Le cadre :Notre table est en terrasse, sous la tôle entouré de plantes vertes, il fait frais presque froid. Le bruit des voitures qui roulent juste à côté est parfois gênant, heureusement que nous sommes le 1° mai et qu’il y a peu de circulation. Les chaises sont des “pliables noires” de discounter de base, inconfortables au possible. Cathy est allée en chercher une plus confortable pour mamy qui avait mal aux fesses, vous comprendrez pourquoi, tout à l’heure (une touche de suspense dans une histoire cela en sublime le style).
Seul Alain, a testé les toilettes délabrées d’après ces dires mais relativement propres.
L’ambiance :
Très bonne entre nous, nous avons ri plusieurs fois aux éclats, tellement la situation était surréaliste. Par ailleurs, une seule autre table de deux était occupée.
C’est Cathy qui commence les hostilités en disant qu’elle enlève des points pour l’ambiance musicale.
Le service :Je pourrai parfaitement, commencer ici une nouvelle rien qu’avec ce que nous avons vécu aujourd’hui. Toutefois je vais essayer d’être la plus brève possible pour ne pas vous lasser (c’est un challenge ça mimi !).
Cela a commencé sur le coup de 10h quand j’ai reçu un coup de téléphone du restaurant. Une voix féminine :
-C’est quoi, vous voulez manger?
-Des fruits de mer, répondis-je.
-Oui mais quoi?
-A la limite, je pourrai vous le dire pour moi, mais je ne peux pas choisir pour les quatre autres personnes qui seront avec moi.
-C’est à la carte alors?
- Ben…. oui.
-On ferme à 2h et demie, parce qu’à 3h on a un anniversaire. Vous arrivez quand ?
-A midi.
-OK, a tout à l’heure.
-C’est cela, à tout à l’heure.
Une tahitienne nous accueille et nous fait choisir notre table.
Une jeune métisse, fort jolie, vient nous demander ce que nous voulons comme apéro, et prend notre commande, jusque là, tout va bien.
Nous attendons un bon quart d’heure pour avoir notre verre, mon Frontignan est servi dans un verre à cognac (détail futile….).
Retour de la tahitienne gantée de latex (sic) qui vient nous dire qu’elle n’a ni crabes farcis ou décortiqués ni popinées parce qu’avec le mauvais temps, il n’y a pas eu de pêche. Bien évidemment, c’est sur moi que cela tombe. Et, il n’y a pas non plus de maï-maï ; ah, quand même, pour une fois , je ne suis pas la seule à être désappointée. Les garçons acceptent du thon en remplacement. Pour ma part, je me rabats sur des coquilles saint Jacques et des crevettes à l’ail.
Un garçon vient nous poser sur la table une corbeille de pain. Je pouffe de rire, il avait oublié qu’il nous en avait déjà apportée une (que des broutilles tout cela!).
Au bout d’une heure, mamy s’impatiente (d’où la chaise) elle a faim ! Je n’ai toujours pas compris comment on peut prendre une heure pour faire 4 assiettes de coquilles et ouvrir 6 huitres.
.
On mange, une heure se passe encore….
Quand le deuxième plat arrive, les assiettes sont chaudes (super) mais trois d’entre nous n’avons pas de couvert. Nous en demandons. En attendant, je commence à manger mes crevettes avec les doigts, moi aussi j’ai faim. Enfin, Cathy a fini son plat, je lui pique sa fourchette pour manger mon riz. Quand le garçon apporte les couverts mais pas en nombre suffisant, nous avons fini de manger.
Alain C, nous regarde manger stoïquement, ils se sont trompés dans la commande et ont apporté des crevettes au lieu de son poisson, le temps que son plat arrive, les oiseaux des alentours ont eu le temps de nicher, de pondre et nous pouvons entendre les cui-cui de leurs petits.
Mamy veut un dessert. Sur la carte, elle avait repéré une tarte aux fruits qui lui faisait envie (mamy adore les tartes). Cathy va au nouvelles parce que si, il faut attendre encore une heure pour le dessert on ne sera sorti qu’après 14h 30. On lui a répondu qu’il n’y aura de la tarte que le lendemain (sic).
La note est demandée et arrive relativement vite. Je la vérifie et demande la carte. Panique, la note repart en coulisse à des fins de vérification et ne revient que longtemps après (là, Cathy a failli se fâcher) avec dessus les verres de vin qui avaient été oubliés. Et moi qui ne voulais que contrôler ce qu’il y avait dans les coquilles!
La décoration :Une nappe rose en tissu est posée sur la table. A un moment Alain nous dit que la nappe est à l’envers. Premier tilt : quelqu’un dit (je crois bien que c’est la mamy mais je n’en suis pas sûre) que c’est parce qu’il ont retourné la nappe au lieu de la changer. Deuxième tilt : j’avais trouvé bizarre les tâches que j’avais aperçu sur la nappe. Je la soulève et là, je vois clairement que la nappe est maculée de tâches sur l’envers. Nouveau délire qui nous fait une fois de plus éclater de rire. Cela me rappelle l’Inde et ses nappes sales mais au moins là-bas c’était plus sincère parce que bien visible.
Note positive dans ce jonchement de délires : les assiettes sont bien présentées, c’est joli.
Dans l’assiette : :Note positive les produits sont bons et de bonne qualité. La préparation ne relève malheureusement d’aucun savoir gastronomique. Les coquilles saint Jacques sont cuites à point mais flottent dans de la crème tiède mais non cuite, point barre. Les crevettes à l’ail sont également bien grillées mais dans une matière grasse inconnue et insipide et il n’y a ni ail ni persil. La sauce au poivre vert pour le poisson n’est que de la crème tiède parsemée de quelques grains colorés. Les huitres gigas servies à mamy ne sont gigas qu’à Lilliput et mamy continue à crier famine.
Combien cela coute ? Alors que la cuisine est insipide à souhait la note pour sa part est trop salée : 26 140F pour 5 = 5228F/personne = 43 euros.
Conclusion :Nous étions tous d’accord pour un 5/20. Je trouve en y repensant que c’est une trop bonne note (influencés par le rire que cela nous avait occasionné). Un 2/20 aurait été déjà bien. Si j’écris ces critiques gastronomiques c’est pour que les choses évoluent dans ce pays mais là, ce n’est pas une évolution qu’il faut entreprendre mais une révolution. Il faut que l’on cesse de se moquer de nous.
Le Calypso : restaurant de fruits de mer
Par Mireille Rolly, vendredi 2 mai 2008 à 00:28 :: Restaurants :: #516 :: rss
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