Nous avons visité la vanilleraie du domaine du Grand Hazier.
Son tenancier est un véritable livre ouvert sur tout ce qui concerne cette orchidée et sa culture réunionnaise.
I’ile de la Réunion a été le premier pays où un jeune esclave a réussi à marier la fleur pour donner la fameuse gousse. Pendant des dizaines d’années elle a été le premier producteur mondial de vanille.
Le marché étant devenu petit à petit très difficile, à cause de concurrence de Madagascar, les producteurs de la Réunion visent la qualité supérieure, celle qui intéresse les grands cuisiniers et pâtissiers de renom.
Depuis le mariage de la fleur jusqu’au moment de la vente, il se passe trois ans pendant lesquels la gousse de vanille Bourbon subira de nombreuses manipulations impossibles à mécaniser. J’ai été fascinée par le soin avec lequel le traitement est effectué et le temps que cela prend. Je trouve in fine que cela n’est pas cher payé. Un peu comme avec la truffe, cela semble à priori très onéreux mais lorsque l’on connaît tout le travail que cela demande, on trouve cela presque dérisoire.
J’ignorais que la vanilline se trouve autour des graines noires contenues dans la gousse (je croyais qu’elle était contenue dans la graine elle-même …binp). C’est une sorte de ciment protecteur de la graine (si j’ai bien compris). Donc, plus il y a de graines et plus il y a de vanilline, mais aussi plus la gousse est longue et plus elle contient de graines donc, tout cela nous donne une première info à retenir lors de son choix d’achat : Plus la gousse est longue et plus elle sera riche en vanilline donc en goût.
Une fois la gousse tuée par trempage dans de l’eau chaude, il faut l’étuver afin qu’elle ne s’ouvre pas, elle est ensuite séchée plusieurs jours au soleil et retournée souvent.
Elle reste ensuite dans les caisses pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce que de l’huile jaunâtre sointera petit à petit de la gousse et la fera briller. Cette huile à un rôle protecteur.
Deuxième critère de choix : Au touché la gousse doit être légèrement huileuse et laisser sur les doigts des traces jaunâtres.
Pour les conserver et les empêcher de sécher, il est nécessaire de les mettre à l’abri de l’air. Un bocal étroit en verre (type asperge) fera bien l’affaire à la maison, mais ici elles sont attachées les unes aux autres le plus serré possible afin qu’elles gardent leur humidité. Avant de les lier, elles sont mesurées une à une afin que les fagots soient égaux.
Troisième critère de choix : Une bonne gousse doit être pulpeuse et souple, dès lors qu’elle perd cette souplesse, elle perd aussi ses qualités organoleptiques.
Un plant de vanille mutant, bizarrerie de la nature....
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