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Le carnet de route de la famille Rolly


Slow and furious

Je suis furieuse.
Je suis allée voir un médecin qui se targue d'être médecin du sport.
Je me suis rendue à son cabinet afin d’avoir des informations sur la ligne de conduite que je dois adopter, en sport, après la maladie.
Il a totalement éludé le sujet.
En analysant après coup son discours et sa manière de procéder en communication, je peux dire qu’il a essayé de m’embobiner pour me vendre une série de cinq piqûres.
Pour moi, c’est un charlatan dangereux.
Charlatan parce qu’il a essayé de me vendre ses piqûres et dangereux parce qu’il a habituellement affaire à un public qui est affaibli par la maladie et souvent crédule.
Ce monsieur, pourra toujours dire que j’ai mal compris ce qu’il m’a dit, mais moi, je sais bien ce que j’ai entendu et comment il l’a dit. Il est très fort au niveau de la communication. J’ai analysé son discours et c’est le résultat de celle-ci qui me pousse à affirmer cela. Il donne l’illusion d’expliquer les choses (petits dessins à l’appui) mais en fait ne dit que des choses banales sans réelle résonance scientifique pire, je suis sûre qu’il m’a dit des choses fausses. Il discrédite la corporation, premièrement en me disant que toutes les personnes qui viennent dans son cabinet arrivent avec un diagnostique erroné (c’est d’ailleurs, la première chose qu’il m’a dit « Vous n’avez jamais eu de cruralgie » (sic)) et deuxièmement en essayant de faire du fric sur le dos des malades et des caisses de remboursement.
J’ai honte, à présent, d‘envoyer ma feuille de remboursement à la Cafat et à la Mutuelle, c’est vous dire dans quel état que cette histoire m’a mise.

Au parc



Samedi après-midi, la Culture se cachait




sous une feuille de ....



Dans les sous-bois clairsemés de la forêt sèche du Parc Forestier.




Jean-Pierre nous a enchanté par son érudite causerie sur les palmiers.
Nous sommes repartis la tête remplie de fraîcheur aux consonances latines et de bonheur verdoyant.




Psychologie de salon 3



Pour les nouveaux lecteurs, je précise que la série des "psychologie de salon" doit se lire dans l'ordre des numéros.

Pour nourrir ses besoins il faut :
1) Sentir ce dont nous avons besoin, être conscient de l’inconfort, pour ce faire il est parfois nécessaire d’écouter son corps, il ne nous ment pas.
2) Demander ce dont nous avons envie.
3) Participer, coopérer.
4) Sentir la satisfaction et le partage.

Afin de bien comprendre ce qu’est un besoin nous devons apprendre à différencier – Besoin – Désir – Manque.
Besoin -----nous avons fini d'en parler.
Un désir se manifeste par une tension, un mouvement vers quelque chose ou quelqu’un que nous entrevoyons comme source de satisfaction et de plaisir.
Il n’a pas obligatoirement besoin d’être satisfait. Un désir exprimé n’est pas une demande, même si, il est important qu’il soit entendu, il n’a pas forcément à être exaucé.
Un manque se manifeste par une tension, une souffrance en rapport avec ce que nous n’avons pas eu dans le passé. Il est illusoire de vouloir aujourd’hui satisfaire les besoins du passé.

On accède à l’autonomie quand :
1) Dans le présent : On est capable de répondre à ses besoins.
2) On parvient à laisser s’exprimer ses désirs dans le présent, ils pourront peut-être devenir une réalité dans le futur.
3) On fait le deuil de ses manques, ils appartiennent au passé.

Psychologie de salon 2

Les besoins sont hierarchisés.
Il n’est pas possible de passer au niveau supérieur sans avoir satisfait celui d’un niveau inférieur.
Pour être sûr d’être toujours au niveau 5, il faut que les autres niveaux soient solides.


Niveau 1 : Sécurité physique
Besoin de territoire, besoins physiques, besoins physiologiques.

Niveau 2 : Amour
Relation, appartenance, aimer et être aimer.
Communiquer, être en relation, échanger est essentiel.
Pour nourrir sainement nos relations, nous devons savoir :
Recevoir ---- C’est s’ouvrir et recueillir tout ce qui est croissance pour soi.
Donner ----Offrir sans attendre de retour.
Demander -----Exprimer à l’autre son souhait.
Refuser -----C’est poser ses limites, c’est garantir la confiance et fiabiliser les « oui ».

Il est parfois nécessaire dans les relations de couple de dire et demander directement ce dont nous avons besoin sans attendre que l’autre devine.

Niveau 3 : Reconnaissance
Considération, approbation, confirmation.
Ce besoin est primordial, il est à donner et à recevoir très souvent.

Niveau 4 : Réalisation de soi
Réaliser son être, concrétiser, affirmer ses talents.
C’est le besoin que nous avons de nous réaliser, de traduire par des actes, des choses concrètes ce que nous sommes et ce que nous sentons.

Niveau 5 : Sens
Savoir et comprendre, donner sens à la vie, sa vie.
C’est du ressort, de la responsabilité de la personne elle-même, personne ne peut donner sens à la vie des autres.
Il n’est pas ici toujours question du sens global de la vie. Ce qui importe c’est le sens que lui attribue une personne à un moment donné.

Psychologie de salon 1

Je viens de finir de lire, bien installée sur mon canapé (cf : le billet d'hier, j'espère que vous êtes attentif et que vous suivez.....)un livre que m'a prêté mon amie Anne.
Anne, ma chère Anne, ne vois-tu rien venir?
J'ai repris les idées maîtresses du livre que je vous livre ici, parce que j'ai trouvé pertinent cette façon de voir et d'expliquer les choses.
Je le ferai en trois parties, histoire de vous garder, cher lecteur, en haleine.
Le livre traite de l'autonomie et des besoins, voyons cela ensemble.


Il est nécessaire de trouver son autonomie pour vivre harmonieusement avec soi-même.
L’on est toujours dépendant de quelque chose, cela n’empêche pas de rechercher à être autonome le plus possible.
Pour parvenir à l’autonomie, on doit :
a) Savoir faire des choix.
b) Prendre des décisions.
c) Etre cohérent avec soi-même.
d) Etre conscient du pourquoi on suit la loi.

Etre autonome c’est avoir la capacité d’agir au mieux de ses intérêts, tout en respectant ou en favorisant ceux d’autrui. C’est prendre en compte ses propres besoins, tout en respectant ceux des autres.
Pour parvenir à l’autonomie, on doit sentir ses besoins afin de pouvoir les satisfaire mais, attention, l’on peut perdre le contact avec ses vrais besoins, alors, on devient incapable d’y répondre.

C’est la prise en compte et la satisfaction de nos besoins qui garantit notre bien-être.
Le besoin se manifeste cycliquement. Il n’est donc pas satisfait une fois pour toute.

Si le besoin est satisfait, tout ira bien.
Si le besoin est partiellement satisfait, cela va générer un sentiment de frustration.
Si le besoin est non-satisfait, cela entraîne la destruction, la dévalorisation, la souffrance.
Un besoin partiellement satisfait mais qui se continue sur le long terme peut aboutir également à la destruction.

Je tricote



Je suis allée ouvrir mon grand placard gris.
J’ai fouillé, fouillé jusqu’à retrouver
Mes longues aiguilles à tricoter
Je me suis bien installée sur mon canapé,
Et j’ai commencé mon ouvrage.
Maille après maille, je me reconstruis.
J’ai pris la mesure de ce qui est important,
Laissé de côté ce qui ne fait pas partie de moi,
Concentrée sur ma propre globalité.
Les mailles sont encore trop lâches.
Et le résultat pas encore à la hauteur.
Mais, la tâche avance, même si c’est de peu.
Dans quelques jours, c'est sûr, j’irai bien mieux.

Carnaval

Le carnaval 2009 a été une belle réussite pour notre troupe "Martine, Mireille & co".
Notre char, créé et mis en place par notre organisatrice émérite Carole, a remporté un vif succès auprès des spectateurs venus nombreux applaudir les danseurs.
Je n'ai pour ma part que pris une partie très peu active pour la préparation et le défilé. Je suis restée derrière tout le monde, à marcher tranquillement et à distribuer quelques bonbons aux enfants.
J'ai néanmoins énormément apprécié d'être là, pour profiter de l'ambiance festive et des spectateurs que j'ai trouvé très en phase avec nous tous. Ils nous ont applaudi généreusement, ont répondu aimablement à nos tatas et ont pris un grands nombre de photos.
Il y a une vidéo du carnaval (cliquer ici pour le lien) si vous voulez vous rendre compte un peu du spectacle. Elle est de très mauvaise qualité, les couleurs sont entièrement brûlées à cause des projecteurs mais elle dévoile que les participants étaient nombreux et avaient envie de montrer par leurs musiques et leur danses qu'ils avaient envie de faire la fête.


Mon costume :













Avant le départ :





Notre char :
















Nos cartes à jouer à percussions :




Nos danseuses fleurs :




Trop chou

Un dessin pour les copines.....




Un peu mieux

Je vais bien mieux après ma consultation chez le docteur Tempelgof, rhumatologue. Il s'est montré très professionnel et judicieux.
Je souffre d'une cruralgie : névralgie du nerf crural.
Il m'a changé de posologie, il a doublé la dose d'analgésique opioïde et m'a placé pour une semaine sous corticoÏde. Il a supprimé le myolastan le truc qui me rendait complètement stone, du coup je me retrouve moi-même.
Pas de sport avant au moins un mois, ce qui ne m'empêchera pas de profiter du sauna (j'ai une montagne de de toxines à éliminer) et du spa de ma salle de sport.
Hier, j'ai commencé (toujours allongée sur mon lit quand même) à préparer mon costume de carnaval. Le carnaval c'est samedi, et j'ai décidé que même si je défilerai peut-être pas avec les autres, j'irai voir les copines déguisées pour les photos et le fun.
Notre char "Alice au pays des merveilles" est le numéro 8, j'ai hâte.

Auto-portrait à la valise rose

Je savais bien qu'un jour ou l'autre ma valise rose me servirait à quelque chose.
Voici, la tristesse de ce que je pouvais voir de mon lit à la clinique, dans le reflet de la TV vous pouvez me voir en tout petit.
Heureusement qu'il y avait ma valise rose pour voir la vie avec un peu de couleur.




Où sont mes bonnes fées ?

Je vais être un peu longue aujourd’hui, alors je vous suggère de faire des pauses de lecture si vous voulez arriver au bout. Pour moi, il est essentiel que je m’exprime sur ma semaine passée, histoire de reléguer ses souvenirs peu heureux plus rapidement.

Mercredi 1er avril : Je rends visite à mon médecin chouchou que j’appellerai MMCC pour aller plus vite. Je me répète peut-être, mais ce médecin possède des qualités rares que j’estime précieuses. Je le consulte pour un mal de dos au niveau des lombaires. Étant donné que cela s’est déjà produit il y a un mois, il me prescrit une radio. Jeudi 2 : La douleur résiste aux antalgiques. A moitié nue dans le cabinet du radiologue, la machine tombe en panne, bon. Le personnel s’occupe de me trouver un cabinet qui pourra me recevoir, mais cela ne sera que le lendemain.


Vendredi 3 : Avant la radio, je profite du sauna et du spa de mon club, cela me soulage. Je discute avec M qui me dit que je suis trop stressée et que je dois me relaxer, respirer, que j’ai la poisse, qu’il est temps d’agir. Une autre personne aura le même discours, si bien que je prendrai en compte leurs conseils aux moments les plus difficiles de la crise. C’est vrai que de respirer à fond permet d’évacuer « les trop pleins’ .
La radio à la clinique Magnin prend un temps fou, je suis fatiguée.
L’aprem je vais voir MMCC en lui disant que je vois trois solutions : 1) Une camisole de force pour m’empêcher de bouger, 2) Une cure de sommeil, 3) Une piqûre de Nubin.
Il commence à réfléchir à mon problème.


Samedi 4 : Appel Tél. à MMCC pour lui dire que j’ai de plus en mal, il me prescrit un autre antalgique et me demande de le rappeler lundi si, il n’y a pas d’amélioration.


Dimanche 5 : C’est de pire en pire, je ne peux plus me lever.


Lundi 6 : Appel Tél. à MMCC qui me trouve un RDV chez un rhumatologue. Je dis alors que je serai obligé d’y aller en ambulance parce que je ne peux plus ni marcher, ni me tenir débout ou assise.
Rappel dans la matinée de MMCC qui me dit qu’il préfère me faire passer un scanner. Une ambulance vient me chercher à la maison.
A la clinique Magnin, je me sens un peu comme un cheveu dans le potage, jusqu’à que cela communication soit établie. Un chirurgien orthopédique me rend visite. Un homme absolument charmant, élégant, affable, Il me dit : « Ne vous inquiétez pas, je m’occupe de tout ».
C’est rassurant et en même temps au moment où il prononce ces paroles, je sens qu’il y aura un problème. C’est de mauvaise augure (la poisse qui continue ?). Notre société est bien trop sur organisée pour qu’une seule personne prétende cela. Il est impossible d’appréhender seul, dans son ensemble le réseau tentaculaire des relations interpersonnelles, des problématiques et des affects des personnes avec qui nous sommes constamment en relation. Sans compter que notre haute technologie a aussi des défaillances.
On m’installe en salle 312, côté mur, c’est le dernier lit disponible de la clinique. Perfusée je demande de la morphine, la douleur est insoutenable. Dans les secondes qui suivent, un apaisement se fait sentir. Je sens mon cerveau s’embrumer et cet état me dérange au plus au point. Je déteste me sentir ainsi, j’ai perdu ma réactivité et pour moi, c’est une partie de ma vie qui s’est envolée.
Après le déjeuner, les nausées commencent à se faire sentir. Je vomis à plusieurs reprises et je me demande ce qui est préférable la douleur ou ce mal-être. Je passe le scanner en milieu d’après-midi. J’ai adoré l’objet technique, ses lignes épurées, ce cercle parfait immaculé, je me sens transportée en 3009. Dommage qu’une telle machine ne soigne pas.
Je brancardier qui me transporte me raconte que je ne pourrai pas avoir le soir même l’interprétation des radios parce que le radiologue est déjà parti. Il faudra attendre le lendemain.
Pour la nuit, je prends un somnifère.


Mardi 7 : Le chirurgien passe de bonne heure faire sa tournée des malades, mais je radiologue, lui n’a pas encore rendu son rapport. Attente stérile donc. La douleur est toujours aussi insupportable et l’on me fait une nouvelle piqûre de morphine mais associé à un produit qui empêche les nausées. C’est un moment de doux répit.
En soirée j’en demande une autre. Le chirurgien passe, me précise que les résultats du scanner indiquent qu’il n’y a pas de hernie discale et que mon cas relève d’un rhumatologue qui pourra s’il le pense nécessaire, procéder à une infiltration.
La nuit, je suis réveillée par l’infirmière qui m’enlève la perfusion parce qu’elle ne passait plus. Je reste éveillée près de trois heures en prise avec des nausées insupportables. Un cachet de primpéran finira par le soulager et je m’endors. Le matin, je sens que quelque chose s’est dénoué et je n’aurai plus besoin de morphine, que dorénavant, je pourrai gérer la douleur.


Mercredi 8 : Il est important de signifier que toutes les personnes qui m’entourent aussi bien les médecins, le personnel soignant, les « copains » de chambrée sont absolument charmants. Je sens une réelle volonté de bien faire et une implication constante, la seule chose que j’ai pu déplorer c’est le manque d’information et une communication un peu défaillante. La communication est bien sûr un problème dans toutes relations humaines et elle l’est d’autant plus que la structure au sein de laquelle elle s’épanouit est importante.
Je demande à voir un rhumatologue, des démarches sont faites dans ce sens auprès d’un cabinet qui en regroupe trois. Pas de chance, la personne en question consulte en brousse ce jour-là.


Jeudi 9 : Attente, je vais assez bien et le fait de dessiner me détend. On me promet une visite en fin de matinée, rien, en soirée rien. Je commence à déprimer. Alain passe me voir avec sous son bras un objet précieux, une bouillotte. J’avais lu, il y a quelques mois sur Sciences et Vie que la chaleur calme la douleur. Remplie d’eau très chaude et positionnée correctement elle me calme véritablement.


Vendredi 10 : Je décide de prendre les choses avec plus poigne et je j’insiste auprès des infirmières pour avoir des infos. Plus les heures passent et plus je déprime me voyant rester tout le WE de Pâques face au mur gris. Quand Alain m’appelle vers 14 heures, je craque, je fonds en larmes. Il arrive et me promet que dans la soirée un rhumatologue viendra me voir. Il part en guerre.
Il investit le cabinet des rhumato du de la pointe de l'artillerie pour s’entendre dire par le docteur Legros qu’il ne veut pas perdre une heure pour venir me consulter à la clinique, et qu’il veut bien me voir si je viens au cabinet (zic). Quand Alain lui rappelle qu’il a signé le serment Hippocrate, il ne répond rien. Un remplaçant, le docteur Barguil retraité viendra me voir dans la soirée. Un homme charmant qui me dit qu’il ne peut pas faire d’infiltration sans des examens de sang au préalable. Il me rajoute un antalgique qui semble plus efficace du Topalgic sans pour autant me supprimer les Di-antalvic, je trouve que ce médicament est plus efficace même s’il ne supprime pas totalement la douleur.


Samedi 11 : Après la prise de sang qui donne un résultat normal, le chirurgien me laisse rentrer chez moi. J’ai la responsabilité de prendre RDV avec les rhumato mardi matin.
Dans l’ambulance qui me ramène à la maison, je discute avec le chauffeur qui fait du prosélytisme et me dit que si je veux discuter avec un témoin de Jéhova, il pourra me rendre visite.
Je n’en suis pas encore là…
. Ah, maison ! dans ma chambre des couleurs ! les miniatures du Rajasthan, les bains chauds, mon ordi, tout baigne.


Dimanche 12 : C’est Pâques tout le monde est parti en WE. Je suis toujours couchée, ma maman m’a fait des œufs à la neige, mais le temps exécrable l’empêche de venir me voir.
J’ai besoin qu’une bonne fée me touche de sa baguette magique pour que le soleil brille après la pluie.

Bobo

J’ai écrit ce billet sur word, il y a une semaine allongée sur mon lit. J’ai voulu ensuite en faire un copié collé pour le mettre sur le blog, une douleur intense me l’a empêché. Je n’ai pas pu tenir, ni debout, ni assise plus d’une minute le temps de le faire. Depuis, j’ai vécu des aventures cliniciennes que je manquerai pas de vous raconter. Aujourd'hui la douleur est parfois supportable mais je suis toujours couchée.


Je suis couchée, mon ordi posé sur le ventre, situation très inconfortable mais nécessaire si je veux pouvoir écrire ce billet. J’ai mal donc je suis mal. Le diagnostique n’est pas encore posé, mais cela ressemble à une sciatique. Une douleur aigüe a investi mon côté gauche de la taille au genou et plus les jours passent, moins les antalgiques de toutes sortes sont efficaces et plus je souffre.
J’ai eu un apaisement ce matin : posée dans l’eau de mon bain moussant et bouillant, l’apesanteur a eu un effet réparateur. Sitôt levée, ce bien-être s’est dissipé pour ne laisser place qu’à une douloureuse part d’atomes en folie.

C’est dans les moments d’intense souffrance comme ceux-ci que l’on prend la mesure de la lourdeur paradoxale du temps. Tout à coup, il devient à la fois immensément long et compréhensiblement court.
J’entends les secondes passer avec une clarté exaspérante tout en mesurant le chemin parcouru en amont et en aval de ma vie. Je remercie l’esprit de la matière d’être ce que je suis et en même temps je me demande comment je serai demain, dans un mois, dans un an ou en 2027.
Cette douleur qui m’oblige à rester allongée alors que mon esprit garde toute sa vivacité m’interdisant d’exercer mes activités habituelles m’oblige à un moment de pause, « un écart de temps » provoquant un (salutaire ?) retour sur moi-même.
La douleur renforce et donne toute la mesure de la solitude de l’être. Elle ne peut en aucun cas être partagée. L’amitié, la compassion dont « l’autre » peut faire preuve a toujours quelque chose de dérisoire et ne parvient jamais à extraire ne serait-ce qu’une once de ce mal.

Pour celui qui est en face, c’est la désolation totale mêlée d’une impuissance mélancolique.
Pour celui qui la subit, c’est une prison aux barreaux indécelables, un puits sans fond, une obsession enveloppant l’esprit d’un lourd drapé de velours noir.