Nous changeons d’hôtel, nous nous rapprochons de la plage d’Ambatoloaka.
Le « Clair de Lune » est sympa, les cases traditionnelles sont très sombres mais confortables, il y a de l’eau chaude… Une piscine et un beau jardin tropical agrémentent l’espace extérieur.
C’est malheureusement mal placé et trop enfermé de plus, le patron un français à l’abord sympa n’est pas du tout ce qu’il parait être.
A l’heure du déjeuner (parce que l’hôtel n’est qu’un hôtel) nous descendons le chemin qui mène à la plage. Celui-ci est transformé en rivière et par endroit nous avons de l’eau jusqu’aux mollets. Un enfant profite de cette aubaine et joue aux petits bateaux avec des bouchons bleus de bouteille d’eau et des boîtes de concentré de tomate rouges.
Nous déjeunons à la gargote « Chez Mama » ; nous y mangeons des plats locaux pour trois fois rien.
De vieux européens sont attablés avec de jeunes malgaches. Ici nous sommes dans le quartier chaud de la ville, là où le tourisme sexuel bat son plein.
Les hommes nous rebattent les oreilles en disant qu’ils ne comprennent pas les femmes mais jamais il ne leur vient jamais à l’esprit que pour nous, c’est exactement la même chose.
Je ne comprends pas ce que viennent chercher ces vieux auprès de ces très jeunes filles.
A cette question des hommes croisés à l’hôtel me répondent :
- Les pauvres, ils sont seuls, c’est pour rompre leur solitude.
- Ils sont là parce qu’après 50 ans bobonne ne veut plus les satisfaire.
- C’est le plus vieux métier du monde, cela existera toujours.
- Ici, la prostitution n’a pas la même valeur que chez nous, il est normal qu’une femme demande un cadeau après avoir fait crack crack même avec son mari (sic).
- Avec le prix d’une passe en France ici, on peut avoir une fille pendant tout un mois.
On atteint le fond là …
C’est étrange qu’à aucun moment ils ne pensent aux jeunes filles ni à ce qu’elles subissent. Heureusement que certaines d’entre elles tirent leur épingle du jeu en jouant la carte de l’émotion pour se faire envoyer une petite rente mensuelle par leur vieux comme au temps des grandes cocottes.
Pour moi, un acte sexuel doit être un acte de liberté entre deux adultes responsables et consentants. Dès lors qu’il y a une pression quelconque sous quelle que forme que ce soit (argent, violence, ascendance) la relation devient inepte et engendre un malaise voire une douleur indélébile.
J’ai du mal à comprendre comment les hommes peuvent se prouver à eux-mêmes leur virilité quand ils payent et surtout quand ils décèlent dans les yeux de leur victime une marque de dédain, de douleur ou de grande indifférence. C’est totalement obscur pour moi, c’est hors de moi.
Un plaisir s’il n’est pas partagé n’est que poussière au vent.
1. Le jeudi 21 janvier 2010 à 21:48, par Estelle
2. Le jeudi 21 janvier 2010 à 21:48, par Estelle
3. Le jeudi 21 janvier 2010 à 22:30, par nicole
4. Le vendredi 22 janvier 2010 à 10:45, par Diane
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