Première chose à faire : Poser du carrelage sur la dalle qui n'en croyait pas ses yeux.
Cela a été une expérience extraordinaire, en effet c'est la première fois que je faisais cela et également la première fois que je travaillais avec Alain. Nous ne nous sommes même pas disputés.
Bien sûr, j'étais dans un rôle d'esclave/apprenti et lui dans celui de "maître" mais nous nous sommes bien complétés et même si j'ai fait des trucs de filles (abreuver le maître, prévoir l'intendance, nettoyer et ranger le chantier), j'ai aussi fait des trucs de mecs (poser du mortier à la truelle, mélanger la colle avec la perceuse, lisser les joins). Cela m'a passionné, c'est un peu comme de la cuisine en fait. Pas de batteur mais une perceuse, pas de crème fouettée mais de la colle, pas de spatule mais une truelle (quoique nous avions aussi une spatule....). C'est juste un peu plus physique et beaucoup plus fatiguant quand on est pas habitué à rester accroupi.
En nettoyant les joins je pensais à Cosette porteuse d'eau et au mop espagnol (il parait que ce sont les espagnols qui ont inventé le mop parce que c'était humiliant pour les femmes de nettoyer le sol accroupi...sic ).
A un moment, en voyant une énorme équerre en fer de maçon, j'ai voulu plaisanter avec Alain en jouant la Blonde.
- J'ai essayé de la plier pour gagner de la place mais je n'ai pas réussi.
- On ne peut pas plier cette équerre me répond-il sérieusement.
Aie, aie, aie dans le fond les hommes nous prennent toutes pour des blondes.....
Le plus impressionnant c'est l'envahissement de notre véranda par ce qui "tenait" dans le garage. Cela me gêne beaucoup mais il faut passer par là pour obtenir quelque chose de viable.
Afin d'oublier ce désordre j'ai fait un parterre fleuri, il faut bien s'amuser.
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