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Le carnet de route de la famille Rolly


Lecture

Je vous livre ici un extrait du livre de Villiers de L'Isle-Adam "Contes cruels", écrits à la fin du XIX°.

"Tout le monde, d'ailleurs, me parait, aujourd'hui, plus ou moins revenu d'éprouver quoi que ce soit. J'espère qu'il y aura bientôt quatre à cinq cents théâtres par capitale, ou les évènements usuels de la vie étant joués sensiblement mieux que dans la réalité, personne ne se donnera beaucoup la peine de vivre soi-même. Lorsqu'on voudra se passionner ou s'émouvoir; on prendra une stalle, ce sera plus simple. - Ce biais ne sera-t-il pas mille fois préférable, au point de vue du bon sens ?.. Qu'est-ce qui ne s'oublie pas un peu au cours d'un semestre ?"

J'ai beaucoup aimé ce livre au point de ne plus vouloir le rendre à sa propriétaire. Ici , l'auteur anticipe la venue de la télévision qui moutonne le peuple en lui faisant vivre des émotions par procuration. Cette clairvoyance anticipatrice m'a interpelée. A part cela, le style sublime de l'auteur m'a transporté à plusieurs reprises bien loin de mon moi.

Fout sa bon

Le cadre :C'est un snack de cuisine antillaise rue Taragnat près du lycée Do Kamo. L'entrée n'est pas très visible, donc vigilance si vous y allez pour la première fois. C'est tout petit, nous y sommes allés un samedi midi, il y avait de la place mais il est possible qu'en semaine cela soit vite saturé.
L’ambiance :On retrouve une ambiance de là-bas, les proprio sont de vrais antillais.
Le service :Comme dans un snack, la serveuse est cool. Le propriétaire qui est aussi le cuisinier a un charisme comme l'on en voit peu. Il est venu souvent en salle pour voir si tout allait bien, si nous n'avions pas trop chaud etc. J'avais l'impression de retrouver un ami que je n'avais pas vu depuis dix ans et qui se met en quatre pour me faire plaisir.
La décoration :Les nappes sont en toile cirée imprimées avec les cartes des Antilles. On ne peut pas se perdre comme cela.
Dans l’assiette : :Tout est bon, bien épicé, le colombo d'agneau manquait juste un peu de cuisson. D'où j'étais assise, je pouvais voir les grosses marmites dans lesquelles tout cela mijotait gentiment. Une bonne cuisine familiale, les parts sont copieuses. Il n'y a pas vraiment de carte, la serveuse vous annonce tout simplement ce qui pourra vous régaler en cette douce journée.
Combien cela coûte ? Les plats sont à 1200 F.
Conclusion :Très contente d'avoir passé un moment là-bas, j'y retournerai surement. Ma note 14/20.




Week end Pascal pluvieux

Nous pensions naïvement que Pâques ayant lieu en mars cette année nous passerions à côté de la pluie.......
Pourquoi Pâques a-t-il lieu si tôt cette année ? C'est la question qui m'a été beaucoup posée ces deniers jours. Eh bien, si Jésus-Christ ne ressuscite pas tous les ans à la même date, c'est qu'il marche avec la lune.
Pâques se fête le premier dimanche qui suit la pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps (ici l'automne !).
La pleine lune samedi soir en pose longue occultée par les nuages.




L'équinoxe tombant cette année le 21 mars, la pleine lune le samedi 22 mars, le premier dimanche se trouve être, alors, le 23. On ne peut donc pas faire plus serré. Nous n'aurons jamais Pâques le 19 mars par exemple.
Tout cela parce que chez de nombreux peuples anciens on fêtait à cette date le renouveau du printemps, après une période de disette difficile, les poules recommençaient à pondre et agneaux et lapinots commençaient à gambader dans les prés. Miam, cela donnait faim.


Comme nous sommes quand même prévoyants nous avions loué à Poé (depuis le mois de janvier !) des studios à la mutuelle. On évite le camping à Pâques c'est devenu un principe.
Pourquoi Poé parce qu'il fait toujours beau à Poé même lorsqu'il pleut.
Alors qu'à Nouméa il est tombé plus de 120 mm de pluie en 48 heures samedi et dimanche, il n'est presque rien tombé à Poé par contre il avait fait très mauvais temps le vendredi et c'est sous une pluie continuelle que nous avons roulé vendredi soir.
Résultat des courses ou plutôt des gouttes, tout étant détrempé nous n'avons pas pu partir en balade comme prévu le samedi. Nous avons décidé alors d'aller au village et là stupeur, la route de la plage était coupée pour cause d'inondation.
Une berline bleue a bien essayé de passer mais a dû faire demi-tour. Remplie d'eau, un bateau en profite pour flotter dans l'habitacle.










Nous avons feinté et nous sommes passé par le chemin de la plage qui est réouvert depuis que l'hôtel n'est plus en service.
Bourail inondé, que de vieux souvenirs.....
L'eau de la Néra est haute à gauche du pont :




A droite aussi bien sûr:




Au milieu attention au pont !






La marché de Bourail est tout joli tout bien refait.




La pluie a nettoyé l'azur, il en résulte une lumière vivante, qui vibre accentuant les bleus et les gris, un régal pour mon âme d'artiste.
L'absence de vent me permet l'observation d'un phénomène unique : l'océan transmué en lac. Rien que pour cela le week end a été des plus estimable.









































Atelier d'écriture

Première séance : Je participe depuis lundi à un atelier d'écriture dans le but de rendre mon écriture plus précise et plus fluide à la lecture. Tout cela pour vous plaire, vous en avez de la chance !
Nous avons fait trois petits exercices semblables. Des mots nous sont donnés et nous avons 10 mn pour composer un texte les contenant. Le premier mot doit commencer le texte, il peut être accompagné d'un article.
Voilà mon texte, les mots obligatoires étaient :

Perle bleu soie mirage
Une perle fine accrochée simplement à une chaine en or au raz de son cou, c’était le seul bijou qu’elle portait. Cette perle lui venait de sa mère qui la tenait elle même de la sienne. Sa grand mère lui racontait que c’était un véritable joyau qui avait appartenu à une princesse ottomane ruinée par les aléas des guerres d’indépendance.
Parfois, elle s’imaginait être cette princesse aux yeux bleus marines. Se voyait au hammam entourée de ses servantes la parant de soies chatoyantes.
Elle voyageait ainsi à travers le temps chaque fois que sa main effleurait le bijou.
Elle s’imaginait aussi à dos de chameaux au milieu de déserts chauds et blancs
---------
qui lui offraient des mirages brillants et fascinants.
Pour rien au monde, elle ne se serait séparer de cette perle.

Les ---- indiquent les 10 mn écoulées.
Un autre :
Poulet vitesse cuit orange
L’accident
Un poulet en faction voilà ce qui m’aurait fallu. Je revoyais bien la scène. Au feux oranges, un gamin en booster était venu littéralement s’écraser sur la portière de ma voiture. Le temps de me garer et il avait déguerpi. J’ai apostrophé un homme témoin oculaire de la scène pour lui demander des détails de ce qui venait de se passer.
-Le jeune faisait le fou avec son copain m’a-t-il dit. Il n’a pas su contrôler son véhicule, il est parti en dérapage. Il a du avoir une peur bleu. Il est remonté sur son engin et il a déguerpi à toute vitesse.
-En attendant, c’est moi qui en fera les frais. J’ai une portière d’enfoncer, répondis-je.
Je crois bien que je vais porter plainte, je ne vais pas me laisser faire.
-----
-Vous avez bien raison.
J’étais partie faire des courses et puisque j’étais garée par hasard devant ce magasin, j’en ai profité pour acheter un poulet bien cuit, c’est toujours cela de pris pensais-je.

J'ai à peine dépoussiéré le texte à la ré-écriture. Je n'ai eu aucun mal à l'imaginer parce que cet accrochage venait tout juste d'avoir lieu sur le chemin qui me conduisait au cours. Ce qui est différent de la véritable histoire c'est le feu orange (je me trouvais sur le rond point de Magenta) et l'achat du poulet cuit, j'avais perdu l'appétit.

Didi

m'a dit qu'elle ne voulait plus me parler.
Oh tristesse, le cœur d'une mère est pourtant si fragile.
Alors, j'ai fait ce matin même, ce qu'elle m'avait demandé pour lui plaire et ne pas risquer de perdre à jamais ce brin d'intimité par delà les mers et les océans que nous offre la téléphonie par internet.
Je suis allée chez le marchand, celui qui a une si belle boutique. L'on peut y voir des merveilles appelés mac ou pc et leurs écrans qui allumés ressemblent à des joyaux de maharadjas.
J'ai acheté ça :



Je l'ai tout de suite essayé et là c'est la révélation la musique de Vangelis "Les charriots de feu" puis la "5°" de Beethoven deviennent une pure merveille. Je suis transportée. Je sais que ma vie ne sera jamais plus la même. Dorénavant il y aura l'avant et l'après casque Madonna. Je ne peux plus le soustraire de mes oreilles qui d'ailleurs, à coup sûr, ne me le permettraient pas. Il faut se méfier de ses oreilles, on ne sait jamais quelles émotions elles nous préparent en douce.
Voilà, voulant avant tout, plaire à Didi je me retrouve accro à une nouvelle forme de plaisir : La musique en direct sans aucun intermédiaire entre l'émission de la note cristalline et mon tympan. Une pure merveille vous-dis-je. Je ne suis étonnée que par une seule chose, c'est pourquoi personne, jamais, ne me l'avait dit.

Avis

Aux amateurs de fromage Kraft à tartiner et aux collectionneurs d'étiquettes de fromage (si cela existe, on doit les sentir venir de loin ......).
Le contenant du fromage a changé de look. Adieu le rouge et bonjour au bleu qui est, parait-il, une couleur plus hygiénique fleuron bien le bon lait de vache et la propreté des draps qui sèchent au soleil tout frais lavés avec Bonux.





Samedi soir

Au centre Jean-Marie Tjibaou, nous étions à l'inauguration de l'action culturelle "Si y'a pas toi, y'a pas moi".
Pendant trois mois diverses manifestations culturelles fleuriront afin de commémorer la poignée de main entre Messieurs Tjibaou et Lafleur symbolisant la paix retrouvée après des évènements douloureux de 1984.
C'est une exposition d'art plastiques et de sculpture qui débute cette action.
Nos artistes toujours aussi brillants nous ont,une fois encore, enchantés par la qualité des œuvres présentées.
Miriam Schamm, Wahonno, Berger que du beau monde.
C'était une soirée de rencontres puisque j'ai fait la connaissance de sculpteurs, notamment André Passa qui est venu de Lifou spécialement pour l'occasion. A 10 heures, nous étions les derniers à quitter les lieux. Belle soirée.
La soirée a été animée par une chorale wallisienne de Népoui et des danses kanakes, tout cela au milieu des cases, un verre de champagne à la main.


Les discours des officiels :




Dans la salle les cinq à six cents personnes n'étaient plus contrôlables par le personnel et tout le monde a pris des photos, j'en ai profité mais pas assez à mon gout, l'utilisation du flash n'est pas terrible, je ne suis pas équipée pour prendre des photos la nuit.
Une œuvre d'un sculpteur que j'apprécie beaucoup Yann Conny.




Un bas relief d'André Passa :




Partie d'une installation.




Et pour finir les danseurs :








Carnaval 2008

Date importante à retenir le samedi 19 avril : Carnaval de Nouméa.
Nous étions en réunion Carnaval samedi après-midi. J'ai composé mon costume dans ma tête et je ne vous en dis pas plus pour vous tenir en haleine.
Le thème général cette année est "La vie en rose". Nous serons tous et toutes en rose. Vous savez que j'ai horreur de cette couleur mais je compte sur la magie du carnaval pour tout oublier.
En partant, j'ai pris le reflet de la maison que je venais de quitter après une bonne séance de délires carnavalesques.




Une nouvelle Catégorie

Mon blog s'enrichit d'une nouvelle catégorie lisible ci-dessus.
J'ai envie depuis longtemps de marcher dans toutes les rues de Nouméa. C'est du boulot ! Le seul moyen à mes yeux de connaitre vraiment la ville.
Comme il fait trop chaud en ce moment pour marcher, je suis simplement allée dimanche matin prendre en photo, dans l'ave Foch et la rue Auguste Brun, des lieux typiques et photogéniques.
En ce jour d'élection, une pensée obsédante me vient à l'esprit : Là tout de suite, je voterai pour n'importe quel candidat briguant le mandat de maire qui aurait le projet de supprimer tous les fils électriques de la ville.
Seule, la première photo date un peu, je l'ai prise du deuxième étage d'un immeuble de la rue des Frères Carcopino.




Avenue Foch



















Rue Auguste Brun, je suis déçue d'avoir ce grillage tout devant. La prochaine fois , j'apporte une pince coupante.








Intéressant

Hier, j’ai eu la même conversation avec Arnaud et Frank. Bien évidemment à des espaces temps différents puisque Arnaud habite un peu loin d’ici.
La conversation est partie du cours (le seul ! ) de littérature du XX° que je suis actuellement à l’Université . Les étudiants et le prof commentent le livre de Sartre, “La nausée”. Je n’ai pas encore lu le livre en entier, mais de ce que j’en appréhende, c’est que le héros du livre attrape la nausée le jour où il se rend compte de la banalité de sa vie, toute tracée d’avance. Il comprends aussi que sa seule échappatoire sera d’écrire l’histoire d’un héros imaginaire.
On peut supposer que Sartre a réellement vécu cette sensation puisque, d’après sa biographie, il a écrit ce premier roman pour sortir de sa condition d’intellectuel analyste et pouvoir s’exprimer plus librement.

Ma question était de savoir si l’on peut vraiment écrire une histoire qui soit totalement sortie de l’imagination de son auteur ou, l’inverse ou, les deux à la fois.
Il me semble (probablement parce que je ne m’en sens pas capable) impossible de raconter une histoire qui ne prenne sa source dans le vécu de l’écrivain.
Je ne parle pas ici de détails matériels, on peut toujours inventer de toute pièce sa SimCity. Je parle au niveau des sensations et des sentiments. Comment exprimer une sensation ou un sentiment qui pourraient avoir une résonance chez le lecteur au point qu’il puisse les ressentir lui-aussi, si l’auteur n’a pas expérimenté cette sensation, ce sentiment lui-même ?
Prenons comme exemple un sentiment : L’amertume.
Le dictionnaire nous dit :
Amertume : Ressentiment mêlé de tristesse et de déception.
Ressentiment : Souvenir d’une injure, d’une injustice avec désir de se venger.
L’auteur peut-il véritablement imaginer :
-Quelles circonstances peut l’avoir généré ?
-Quels effets physiques et psychiques cela induit ?
-Quelles conséquences cela peut avoir sur le sujet et son environnement, à court et à long terme ?
-Quels mots mettre les uns à la suite des autres pour que le lecteur ressente une sensation d’amertume sans l’avoir jamais vécue lui-même ?
Si un auteur est capable de faire cela, bravo. Cela relève pour mes maigres aptitudes d’écrivaine de la mission impossible ; et naïvement, comme je pense que cela est impossible pour moi ; cela doit l'être également pour tout le monde.
Franck pense que cela est faisable, Arnaud penserait plutôt comme moi, et vous ?

Ils sont tous les deux d'accord sur un point, c'est que cela me fait réfléchir, trop chou.

In town

Deux personnages : moi et un jeune mélanésien d'une douzaine d'années maigre ; il suit un de ses copains et un jeune adulte rasta.
Lui : T'as pas quelques pièces Madame pour que je puisse prendre mon car ?
Moi : Tu fais l'aumône toi, maintenant. Ici, nous ne sommes pas dans un pays de tiers-monde, nous sommes en Nouvelle-Calédonie.
Et tu fais quoi là ? Tu devrais être à l'école.
Lui : Ben, je suis sorti à 11 heures.
L'enfant s'éloignant pour rattraper ses comparses, il se retourne et me fixe avec attention quand je lance, à la volée, ces dernières paroles :
Moi : Fais autre chose de ta vie.

Rentrée culturelle

Samedi le centre culturel Jean-Marie Tjibaou fêtait à la fois son dixième anniversaire et la rentrée culturelle de la saison.
Avec Noëlle, nous avons surtout visitél'expo temporaire d'un sculpteur vanuatais Johanin Bangdor.
Il travaille le bois et parvient à sortir de sa culture tout en la respectant et nous en faisant voyager dans le temps et l'espace à travers elle.
Un thème récurant est le lézard ailé qui tout comme nos dragons sont des réminiscences d'un passé enfoui dans l'inconscient collectif symbolisant la peur de nos ancêtres des dinosaures et autres monstres préhistoriques.
Et puis, il y a cette statue de l'Homme arborant un phallus dressé aussi haut que la tête du bonhomme. Eh bien quelle virilité !
Les réflexions des nanas fusent au fur et à mesure de leur entrée dans la salle
- Il a tout compris celui-là ; dit une jeune mélanésiennes.
- Cela doit se balancer de gauche à droite, c'est pour cela que les hommes ont la vue qui se trouble ; dit une copine
-Cela prouve que les hommes ont un problème avec leur sexe, ils ne savent pas quoi en faire, c'est un véritable handicap.
Plaignons-les ........