait chaud donc je me suis mise en short pour aller voir les geysers de Tatio. Ce que je n'avais pas vu c'est que ceux-ci se trouvent à 4321m et au lever du soleil à cette altitude, il fait froid, très froid.
A priori, je n'étais pas la seule à avoir froid parce que les autres touristes ont emprunté des couvertures à Léo notre guide. Cela donnait une ambiance quelque peu fantomatique accentuée par le manque de lumière.
















Pour ceux qui le voulaient, il était possible de se baigner dans les eaux chaudes des piscines thermales naturelles. Pour ma part, mon maillot encore mouillé de la veille assorti à la température m'ont découragé mais j'ai trempé mes jambes, histoire de pouvoir le raconter à mes petits enfants.

Léo nous a réchauffé avec ses crêpes et son café, installés confortablement sur des chaises et assis à table nous avons pris un petit déjeuner inoubliable. Des vigognes peu soucieuses de notre plaisir gambadaient non loin de là.








Sur le chemin du retour, nous croisons encore des vigognes, puis nous nous arrêtons pour voir les cactus et les plantes à plumes (terme garanti non académique).












Ce que vous attendiez tous



Nous sommes à Santiago, à peine de retour du désert de l'Atacama où nous avons passé trois jours.
Nous venons tout juste de ressentir notre deuxième tremblement de terre, le premier était dans le Salar de l'Atacama. Là-bas, nous avons vécu plusieurs "première fois". Court voyage mais intense à la mesure de la beauté des paysages.
J'ai fait de nombreuses photos au cours des quatre excursions que nous avons faites. Sur un site d'exception comme celui-ci n'importe qui en est capable. J'ai donc essayé de faire mieux que d'habitude pour certaines et de simples informatives pour d'autres.
Le mercredi soir après une matinée de repos nous montons dans le camion-car Grado 10 (notre tour operator) pour les salines de Cejas. Un espace est réservé là, pour des bains hyper salés comme en mer morte. C'est amusant de flotter entre deux eaux mais moins drôle après de se sentir recouvert de chlorure de sodium. Nous nous rinçons rapidement à l'eau douce avant de prendre l'apéro devant la saline. Après une gorgée de téquillia, comme je vois tout bouger autour de moi, je pense "Costaude la tequillia ici" mais non, le camion bouge bien tout seul, il est drôlement secoué de gauche à droite. Il n'y a aucun bruit mais l'impression dure plusieurs secondes. Le lendemain nous apprendrons qu'un tremblement de terre d'échelle 6 et quelques a bien été ressenti dans la ville de Calama proche d'une centaine de km.
Au Chili, il y a un tremblement de terre par mois et un éprouvant tous les dix ans environ. En dix jours, il y en a eu trois, bien...
Nous sommes restés jusqu'au coucher du soleil, au moment où les montagnes deviennent dorées et où les ombres s'allongent jusqu'au ciel.


























Le débarquement









Princess Cruises est une compagnie très organisée, néanmoins quand un communard vient à bloquer l’hélice du bateau, tout s’écroule, et c’est un peu la panique à bord.
Après une heure de queue au bureau des passagers pour avoir en fin de compte que bien peu d’informations pertinentes, Alain décide que nous débarquerons le lendemain et prendrons un bus pour nous rendre dans le désert de l’Acatama. C’est en rentrant du restau vers 10 heures qu’une feuille glissée sous la porte nous apprend que nous devons laisser nos bagages dans le couloir parce qu’ils seront enlevés pendant la nuit.
Première étape, perdre quelques degrés d’alcool dus à une trop grande gourmandise pour le vin chilien ensuite mettre tout dans les valises ce qui n’est guère difficile parce que nous n’avons rien acheté lors des escales, mais quand même.
Alain part chercher les étiquettes nécessaires au convoyage et ne revient que deux heures après, un peu furieux, vous vous en doutez bien.
Nous sommes convoqués pour 8h30 le lendemain et nous ne serons appelés qu’une heure plus tard. Le bateau est appareillé le long du quai commercial. Un bus nous attends pour nous déposer à la gare maritime, se faisant nous traversons des hectares de containers géants empilés les uns sur les autres. Valparaiso, s’il n’est plus le grand port d’autrefois reste malgré tout, imposant. La gare maritime est un immense dock. Là, circulent dans tous les sens de nombreuses personnes, travailleurs badgés, uniformisés, touristes en chaussures d’été.
Et nous, perdus au milieu de toute cette activité grouillante, nous nous demandons où récupérer nos valises. Nous en trouvons, en tas, par ci par là, à des kilomètres les unes des autres, enfin nous voyons des étiquettes marron et les nôtres sont bien là. Il n’y a aucun contrôle effectué, malhonnêtes comme nous sommes, nous aurions pu les récupérer et dire que nous ne les avions jamais eus. La compagnie mise sur l’honnêteté de ses clients, c’est beau.
Normalement, il était prévu que le couple royal en sortant du bateau soient emmenés en bus jusqu’à l’aéroport et de là, par voie aérienne, atteindre tranquillement leur destination du jour : la ville de Calama. Une continuation de la vie de château toute en douceur et en simplicité, donc.

Eh bien, la vie est ainsi faite que parfois les princesses se retrouvent misérables, leur chute est à hauteur de leur célébrité.
Aidé par notre chauffeur de taxi, nous trouvons la gare routière sans trop de problème, ainsi qu’un passage pour la ville du nord, néanmoins le départ est prévu à 11h du soir et nous sommes midi.
Le centre ville de Valparaiso ne présente aucun attrait (la ville aimée par mes amis doit être ailleurs, un peu plus loin peut-être). Je suis lasse et nous cherchons un hôtel pour nous reposer. Celui-là fera l’affaire, il a une belle porte d’entrée (cela compte les belles portes). Il s’avère être un hôtel sordide à souhait. Nous nous en accommodons pour une courte sieste. Il faut parfois prendre la mesure des choses pour apprécier ce que la vie nous offre de meilleur (je sens que cette réflexion va plaire à Didi). C’est parti pour 24 heures de car.
Bercés et endormis fort tard dans la nuit, il est 9 heures du matin lorsque nous nous réveillons. Cela fait à présent 5 heures de cela et depuis, nous roulons dans un désert en direction du nord parfois comme présentement nous sommes tout près de la mer. Cela pourrait paraître ennuyeux, pas du tout.
Les couleurs, la texture des terres varient, si bien qu’il y a toujours quelque chose pour capter le regard.
Les nuances de couleurs sont subtiles. La terre a une couleur chair avec des différents degrés de carnation allant du beige clair au brun voire pour certaines roches au noir. Au loin, les montagnes sont roses virant par endroit au violet.
Au milieu de toute cette horizontalité, le moindre élément vertical, un rocher, un arbre, un panneau publicitaire attire le regard qui prend alors tout son temps pour le détailler. Je ne m’ennuie absolument pas à admirer ce paysage rude mais c’est long et fatiguant.








Puerto Montt

Malgré les problèmes que connait le pays en ce moment, nous avons pu faire la sortie prévue à Puerto Montt, Rafting sur une belle rivière de Petrohue Falls dans Alerce National Park.
Dans le brouillard du matin avec un petit 16°, je ne souris pas trop. Nous sommes une vingtaine répartis sur trois bateaux pneumatiques.
On nous habille de pied en cape, ce qui nous amuse beaucoup, nous sommes ainsi protégés des minuscules mouches qui piquent. Les consignes de sécurité au lieu de me rassurer me terrorisent si bien que je dis Adieu à Alain avant d’embarquer. Je joue mon rôle de blonde de service à merveille et je parviens ainsi à être placée tout prêt de notre sympathique pilote Raoul et à tenir la corde en lieu et place de la pagaie.
La rivière est juste comme il faut pour nous arroser complètement , nous remuer dans tous les sens comme dans un shaker. C’est fort amusant. Cela me rappelle certains manèges dans les parcs d’attraction. Tous les participants adorent. La pureté de l’eau nous permet d’apercevoir les galets dorés du lit de la rivière s’ajoute à cela le bleu du ciel parfois coupé par le vol de grands oiseaux cousins des condors, en fond le volcan drapé de blanc rappelle des ailleurs mythiques.
La route que nous avons emprunté pour nous rendre au Parc traverse une vaste plaine verdoyante et bucolique à souhait. C’est beau comme un cadeau de Noël, si ce n’était la température trop fraîche pour un plein été, l’endroit donnerait envie d’y poser son sac.
Peu de photos vous vous en doutez bien, à la fin du parcours la rivière calmée, nous offre un paysage tranquille.