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Le carnet de route de la famille Rolly


Les journées du patrimoine (suite)

Dimanche, à Prony c'était le bagne.
Jugez par vous-même, les membres de l'association du village de Prony qui sont à l'initiative de la préservation des espaces historiques, nous servaient non seulement de guide mais nous prenaient aussi pour de vrais méchants bagnards.
Le site a été occupé par la pénitentiaire. Par petits groupes d'une quinzaine d'hommes dont un surveillant, ils étaient disséminés un peu partout dans la forêt afin d'extraire le bois nécessaire à la construction de la ville de Nouméa.
Cette reconstitution vous permet de vous rendre compte que cela n'était pas tous les jours rose.




Les sévices corporelles étaient interdites mais pratiquées malgré tout. Il fallait bien damer le pion aux méchants qui ne songeaient qu'à se faire la belle et assoir une autorité pour les obliger à travailler aussi durement pour trois fois rien.
Deux supplices avaient court : celui de la boite où l'on pouvait être enfermé plusieurs semaines avec pour seule nourriture un peu d'eau et du pain sec.




Et celui de la crapaudine, seul un mannequin a bien voulu essayer celui-là.




Les cimetières, la poudrière, et le site en général nous connaissions déjà, ce qui a rendu cette visite sympa c'est surtout les commentaires de notre guide d'un jour qui connaissait vraiment bien cette période historique.
Les membres de l'association essaient tant bien que mal de préserver ces maigres vestiges. Courant de cette année, ils ont ainsi évité que cet escalier soit démonté et parte chez un particulier. Celui-ci le trouvait suffisamment à son goût pour avoir noté sur les pierres des repères pour le remontage chez lui (sic de sic). Il faut être un peu naïf pour penser pouvoir faire cela.....




Ambiance Déco

Voilà ; Mireille, Micheline, Carole, Isabelle, Annie et moi, sommes à votre disposition pour tous travaux de décoration mais surtout de la décoration d'évènement.
Nos prestations incluent "la demande en mariage" ou l'appart à aménager pour nouveau célibataire affairé.
N'hésitez-pas à nous contacter.




Une histoire pour Bibi

A Ouvéa, nous avons voulu faire une mayonnaise.
Deux jaunes d'œufs, et de l'huile, normalement cela marche bien.
La mayonnaise est bien montée, elle était belle et compacte et d'un seul coup piouf elle a tourné. En chimie culinaire quand cela arrive, c'est qu'il y a un manque d'eau pour que l'émulsion soit possible. Pour remédier à cet état de fait, il suffit de rajouter un peu d'eau tiède et c'est reparti.
Mais là, non, cela n'a pas suffit, Betty a décidé d'en refaire une qu'elle a bien entendu réussi.
Moi, je n'étais pas satisfaite de cela. J'ai repris la mayo ratée, j'ai ajouté de la moutarde et avec opiniâtreté j'ai battu, battu avec pour seul instrument, une fourchette !
J'ai réussi à reprendre la mayonnaise et nous l'avons dégustée avec les sardines du pêcheur à l'épervier ; miam .


Morales de l'histoire :
1) Les gestes de la vie quotidiennes sont porteurs de morale.
2) On peut parfaitement être capable de faire quelque chose mais de le rater malgré tout, parce que l'on n'est pas dans son milieu.
3) Avec peu de moyen mais avec de la volonté, on arrive au bout de ses objectifs.
4) On peut toujours rattraper ses échecs à condition de le vouloir vraiment.
5) Quand l'épreuve est terminée, on a du plaisir.


En commentaire, vous pouvez, si vous le voulez, trouver d'autres morales à cette histoire.

Plus près de toi mon Dieu....

Oui, nous avons pu le dire, nous étions à Ouvéa : l'ile la plus près du paradis.
Un temps magnifique presque tout le temps, et un super accueil au gîte Bougainvilliers.
Voici la case qui nous abritait, juste à côté il y a un bloc en dur : sanitaire/cuisine super propre.
Nous avons pu utiliser la cuisine pour faire nos repas, c'était super sympa. Je le recommande vivement à tous ceux qui veulent échanger et vivre autre chose.
Dans la case il y a des vrais lits avec literie, et le sol est recouvert de nattes c'est gai.




Dès notre arrivée, nous avons couru sur la plage quasi-déserte, 25 km de bonheur.








Moi, fin contente d'avoir fait les photos suivantes. C'était un rêve de photographe .....
Le pêcheur a bien voulu lancer son épervier pour nous, super sympa, il nous a donné des sardines grillées.









Sur la plage, il y a des milliers de coquillages, je n'en ai jamais vu autant, j'ai fait des super réserves.




Ici, comme ailleurs, la mer ronge la plage et déterre les arbres côtiers, j'ai joué avec l'effet de ces branches où l'on ne sait plus où se trouve la brindille et son ombre.




Insolite une boite aux lettres sur la plage, elle appartient aux gens qui vivent sur l'ilot d'en face.




Visite industrielle : Il y a deux usines à Ouvéa que nous avons pu visiter. Une visite rapide puisque les employés étaient absents pour cause de mariage sur l'ile.
C'est bien dommage pour nous, nous aurions aimé les voir à l'œuvre, en effet nous avons une intimité avec le savon que nous aurions aimé développer. Alain a la charge d'en fabriquer avec ses élèves de seconde et Jean-Pierre les utilise avec les siens comme matériau de base pour la sculpture. Et nous, les filles, nous les utilisons quotidiennement pour notre toilette (c'est un savon bio....) et l'hygiène de la maison.
Nous avons été accueilli par un jeune kanak, bachelier d'Anova, très sympa.




L'usine d'huile de coco est juste en contre-bas de celle qui fait les savons IAAI. On y sentait fort le coprah et le sol était glissant.
Tout était en léthargie absolue, nous n'avons pas pu acheter de l'huile.




Le lendemain, nous sommes allés dans le nord pour visiter les trous d'eau et l'église Saint Joseph.
Sur le chemin :







L'église est super bien entretenue, et s'orne de beaux vitraux. On y voit pèle-mêle Jeanne d'arc et un Christ Kanak preuve que Dieu appartient à tout le monde.








Retour chez nous, le soleil se couche après une balade à pied sur la plage.




Le lendemain nous sommes allés seuls voir les falaises de Lékine. Félix le guide officiel que nous avions contacté par tél nous avait répondu qu'il ne pouvait pas nous faire faire la visite parce qu'il était trop occupé (sic). Cela a été une grande frustration pour moi, le site est majestueux, et j'aurais vraiment aimé marcher sur les falaises qui surplombent la mer.





Pour terminer en beauté notre périple, nous sommes allés à l'hôtel "Paradis" boire un peu de champagne au moment où le soleil se couchait....
J'ai beaucoup aimé la piscine :








Collec

Tous ceux qui exposent en ce moment même, dans la salle d'honneur, de la mairie de Nouméa ont su garder leur âme d'enfant et en même temps, penser à ceux qui souffrent.
C'est un club Lions qui a organisé cette manifestation dans le but de récolter des fonds pour les enfants malades du cancer.
Quelques particuliers sont donc arrivés dès ce matin, avec armes et bagages, pour mettre en valeur leur collection. C'est très varié, cela va de la collection de chats à celle de théières ou d'instrument de mesure de géomètres (anciens bien sûr .....)
Isabelle et moi, avons aidé sa fille Manon à mettre en place sa collection de fées.
Bravo à elle qui va rester deux jours durant à attendre patiemment les visiteurs.
Elle a une âme de fée c'est certain.
















La collection de poupée Barbie vaut le détour, elles sont toujours rangées dans leur emballage d'origine.















Rose bonbon sucé

Je vous livre ici, la nouvelle que j'ai écrite pour le concours local organisé par l'association «Écrire en Océanie». Il s'agissait d'écrire un texte de deux pages A4 maxi entre le vendredi 5 à 20h et le samedi 6 à midi sur un thème choisi : "Un jour d'une vie"
Comme je suis sûr de ne pas gagner parce que nous avons la chance d'avoir, ici, de bien meilleurs écrivains que moi ; je vous la livre en avant première.
Le style est parfois lourd mais le sujet est original, c'est ce qui fait de cette histoire une chose parfaitement lisible.


Rose bonbon sucé

Peut-on vraiment réduire une vie entière à un seul jour ?
Voilà la question qu’Esther se posait ce matin là, en se regardant dans le miroir de sa minuscule salle de bain.
Au seul jour du 6 août 2006 pour être plus précis.

Esther est une jolie jeune fille, toujours bien mise, aimable. Un trésor pour son entourage. Elle a toujours une pensée pour ses proches tout en sachant parfaitement gérer les petits soucis du quotidien.
Brillante, avec un parcours scolaire royal jusqu’à être diplômée d’une grande école de commerce, elle a toujours eu le courage nécessaire pour assumer tout ce qui rend la vie des grandes villes stressante.
Cela n’avait pas toujours été simple, elle avait eu parfois, des moments de désespoir. Il lui avait fallu une bonne dose d’adaptabilité pour se retrouver seule à Paris après avoir vécu une enfance aussi douce qu’insouciante à Bourail.
“Fille de la brousse” comme elle aime à se qualifier parfois, il lui avait été affectivement très difficile de se retrouver sans sa famille, à des milliers de kilomètres de son village natal. Elle avait fait front. C’était dans son caractère, de ne pas se laisser aller, de regarder les problèmes en face afin de les résoudre. A la fin de ses études, Paris la fascinante ne l’avait pas laissé la quitter si vite. Esther avait préféré faire ses armes dans la capitale avant de retourner définitivement sur son “caillou”.
Elle travaillait à Paris depuis deux ans déjà quand elle avait appris l’accident mortel de sa mère.
Cet accident avait été un évènement horrible pour Esther qui lui était très liée. Elles partageaient beaucoup de choses ensemble mais surtout des trucs de filles comme faire les magasins ou l’horreur de la couleur rose qu’elles trouvaient mièvre et surannée.

Cette perte, était arrivée de façon si abrupte que tous ses repères semblaient s’être échappés et que la culpabilité de ne pas avoir été présente à Nouméa au moment du drame, la rongeait.
Elle savait que sa mère désirait la voir revenir sitôt ses études terminées mais Esther, voulant faire carrière, avait préféré trouver du travail en France. Elle culpabilisait, à présent, parce qu’elle se rendait compte que le temps passé avec les êtres chers était primordial dans la vie.
Les obsèques avaient été un moment éprouvant et en même temps déroutant à cause des consignes peu conventionnelles que sa mère avait laissées en cas de décès.
Ni veillée du corps, ni cérémonie religieuse, ni fleurs, ni couronnes, tout juste une rose rouge et le requiem de Mozart. Sans personne pour faire l’oraison funèbre de la défunte il lui avait semblé que la cérémonie avait été bâclée. Une gêne mêlée à la tristesse s’était emparée d’elle et ce sentiment étrange ne l’avait pas encore quitté. Son père, encore sous le choc ne lui avait été d’aucun secours. Souvent, les hommes meurtris ne révèlent que de l’absence, lui avait appris sa mère.

Ensuite, cela avait été le retour à Paris avec l’urne bien scellée dans sa valise, enfin le rendez-vous avec un représentant de la société Eternity et la remise des cendres.

Le 6 août 2006 donc, en prenant son petit déjeuner avec un calme peu naturel, elle repensa à sa mère qui était le meilleur cordon bleue qu’elle connaissait et qui ne cessait de lui faire des recommandations en matière de diététique et de cuisine, ce qui avait le don de l’exaspérer. Plus personne ne se soucierait à présent, de sa santé. Cela créa en elle un manque profond mais la pensée qu’elle devait se rendre à l’hôtel Ritz pour retrouver le représentant d’Eternity, pendant sa pose déjeuner, lui permit de sortir de ce mal être et de se préparer à partir.
Dans l’ascenseur, elle croisa la dame du dessus accompagnée de sa petite fille. Elle parlaient d’école et de cantine comme l’avaient mainte fois fait Esther et sa mère pendant toute sa jeunesse. Le même lien semblait les unir, un lien fort, unique.
Sa matinée de travail se passa, c’est tout. Elle vécut ce moment dans l’attente de la fin comme sa mère avait dû vivre l’attente de son retour annuel. A midi, connaissant le plan du métro quasiment par cœur, elle n’eut pas besoin de vérifier qu’elle prendrait la ligne 1 jusqu’à Opéra.
Sur le quai, elle fût retardée par l’annonce d’un suicide sur la ligne. Cela l’énerva sachant que son temps était compté. Ce communiqué lui rappela la tristesse de sa mère à chaque fois que quelqu’un parlait de suicide. Bien avant sa naissance, sa mère avait perdu un frère qui s’était donné la mort par pendaison. Cet évènement était resté douloureux au point que des larmes coulaient de ses yeux de manière quasi automatique quand elle entendait le mot fatidique.

Une heure plus tard, assise en face de Monsieur L, elle ne sut pas trop quoi lui dire à part les usuelles marques de politesse. Lui, semblait soucieux et penaud mais elle ne le comprit pas vraiment avant qu’il lui dise qu’il y avait eu une malencontreuse confusion dans la commande.
Monsieur L, était représentant de la firme Eternity spécialisé dans la fabrication de diamants à partir de cendres humaines. Cela avait été le vœu de sa mère de briller de mille feux pour l’éternité en laissant une trace sur cette terre sous la forme d’un diamant bleu.
Monsieur L lui tendit l’écrin de velours pourpre ; elle l’ouvrit lentement pour apercevoir un gros diamant rose, rose bonbon sucé, la couleur qu’elle-même et sa mère exécraient.
Silence, angoisse, Monsieur L était dans ses petits souliers et essayait de se justifier par un discours embrouillé qu’Esther n’écouta pas.
Pour elle, c’était comme si sa mère mourrait une deuxième fois.
Elle se leva et fit quelques pas dans le magnifique salon de l’hôtel. “Ne pas laisser mes sentiments dominer mon esprit” c’est ce qu’elle se répètait afin de ne pas exploser de colère. Elle reprit sa place et regarda Monsieur L avec une intensité fiévreuse mêlée d’amertume.
Pendant une dizaine de minutes elle resta ainsi absente et concentrée, elle se reconstruisait.
“Aléa jacta es” pensa-t-elle enfin. “On ne peut jamais revenir en arrière, ce qui est fait, est fait. Après tout, si le bleu est le symbole de la tolérance, le rose est celui de l’amour, de la pureté, de la fidélité, cela va tout aussi bien à ma mère.”

Si vous apercevez Esther aujourd’hui vous pourrez vous rendre compte qu’elle porte toujours sur elle, quelque chose de rose, un ruban, des chaussures, un bracelet. C’est sa façon à elle de garder l’amour de sa mère dans son cœur.

Jour "J"

Cela y est, l'association "Ambiance Déco" est officiellement créée.
De belles aventures décoratives attendent toute notre équipe.
C'est amusant que cette annonce arrive 30 ans jour pour jour et quasiment heure pour heure après la naissance de Nono.
J'espère que cela me portera chance.
Plus d'infos sur l'assoc dès que j'aurai en main le ridet.

Les journées du patrimoine (suite)

Samedi, je suis allée visiter la caserne Gally-Passebosc qui se trouve dans le quartier latin.




Les jeunes filles d'aujourd'hui et et les garçons connaissent tous le coin puisque c'est le lieu où l'on fait ses "trois jours".
J'ai surtout fait des photos dans les constructions annexes en haut du bâtiment principal qui n'ont pas encore été restaurées après la désertion partielle de la caserne par le bataillon du RIMAP (je ne suis pas assez érudit en histoire militaire pour savoir s'il s'agit bien d'un bataillon ou d'une garnison ou d'une brigade, de n'avoir pas fait les trois jours, manque à ma culture générale ; néanmoins j'arrive à survivre, ne vous inquiétez pas...)

Bref, ce sont en tout cas de beaux bâtiments qui datent de la fin de 19° siècle du temps de la pénitentiaire.
Vous savez bien que j'aime les lieux comme çà, ceux qui déchirent.






















A 15 heures, il y a eu une conférence de Mme Pannoux, professeur à l'université sur les pierres tombales et les cimetières du temps de la pénitentiaire.
J'ai été tout de suite très intéressée par ses connaissances et la manière qu'elle a de les faire passer. Je n'avais encore jamais imaginé que l'on puisse trouver des "objets scientifiques" dans les cimetières et que l'on puisse ré-écrire l'histoire à partir de ceux-ci.
La vie est tout bonnement passionnante pour peu que l'on soit un tant soit peu réveillé.
Ce qui m'a surtout captivé, c'est tout ce qui concerne la symbolique des sculptures et des inscriptions qui ornent les tombes.
Par exemple :
Si l'on voit sur une tombe écrit "oh cruz ave" c'est qu'il s'agit certainement de quelqu'un qui vient du Dauphiné parce que ce genre d'inscription n'existe que là-bas.
Une gravure de l'arche de Noé indique probablement que le défunt était d'obédience protestante.
J'ai appris aussi qu'à l'ile des Pins, il y a trois cimetières différents. Au temps de la pénitentiaire, on ne se mélangeait pas même dans la mort (sic). Il y a un cimetière pour les communards, un pour l'administration pénitentiaire et enfin un pour tous les autres près de l'église.
Dans le cimetière des surveillants, la hiérarchie était conservée par une mise en valeur géographique de la tombe.
Ce cimetière, situé à Kuto sur des terres claniques est totalement oublié de tout le monde alors qu'il est un témoignage important du patrimoine calédonien.
Tout une histoire donc, qui peut se lire à ciel ouvert. La prochaine fois que je me rendrai à l'ile des Pins je ne manquerais pas de visiter les trois cimetières avec l'œil neuf d'un averti.

Ducos en couleur

Ce matin, étant seule à la maison, je suis allée faire un tour dans la zone industrielle de Ducos pour voir la vie en couleur.
Mes photos sont zen, douce lueur d'espoir au milieu de la pollution qui règne dans le quartier. Ducos ressemble à mon garage avant sa restructuration, sauf que là, les trucs à jeter font parfois plusieurs tonnes, il y a du boulot !
Rue Auer







Rue Joule







Rue Arago



Rue Réaumur



Rue Papin



Le pic aux chèvres

Juste pour se mettre en jambe, un petit sommet bien sympathique par temps sec. Un peu plus de deux heures aller-retour mais un bon exercice.
Les surprises de la matinée :
Les nuages blancs se reflètent sur l'onde....




Bois mort sur un Mont Dore dévasté.




Un "arc en terre", si vous voulez en voir faites comme nous, escaladez les collines.




Alain pose avec moi ......