Le père Noël était de retour à l'ile Ouen ce week-end avec les Lions.
Au départ, c'est avec plaisir que je vois la baie de Plum sous un radieux soleil, tout y est calme comme un jour avec pain.
J'aurai dû me méfier......

Le hors-bord file à vive allure malgré son chargement. Dès qu'il s'agit d'emporter de quoi dormir, c'est l'horreur, les sacs se remplissent et s'accumulent sans que l'on puisse seulement rêver d'autre chose.
Il est tôt, des gouttelettes d'eau, précipitées par le sillage du bateau, rencontrent la lumière rasante du soleil. La lumière décomposée façonne alors un arc en ciel qui ressuscite à chaque splash d'écume.
Chacun, dans le silence de sa tête, y va de sa petite prière de remerciement pour le beau temps qui nous est offert.
A l'arrivée, après une coutume de bien-venu et une installation sommaire, une partie des personnes présentes repart faire un "coup de pêche".
Je vais me promener avec Imelda alias Starlette pour les intimes et Erika deux petites filles de l'ile sur une petite plage qui jouxte la tribu.
Je pénètre une nouvelle fois dans l'église qui subsiste décoiffée, délaissée par les hommes elle reste néanmoins envahie par une lumière divine, j'en profite pour faire des photos, espérant vaguement que cela sera la dernière fois que je pourrai le faire.
















Au fond de la baie, le courant ramène toutes sortes de remous peu engageants, traces de pollution liées au travail de la mine.




La faim me taraude, je déjeune avant tout le monde et pars faire une sieste. Je boude, je suis venue ici pour explorer davantage l'ile, pour emprunter ses chemins, pour grimper au sommet de ses collines. Je comprends que cela ne se fera pas au moment où sort d'un sac isotherme le Whisky et le Perrier.
Si c'est juste pour boire un coup, pourquoi avoir fait tout ce chemin ?
L'après-midi est déjà bien avancée quand nous nous rendons en bateau à la baie Blanche. Dans la baie, sont ancrés des voiliers terminant là une régate débutée en matinée.
Starlette, ne dénie pas son surnom et joue au mannequin.








Nous croisons des marins en promenade.




L'abord de la tribu est rendue difficile par la présence d'un récif de terre, nous accostons une nouvelle fois sans encombre malheureusement ce n'est pas le cas de l'autre bateau qui, à la suite d'un léger manque d'attention de son pilote, vient s'échouer dessus.
Cette histoire va occuper les hommes pendant de longues heures, le bateau présente une voie d'eau, il risque de couler.
Tard dans la soirée, alors que le feu consume les branches de gaiac pour le barbecue, des hommes colmatent la brèche comme ils le peuvent, et resteront sur le bateau pour le veiller toute la nuit.




Navrant cette histoire.
D'autant plus navrant que le lendemain, le soleil, las d'avoir trop briller la veille, laisse la place à de gros nuages chargés de pluie, de la vraie, celle qui mouille. Cela n'aidera pas pour les diverses manœuvres à engager.

Voilà le bateau "croché" sur le récif le lendemain matin :



Mais non, Mimi, ça c'est la photo que tu as prise en ayant oublié de régler l'appareil.
Oui mais, si elle me plait à moi......




Note de l'auteure pour ceux qui n'auraient pas bien pigé : Le bateau en question n'est pas la petite barque bleue mais celui que l'on peut voir au loin.


Un peu d'eau douce, cela n'a pas découragé le Père Noël qui en a vu d'autres, les enfants sont tous au rendez-vous et la joie est perceptible dans un regard, un sourire.




Un bougna royal vient peu après nous sustenter avec bonheur. Toutes les femmes de la tribu ont participé à sa confection. Les petites filles qui n'ont pas cuisiné ont fait la décoration de la salle commune en cueillant et piquant des fleurs fraiches un peu partout .




Les meilleures choses ont une fin et dans le cas présent, le meilleur n'était pas la fin.
Dans le bateau, couverte d'un pochon poubelle, je me mets en boule pour m'exposer le moins possible aux déluges récidivistes.
Mouiller pour mouiller, vous me direz, qu'importe. Eh bien non, la pluie dans le cas présent est la goutte en trop.
Dans la voiture, enfin à l'abri, essuyée et changée, je sentais encore l'humidité me pénétrer sournoisement par tous les pores. Ce n'est qu'à la maison que j'en suis venue à bout en soignant le mal par le mal par un bain divinement chaud et moussant.