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Le carnet de route de la famille Rolly


La vanille Bourbon




Nous avons visité la vanilleraie du domaine du Grand Hazier.

Son tenancier est un véritable livre ouvert sur tout ce qui concerne cette orchidée et sa culture réunionnaise.
I’ile de la Réunion a été le premier pays où un jeune esclave a réussi à marier la fleur pour donner la fameuse gousse. Pendant des dizaines d’années elle a été le premier producteur mondial de vanille.
Le marché étant devenu petit à petit très difficile, à cause de concurrence de Madagascar, les producteurs de la Réunion visent la qualité supérieure, celle qui intéresse les grands cuisiniers et pâtissiers de renom.

Depuis le mariage de la fleur jusqu’au moment de la vente, il se passe trois ans pendant lesquels la gousse de vanille Bourbon subira de nombreuses manipulations impossibles à mécaniser. J’ai été fascinée par le soin avec lequel le traitement est effectué et le temps que cela prend. Je trouve in fine que cela n’est pas cher payé. Un peu comme avec la truffe, cela semble à priori très onéreux mais lorsque l’on connaît tout le travail que cela demande, on trouve cela presque dérisoire.

J’ignorais que la vanilline se trouve autour des graines noires contenues dans la gousse (je croyais qu’elle était contenue dans la graine elle-même …binp). C’est une sorte de ciment protecteur de la graine (si j’ai bien compris). Donc, plus il y a de graines et plus il y a de vanilline, mais aussi plus la gousse est longue et plus elle contient de graines donc, tout cela nous donne une première info à retenir lors de son choix d’achat : Plus la gousse est longue et plus elle sera riche en vanilline donc en goût.
Une fois la gousse tuée par trempage dans de l’eau chaude, il faut l’étuver afin qu’elle ne s’ouvre pas, elle est ensuite séchée plusieurs jours au soleil et retournée souvent.
Elle reste ensuite dans les caisses pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce que de l’huile jaunâtre sointera petit à petit de la gousse et la fera briller. Cette huile à un rôle protecteur.




Deuxième critère de choix : Au touché la gousse doit être légèrement huileuse et laisser sur les doigts des traces jaunâtres.
Pour les conserver et les empêcher de sécher, il est nécessaire de les mettre à l’abri de l’air. Un bocal étroit en verre (type asperge) fera bien l’affaire à la maison, mais ici elles sont attachées les unes aux autres le plus serré possible afin qu’elles gardent leur humidité. Avant de les lier, elles sont mesurées une à une afin que les fagots soient égaux.
Troisième critère de choix : Une bonne gousse doit être pulpeuse et souple, dès lors qu’elle perd cette souplesse, elle perd aussi ses qualités organoleptiques.




Un plant de vanille mutant, bizarrerie de la nature....




Les aventures de mimi chez Carrefour



D’autres balades ont continué à la Réunion et je les mettrai en ligne très bientôt, aujourd’hui, je fais une petite parenthèse pour vous raconter mes nouvelles aventures chez Carrefour.
Pendant la journée d’hier à Toulouse où nous avons atterri de bonne heure, il n’a pas fait si froid. Onze degrés qui m’ont permis de sortir en simple veste polaire pour aller chez Carrefour.

Wouah, ce Carrefour Toulousain est du genre king size. Les gens ici, n’ont plus besoin de se rendre à la campagne pour se dégourdir les gambettes. Il suffit qu'ils pénètrent dans cet antre magique dédié à la consommation et sans s’en rendre compte, ils marchent deux bonnes heures dans ce dédale de consoles scintillantes.
Les parents du Petit Poucet avaient du boulot pour paumer leurs gamins. Marcher jusqu’au cœur de la forêt et s’éclipser pendant leur sieste méritée. A présent, il suffit de les emmener au milieu du magasin de faire mine de s’intéresser à la dernière casserole qui fait toute seule la cuisine et pouf les gamins ont disparu par eux-mêmes. C’est propre, net, sans bavure. L’histoire est bouclée en moins de dix minutes.
Donc, un conseil si vous tenez un peu, aux personnes qui vous y accompagnent, RESTEZ GROUPER.
Le but de notre visite, hier, était d’acheter un matelas gonflable. Bien entendu, nous avons trouvé l’objet de tous nos désirs, il faut quand même préciser que nous avions un bon guide autrement, qui sait, nous y serions encore !
Il y a le choix en qualité et nous optons pour un matelas double épaisseur qui se gonfle en seulement quatre minutes, que désirer de plus ?
Le matelas en question, posé sur un tapis dans la chambre de la cabane au fond du jardin, est confortable, nous pensons passer une bonne nuit peuplée par les rêves de nos futurs achats chez Carrefour.
Eh bien, c’est là que l’on se dit que l’on apprend à tous les âges. Les voyages ne forment pas seulement la jeunesse mais réveillent les plus agés si vous voulez mon avis.
Nous n’avons jamais utilisé de matelas gonflable dans des pièces peu chauffées donc cette nuit, nous n’avons pas vraiment compris ce qui nous arrivait quand on a senti le froid qui sortait littéralement du matelas. Cela pouvait passer lorsque l’on ne bougeait pas mais sitôt que l’on voulait se retourner le froid se faisait mordant.
Comme on fait son lit on se couche dit le dicton, ce soir nous mettrons une couette sous le drap housse et on verra bien qui gagnera. Je n’ai plus qu’à attendre à présent l’ouverture de mon sauveur. Ah Carrefour bienfaiteur de l’humanité !

Délire fantasque



Quand il pleut, le plus souvent, ce n’est qu’un mauvais moment à passer mais, quand il pleut en voyage cela fait rager. C’est probablement la seule fois de ma vie que je viendrai à Maurice et la pluie m’empêche de profiter du moment présent. Zut alors !

Le grand bassin est normalement une promenade agréable mais sous la pluie cela c'est réduit à une simple photo avec Alain en tout petit pour donner l’échelle de la statue.




Les 7 couleurs des terres du sud : sont une attraction touristique indiquée dans toutes les brochures. C’est sympa mais tout petit, je trouve que c’est beaucoup de bla bla pour peu de choses, de plus j’ai saturé au maximum les couleurs pour les avoir comme sur les dépliants mais je n’ai pas réussi à faire aussi bien malgré le rayon de soleil qui a duré juste le temps de la prise de vue. Avec Alain, nous avons déliré en nous projetant dans le sud de la Grande Terre pour montrer à des hordes de touristes les couleurs de nos différentes terres à nous, bien composées dans un jardin minéral artistique, cela pourrait être une attraction toute aussi digne d’intérêt que celle-ci.








Les fleurs de l'océan Indien



Les fleurs sauvages ou domestiques foisonnent à l'Ile de la Réunion. Cela égaie les balades et embellie gracieusement les jardins.
A part une ou deux connues de tous je vous livre ici, toutes celles qui m'ont étonnée lors de mes différentes excursions dans les pays traversés.
















































































Les grands domaines





Au 18° Monsieur de la Bourdonnais a beaucoup fait pour le pays. Il avait un immense domaine. Sa maison que vous voyez ici de derrière est en rénovation et ne peut pas se visiter en ce moment. Une pépinière et un verger toujours actifs bordent les dépendances dans lesquelles il est possible d’acheter des produits du terroir. J’ai pris des pâtes de fruits tropicaux délicieuses. La maison rénovée ouvrira ses portes en fin de cette année.




Le domaine des Aubineaux est la première étape de la route du thé. Pour près de 7 euros, l’on peut visiter la maison et déguster un thé. A la manière créole, la maison est recouverte de bardeaux peints en blanc. Ses vérandas sont très belles et les plafonds super hauts. Nous sommes allés au grenier et pour y monter nous avons eu l’impression de monter deux étages. Un peu comme dans les palais des maharadja en Inde, des photos de la dernière famille ayant occupée les lieux ornent les murs, cela fait un peu bizarre, j’ai l’impression de violer l’intimité de cette famille inconnue.
Le jardin est magnifique mais, la pluie nous interdit son accès. Le thé noir est très bon, léger. J’ai acheté à la boutique un énorme paquet de thé « Bois Chéri » Black Label.




















Le musée du sucre



J’ai un souci avec le sucre depuis un moment. Je suis en train de mettre une de mes nouvelles théories fumantes au point par rapport à notre consommation de sucre (je vous en parlerai un autre jour…). C’est donc peut-être le mauvais sort qui m’a envoyé dans cette ancienne usine à sucre transformée en musée. C’est super bien fait, très esthétique mais il y a trop de textes, j’ai décroché très vite.













J’ai appris quand même que l’histoire de l’île est intimement liée à celle du sucre depuis que des hollandais ont massacré la forêt primaire pour y planter de la canne. Que certaines variétés de canne ont été importées de Nouvelle-Calédonie et enfin que Nostradamus a écrit un livre sur les confitures. Je ne sais pas s’il prédisait aussi notre fin à tous gangréné par le diabète, mais bon.




Les tours des arbustes ne sont pas faits "à la tonton Marcel" avec des vieux pneus mais avec des roues dentées. Il y a eu ici, comme à la Réunion de nombreuses usines à sucre qui ont été détruites au profit de deux seulement plus modernes et plus grosses, d'où le musée et les dents à recycler.




Le jardin des Pamplemousses

C’est un jardin botanique. Un bel endroit de 26 hectares. Nous en n’avons pas fait le tour, parce que faim nous a envoyé ailleurs où les senteurs sont parfois semblables mais jamais aussi pures.

Le matin, dans le jardin de l’hôtel, Alain est attiré par ce palmier particulier qui est un « bouteille » mais semble différent de celui que nous connaissons. Nous apprendrons par le guide que c’est un palmier endémique de Maurice. Lorsqu’il est petit, il est super joli. Dans le parc Monsieur Palmier est une sorte de chouchou, il y en a 80 espèces différentes. Il borde plusieurs allées avec grâce et donne des graines colorées.

















Un étang est recouvert de lotus, c’est toujours magique de voir ces grosses fleurs. Des gouttes d’eau sur une feuille pour une batle avec Didi.




















Un autre étang est lui, recouvert de nénuphars géants. A contrario de ses feuilles, ses fleurs ne sont pas spectaculaires mais l’on ne peut pas tout avoir ! C’est une plante qui est originaire d’Amérique du Sud. Un bébé peut tenir sur ces grands disques qui peuvent faire jusqu’à deux mètres de diamètre. L’envers des feuilles est recouvert d’épines, attention au bébé !












Je passe sur toutes les plantes et les arbres pourtant majestueux que je connais déjà pour vous montrer l’arbre saucisse : on jurerait que c’est une installation d’art contemporain ou le délire d’un artiste du Land Art. Eh bien, non, ce ne sont que des calebasses.



Il y a quelques semaines, je me suis posée la question de savoir comment poussaient les noix de muscades. J’ai eu la réponse ce matin, elles se cachent tout simplement dans ces coquilles jaunes.




Ile Maurice



Je suis un peu déçue, je pensais que Ile Maurice portait le prénom d’un illustre français eh bien non, c’est en fait un hollandais qui a baptisé l’île « Mauritius ». Trois nuits, quatre jours pour explorer un pays cela fait court surtout que notre première journée a été quelque peu tronquée par un retard conséquent de notre avion et qu’il nous a fallu une heure et demie pour arriver jusqu’à notre hôtel depuis l’aéroport.
Alors que nous traversons le long village du Triolet, je me revoie en Inde. Tout ici, rappelle l’immigration des indiens au 19° : l’horizontalité des toits des maisons, la finesse de la population, les uniformes des enfants sortant de l’école, les odeurs d’épices, d’encens mêlées au CO2 et une certaine nonchalance.

Je suis étonnée par la richesse du pays, je croyais bêtement, arriver dans un lieu où les infrastructures laisseraient à désirer, pas du tout, une kyrielle de belles voitures circulent sur des quatre voies, des magasins de luxe se succèdent dans certains quartiers. Heureusement, il n’y a pas que cela, le petit supermarché le plus proche de notre hôtel ne rassemble que peu de marchandises dans un désordre délirant. Un peu d’exotisme que diable !

Le soir notre première promenade est pour la plage. La mer est super calme, le sable blanc, fin et doux (cf : ile des Pins) tout pourrait être tranquille s’il n’y avait pas autant de monde. Les touristes sont en grande majorité des européens surtout des français. La plage près de laquelle nous sommes s’appelle Mon Choisy, elle est très longue et bordée de filaos plantés, nous n’avons pas pu apprécier ses couleurs à cause du temps maussade. C’est tout plat, il n’y a aucun relief. C’est certainement cela qui ajoute du calme au lieu et qui m’empêche de l’aimer à 100% . Je comprends les familles qui viennent là, pour passer des vacances à la vue d’un jeune couple avec leur petit garçon. Ils décompressent, c’est évident. Moi, je ne suis pas en vacances, et je n’ai aucun besoin de décompresser. Je me sens un peu en retrait de tous ces gens. Ce que je cherche moi, c’est la découverte, l’aventure.









Les gens du pays parlent tous plusieurs langues. Ils mélangent le créole, l’anglais et le français avec bonheur semble-t-il, néanmoins, je ne parviens pas toujours à les comprendre. A Nosy Be tout ce qui était écrit, l’était en français comme si le malgache ne s’écrivait pas (sic). Ici, l’on retrouve un peu la même chose. Les enseignes sont surtout en français, parfois en anglais, rarement en créole mais, on en trouve aussi qui mélangent les trois langues allègrement.

Même pas mouillée



Pendant la balade, nous avons croisé, malgré le temps, beaucoup de marcheurs.
Souvent, à peine entrevus, j’observais leur tenue.

Un hollandais qui préférait son confort à son élégance était habillé avec un bas de pyjama et des chaussures montantes de montagne en cuir, il marchait d’un bon pas. Une jolie femme en tenue de ville très ajustée et baskets branchés descendait avec précaution. Une femme aux cheveux bleus, toute de bleu vêtue était suivie par une autre habillée en marron avec les cheveux marron.
J’ai demandé, intéressée, à un homme, genre militaire, pourquoi il portait des guêtres. Il m’a répondu que cela sert à éviter que des petits cailloux entrent dans les chaussures. Ce n’est pas idiot.

Et moi ?
Eh bien moi, j’ai essayé pour la première fois mon « Marmot ». C’est un vêtement dit technique. Il est si léger et doux que l’on croirait porter une caresse. Ses performances m’ont impressionnée. D’abord, je n’ai pas eu froid et rien que pour cela c’est déjà formidable. Quelqu’un m’aurait dit que je me promènerai par 14° en tee shirt léger, je lui aurais ri au nez. Ensuite, pendant tout le temps de l’ascension, alors que le brouillard épais mouille tout ce qu’il touche, je reste sèche. (Parenthèse : je n’ai pas pu garder mes lunettes, elles étaient tout le temps trempées malgré le chapeau parce qu’au contraire de la pluie les gouttelettes du brouillard arrivent de partout à la fois.) Enfin, après une demi-heure de marche sous une bonne pluie avec pour seule protection ma petite veste en polaire, je suis toujours au sec, impressionnant.
Par contre, il faudra que l’investisse dans un chapeau qui protège à la fois du soleil et de la pluie mais qui soit en même temps tout mou pour rentrer dans une valise. Je vais me rencarder là-dessus.
PS : Non, je ne suis pas payée par Marmot pour leur faire de la pub, mais s’ils insistent, je me laisserai faire.





Le Piton de la Fournaise



Nous sommes très occupés ici, à la Réunion et je mettrai en ligne d’autres sorties. Elles ne seront pas toutes dans un ordre chronologique, mais cela n’est pas le plus important.


Ce week-end, nous sommes allés voir le volcan… Tout d’abord je dois remercier une fois encore Betty et Jean-Pierre pour nous avoir servi de guide lors de cette nouvelle aventure. C’est un cadeau inestimable. Ceci étant dit, voici le volcan :



Non, ce n’est malheureusement pas ce que nous avons vu. Ceci, n’est qu’une piètre photocopie prise dans la Maison du Volcan. La réalité est bien plus captivante pour nous.

Donc, avant-hier nous sommes partis pour le Piton de la Fournaise, le fameux volcan qui fait régulièrement parlé de lui (dernière éruption en date : 3 janvier de cette année).
Au fur et à mesure que nous montons dans "les Hauts" la température baisse. De 34° nous passons à 15°, la fraicheur est la bienvenue mais ni la petite pluie ni le brouillard qui l’accompagnent. La végétation change également, on passe des cocotiers aux grands confères pour finir par une végétation plus rabougris mais pleine de charme à 2200m :






A l’heure du déjeuner nous pique-niquons près des montagnes et de l’horloge hydraulique de Bois Court. Il est midi, le temps semble s’écouler encore plus vite quand elle se vide entièrement.












Ensuite, nous visitons la Maison du Volcan. C’est sympa comme petit musée, on y apprend beaucoup de choses sur tous les volcans du monde. J’apprends, notament ce que sont les cheveux de Pelé. Ce sont des sortes de tas d’aiguilles qui s’envolent avec le vent pour retomber un peu n’importe où. Quand elles atterrissent dans les champs où les vaches paissent, elles peuvent être absorbées et tuer l’animal. C’est sournois comme truc.


Nous dormons au gîte qui se trouve au début de la piste. Une promenade au crépuscule comble nos mirettes, regardez : Le piton a l’air tout gentil et doux.
















Nous sommes au-dessus de la falaise que nous devrons descendre et remonter le lendemain. C’est très abrupte, la voici d’en bas :



Le soir une mer de nuage s’éclaire un peu. La salle du restau est chauffée mais l’on doit acheter des jetons pour se doucher à l’eau chaude.




Le lendemain, nous quittons le gîte, il fait presque beau l’ascension peut commencer. J'aime beaucoup marcher sur ces grosses dalles, je saute comme un cabri.








Très vite le ciel se couvre et nous marchons dans les nuages. J'ai une pensée pour mes anciens élèves. Ils avaient du mal à comprendre la différence entre de la fumée, le brouillard et les nuages et surtout qu'il n'y a que de l'eau (de la vraie celle qui mouille) dans les nuages.








Quand on marche, on joue au petit Poucet, tous les trois ou quatre pas il y a un gros point blanc qui indique le chemin et il et interdit de s'en éloigner sous peine de se perdre et cela arrive très vite quand le brouillard est épais.
Au sommet, après Deux heure et demie de marche et une petite pose, nous avons la chance de voir le fond du cratère se découvrir un peu.
J'adore cette photo parce que le haut est le bas et le bas est le haut.




Et mon plus beau cliché rien que pour vous :




Jean-Pierre a trouvé la technique pour regarder en bas sans prendre le risque de tomber....




Les roches ne sont pas toujours noires, elles dévoilent parfois des nuances extraordinaires.




Derniers jours



Nous terminons notre séjour dans un hôtel de charme « Chez Gérard et Francine ». C’est une grande maison de style coloniale qui donne sur la mer. C’est un espace ouvert et frais, très agréable en cette période chaude. Tout est fait ici pour que l’on puisse apprécier la douceur de vivre du pays. Si cela vous intéresse allez faire un tour (Choisissez l'option "visite à 360°") sur leur site : cliquez ici


Notre dernière « grande » balade : L’ile de Sakatia.
C’est un endroit qui m’a beaucoup plu. L’ile est suffisamment grande pour ne pas pouvoir en faire le tour en une journée de marche. A cause de son relief et de la proximité de Bosy Be, il n’y a pas de route. Quelques maisons s’abritent au fond des petites baies toutes calmes.
Vingt minutes très mouillées suffisent à rejoindre le Sakatia Lodge qui nous accueille pour la journée. Cet hôtel tenu par des italiens polyglottes est l’endroit révé pour décompresser. Il donne directement sur la mer. Le repas léger servi à midi est excellent. L’après-midi nous faisons une balade le long de la mangrove. Les palétuviers sont immenses, noirs complètement emmêlés les uns les autres créant le décor idéal pour un film fantastique. Pas de photos, malheureusement.


Une dernière promenade, au bout de la plage d’Ambatoloaka, nous marchons le long des rochers jusqu’au port de pêche. Un panneau amusant nous indique ce qu’il ne faut pas faire. Pour les amateurs de palmiers, j’ai pris cette hampe de fleurs qui m’a paru démesurée.
















L'arbre sacré


Ce matin, à l’heure du petit déjeuner un margouillat vert aux yeux turquoises se promenait tranquillement sur la table à côté de nous. Nous le voyons alors, s’approcher de la confiture et avec souplesse placer ses deux petites pattes sur le rebord de la coupelle. Il déroule sa langue et suce allègrement ce nectar offert. Toutefois, il n’en abuse pas et je n’aurais pas l’occasion de le reprendre en flagrant délit.





Nous allons aujourd'hui visiter l'intérieur de l'ile, plus précisément l'arbre sacré.
Nous nous arrêtons à la cascade où un groupe de femmes et d’enfants nous accompagne sur les 50 m du chemin qui y mène.




Une femme me prend par la main pour m’aider à descendre. D’emblée cela m’énerve parce que je sens que son geste est calculé. En effet à la fin de la visite tout ce petit monde nous demande un cadeau.
Nous n’accédons pas à leur requête pour diverses raisons :
- Nous n’avons rien à leur donner (que des grosses coupures dans les sacs).
- Quand on donne à l’un, il faut donner à tous et en fin de compte vu leur nombre cela aurait fait beaucoup.
- Nous nous sommes acquittés d’un droit de passage, à quoi sert-il ?
Ils montrent de la colère et probablement nous insultent dans leur langue. Ce n’est pas cool.
Visite de l’arbre sacré. Melting-pot entre religion indienne et histoire culturelle du pays l’arbre est un banian qui occupe un demi-hectare. Le petit musée attenant et le discours du guide sont intéressants sur le plan de l’histoire du pays.
L’après-midi promenade dans les rues de Hell Ville. L’allée « coloniale » a certes perdu de son panache mais pas son charme.
















Le soir alors que je donne un billet de 10 000 ariaris au taxi qui nous remonte à l’hôtel, je le vois examiner la coupure sous toutes ses coutures et enfin il lance : « Ce n’est pas 10 000 que je vous avais dit mais 17 000. »
Les hommes ne sont pas contents et il s'en va la carlingue basse.
Décidément, ce n’était pas le jour des relations cordiales avec les populations locales.

Nosy Comba



Nous profitons du beau temps pour visiter deux petites iles distantes d’une demie-heure en bateau à moteur de Nosy Bé.




Le guide qui devait nous accompagner nous laisse entre les mains de son pilote . En le voyant habillé en chaussure de ville chemise et pantalon, j’ai eu tout de suite un doute sur ses intentions touristiques, hors c’est bien une prestation avec guide que nous avions payée.

Bref, nous naviguons à présent vers l’est. L’extrême pointe des vagues s’allume, parsemant l’océan de mille diamants. C’est déjà ça.

Nosy Comba s’avère être un parfait piège à touristes. Nous débarquons sur la plage et un homme se prévalant guide nous prend en charge. Nous suivons un chemin qui serpente dans un village de pêcheur transformé pour l’heure en immense curios pour touristes. Mauvaise surprise nous devons payer un droit de passage (sic). Des lémuriens apprivoisés viennent manger des bananes offertes par les touristes, un boa et quelques tortues étalent leur paresse dans des enclos bétonnés. Des enfants chantent sur notre passage en nous montrant leur panier où trois fleurs d’hibiscus se battent en duel et ils nous demandant « un cadeau ».














Aucun intérêt, aucune authenticité.

La plage de l’îlot Tanikely (inhabitée ?) est bondée de touristes. A midi, nous sommes les seuls à être assis à table, nous nous sentons hyper priviligiés, notre guide aura au moins servit à ça, semble-t-il.








L’eau de la mer est trouble à cause des récentes pluies mais elle est chaude, ceci compense cela.
Je parviens tant bien que mal à photographier un phaéton.




En hauteur

Ce matin en allant voir la mer, j’ai eu l’impression de sortir de l’hôpital après cinq jours d’enfermement. Une sentiment bénéfique de retour à la vie m’étreind, tout cela grâce à quelques rayons de soleil, enfin.












Notre destination d'aujourd'hui : le mont Passo. Passo fût capitaine sous la coloniale en même temps que le gouverneur Hell. Celui-là même qui donna son nom à Hell Bourg à la Réunion et Hell Ville, ici sur l’île de Nosy Be (un peu de culture ne vous fera pas de mal…).

Sur la route nous voulions visiter l’ancienne usine (une bien rouillée comme je les aime) de canne à sucre mais personne n’était présent pour nous faire faire le tour du propriétaire. Tant pis pour nous, j’ai une belle compensation en photographiant des enfants charmants.




Arrêt déjeuner sur la plage d’Andilana au Nord Ouest de l’île, « Chez Loulou ».
Un menu pour deux suffit à notre maigre appétit.




Sur le chemin nous nous arrêtons aux bords des lacs qui occupent d’anciens cratères de volcans en espérant voir des crocodiles. Nous en apercevons un de très très loin, il est là sur la photo. Bon, n’en rajoutez pas SVP.




J’achète un peu de poivre à cet enfant. J’admire sa constance, attendre ainsi toute la journée les touristes avec ces maigres articles à vendre, il faut le faire.





Belle vue de là-haut. Les filles ici portent ce maquillage particulier. Nous n’avons pas réussi à savoir si c’est simplement pour faire joli ou bien si cela a une signification symbolique.












La route qui monte sur le mont est en si mauvais état que nous sommes parfois obligés de descendre du véhicule pour l’alléger comme au bon vieux temps des diligences.




Chaud devant



Nous changeons d’hôtel, nous nous rapprochons de la plage d’Ambatoloaka.
Le « Clair de Lune » est sympa, les cases traditionnelles sont très sombres mais confortables, il y a de l’eau chaude… Une piscine et un beau jardin tropical agrémentent l’espace extérieur.
C’est malheureusement mal placé et trop enfermé de plus, le patron un français à l’abord sympa n’est pas du tout ce qu’il parait être.




A l’heure du déjeuner (parce que l’hôtel n’est qu’un hôtel) nous descendons le chemin qui mène à la plage. Celui-ci est transformé en rivière et par endroit nous avons de l’eau jusqu’aux mollets. Un enfant profite de cette aubaine et joue aux petits bateaux avec des bouchons bleus de bouteille d’eau et des boîtes de concentré de tomate rouges.

Nous déjeunons à la gargote « Chez Mama » ; nous y mangeons des plats locaux pour trois fois rien.

De vieux européens sont attablés avec de jeunes malgaches. Ici nous sommes dans le quartier chaud de la ville, là où le tourisme sexuel bat son plein.

Les hommes nous rebattent les oreilles en disant qu’ils ne comprennent pas les femmes mais jamais il ne leur vient jamais à l’esprit que pour nous, c’est exactement la même chose.
Je ne comprends pas ce que viennent chercher ces vieux auprès de ces très jeunes filles.
A cette question des hommes croisés à l’hôtel me répondent :
- Les pauvres, ils sont seuls, c’est pour rompre leur solitude.
- Ils sont là parce qu’après 50 ans bobonne ne veut plus les satisfaire.
- C’est le plus vieux métier du monde, cela existera toujours.
- Ici, la prostitution n’a pas la même valeur que chez nous, il est normal qu’une femme demande un cadeau après avoir fait crack crack même avec son mari (sic).
- Avec le prix d’une passe en France ici, on peut avoir une fille pendant tout un mois.
On atteint le fond là…

C’est étrange qu’à aucun moment ils ne pensent aux jeunes filles ni à ce qu’elles subissent. Heureusement que certaines d’entre elles tirent leur épingle du jeu en jouant la carte de l’émotion pour se faire envoyer une petite rente mensuelle par leur vieux comme au temps des grandes cocottes.

Pour moi, un acte sexuel doit être un acte de liberté entre deux adultes responsables et consentants. Dès lors qu’il y a une pression quelconque sous quelle que forme que ce soit (argent, violence, ascendance) la relation devient inepte et engendre un malaise voire une douleur indélébile.

J’ai du mal à comprendre comment les hommes peuvent se prouver à eux-mêmes leur virilité quand ils payent et surtout quand ils décèlent dans les yeux de leur victime une marque de dédain, de douleur ou de grande indifférence. C’est totalement obscur pour moi, c’est hors de moi.

Un plaisir s’il n’est pas partagé n’est que poussière au vent.