Les jeunes filles d'aujourd'hui et et les garçons connaissent tous le coin puisque c'est le lieu où l'on fait ses "trois jours".
J'ai surtout fait des photos dans les constructions annexes en haut du bâtiment principal qui n'ont pas encore été restaurées après la désertion partielle de la caserne par le bataillon du RIMAP (je ne suis pas assez érudit en histoire militaire pour savoir s'il s'agit bien d'un bataillon ou d'une garnison ou d'une brigade, de n'avoir pas fait les trois jours, manque à ma culture générale ; néanmoins j'arrive à survivre, ne vous inquiétez pas...)
Bref, ce sont en tout cas de beaux bâtiments qui datent de la fin de 19° siècle du temps de la pénitentiaire.
Vous savez bien que j'aime les lieux comme çà , ceux qui déchirent.
A 15 heures, il y a eu une conférence de Mme Pannoux, professeur à l'université sur les pierres tombales et les cimetières du temps de la pénitentiaire.
J'ai été tout de suite très intéressée par ses connaissances et la manière qu'elle a de les faire passer. Je n'avais encore jamais imaginé que l'on puisse trouver des "objets scientifiques" dans les cimetières et que l'on puisse ré-écrire l'histoire à partir de ceux-ci.
La vie est tout bonnement passionnante pour peu que l'on soit un tant soit peu réveillé.
Ce qui m'a surtout captivé, c'est tout ce qui concerne la symbolique des sculptures et des inscriptions qui ornent les tombes.
Par exemple :
Si l'on voit sur une tombe écrit "oh cruz ave" c'est qu'il s'agit certainement de quelqu'un qui vient du Dauphiné parce que ce genre d'inscription n'existe que là -bas.
Une gravure de l'arche de Noé indique probablement que le défunt était d'obédience protestante.
J'ai appris aussi qu'à l'ile des Pins, il y a trois cimetières différents. Au temps de la pénitentiaire, on ne se mélangeait pas même dans la mort (sic). Il y a un cimetière pour les communards, un pour l'administration pénitentiaire et enfin un pour tous les autres près de l'église.
Dans le cimetière des surveillants, la hiérarchie était conservée par une mise en valeur géographique de la tombe.
Ce cimetière, situé à Kuto sur des terres claniques est totalement oublié de tout le monde alors qu'il est un témoignage important du patrimoine calédonien.
Tout une histoire donc, qui peut se lire à ciel ouvert. La prochaine fois que je me rendrai à l'ile des Pins je ne manquerais pas de visiter les trois cimetières avec l'œil neuf d'un averti.
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