Cette nuit j’ai fait un cauchemar :
J’étais avec mon mari dans le bungalow d’un hôtel. Nous devions sortir de la chambre pour aller à la plage et d’un coup je me souviens que je n’ai pas mis de crème solaire sur mon visage. La crème est restée dans la voiture. Je me couvre le visage avec mes deux mains et je cours jusqu’à celle-ci pour la voir démarrer en trombe, je comprends là que mon mari l’a prêtée à un inconnu. Je retourne vers les bungalows toujours en courant et me tenant le visage pour aller en demander à mes belles-sœurs qui se trouvent également dans cet hôtel. Mais chou blanc, l’une a oublié son tube et l’autre n’en a plus. Je suis complètement affolée, je ne sais plus quoi faire …… réveil.
Il parait que les rêves servent à mémoriser et à structurer les infos ils ont également le rôle d’échappatoire émotionnel. Ce cauchemar c’était tout cela à la fois.
Pourquoi cette angoisse ? parce que dans la journée j’ai vécu un évènement totalement nouveau : la pratique du photorajeunissement qui est une technique de stimulation de la production de collagène par chauffage superficiel du derme avec un laser (ne croyez pas, qu’en plus, je sois devenue plus savante, je viens de pomper cette phrase sur la pub de l’appareil).
Le cabinet du médecin est super classe avec des tableaux aux couleurs chaudes qui tranchent sur les ton gris et blanc des murs. J’avais cinq minutes de retard et en me garant, j’ai entendu mon mobilis sonner. C’était la secrétaire qui me demandait si j’allais ou non venir parce que dans le cas où j’aurais oublié la séance elle aurait fait venir dare-dare une autre patiente qui doit attendre cloitrée chez elle qu’une place se libère.
J’entre dans une pièce et je me retrouve allongée vite fait bien fait, après un démaquillage en règle, l’opératrice me met sur les yeux une paire de lunettes opaques qui sert à protéger les yeux pendant la séance.
L’appareil fin prêt et près de moi ronronne gentiment. D’un coup, tout s’éteint, la puissance demandée par les trois appareils du cabinet doit être supérieure à celle fournie par le réseau. Le médecin désappointé me dit qu’il est possible que l’on soit obligé d’annuler la séance.
O rage, O désespoir j’ai attendu un mois pour avoir ce rendez-vous.
Finalement, tout s’arrange et le médecin vient régler l’appareil puis l’opératrice commence son travail par un premier passage. Je sens que cela chauffe un peu, c’est très localisé et cela sent le brûlé exactement comme si, par inadvertance, on se brûlerait un ongle. Je dois appuyer avec ma langue tout autour de ma bouche et sur les joues pour les gonfler, c’est assez gonflant de rester crisper ainsi.
Après un temps de repos le médecin revient et règle à nouveau l’appareil pour le deuxième passage. Celui-ci est plus cool que le premier mais je dois, quand même, jouer de la langue encore une fois.
Nouvelle pause pendant laquelle je pense les yeux mi-clos. Pas malin ces spots encastrés au plafond qui éblouissent les pauvres patientes allongées et désespérées. Le doute est envahissant ne suis-je pas en train de créer une excitation cellulaire propice à un cancer ?
Le médecin de retour dans la salle prend en main le troisième passage qui est un balayage sensé supprimer ces tâches brunes si redoutées des femmes, il est dit qu’elles doivent tomber en poussière d’ici cinq jours wouah ! . Je ferme mes yeux le plus possible et malgré cela à travers les lunettes, je vois des flashs de lumières rouges et jaunes, on dirait des mini feux d’artifices perso. C’est joli mais je balise pour mes yeux.
Le temps passe, je suis de nouveau en pose.
Mais revoilà ma bonne fée, qui en guise de bagette arbore un pinceau enduit d’acide glycolique. Dès que celui-ci effleure ma peau je sens que cela picote. Je pense aux rares séances d’esthétique auxquelles je me suis déjà rendues et qui n’ont eu aucun impact sur ma peau. Là on sent qu’il se passe quelque chose. Même si je n’en ressors pas comme une déesse, au moins j’aurais eu l’impression de n’avoir pas été entièrement grugée et je souhaite que mes tâches elles, le soient.
(Note de l’auteure : dans son sens premier, grugé signifie réduit en poudre.)
Tout cela est bien qui finit bien, à la fin de la séance on signe un papelard sur lequel il est stipulé que l’on ne doit pas s’exposer au soleil sans protection. Les tâches brunes peuvent réapparaître après seulement cinq minutes au soleil. Eh bé.
C’est toute l’organisation de ma vie future qui va en être ébranlée.
Le matin, tout juste réveillée il faudra s’enduire d’écran total indice 50 avant même le petit déjeuner si le soleil, à peine levé, vient chatouiller la table du petit déjeuner.
En matinée, porter crème et chapeau avant de descendre étendre le linge lavé avec Bonux pour qu’il sèche au soleil.
A midi, en remettre une couche avant d’aller acheter le pain et le journal au magasin du coin.
L’aprem, contrôler que la crème soit bien dans la voiture avant de sortir s’amuser.
Le soir, repos enfin !
La nuit, attention aux cauchemars, prendre une infusion calmante avant de dormir.
Me voilà condamnée à vie à acheter de l'écran total, c'est mon pharmacien qui va être content. Le voilà rentier.
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