Pérou
Nous sommes à Cusco au Pérou.
3400m d’altitude cela se sent dès la montée des escaliers dans la maison où nous avons loué une chambre. Nous l’avons choisi parce qu’elle est située en bordure du centre ville où nous allons souvent.
Je dois m’adapter à cette nouvelle ville et aux us et coutumes de ses habitants. En voyage notre capacité d’adaptation est souvent mise à rude épreuve. C’est perturbant sur le moment si bien que parfois, l’on apprécie les lieux bien plus tard quand le cerveau a éliminé les petits inconforts quotidiens pour ne garder que les bons moments.
J’ai froid.
Je savais qu’en venant ici, j’aurai froid c’est pour cette raison que je me suis équipée en conséquence et mes choix ont été efficaces puisque, en extérieur, je supporte les températures basses avec les vêtements que je porte. Ce que je n’avais pas prévu c’est que j’aurai froid à l’intérieur.
Dans notre société, depuis la nuit des temps le chauffage des maisons est quelque chose de primordial. Beaucoup d’énergie en travail et en ressources naturelles sont dépensées afin de garantir tout au long de l’année des températures douces.
Ici, la nuit il fait environ 7° en ce moment (en juillet/août cela descend encore plus) et la maison ne dispose pas de chauffage, gla-gla.
Il est vrai que la journée toute l’année il fait chaud et que les verrières la réchauffe un tant soit peu bien insuffisant pour moi. Nous sommes obligés de nous doucher le matin après 9h pour ne pas congeler. Je retrouve des gestes ancestraux perdus comme de frotter le linge à l’eau froide parce que dans toute la maison il n’y a de l’eau chaude que pour se laver. Par un système astucieux (mais peu sécuritaire) l’eau est chauffée électriquement lorsqu’elle arrive dans la pomme de la douche. Il n’y a ainsi pas de perte d’énergie en chauffant des réserves qui ne serviront peut-être pas (sauf lorsque je suis dans les parages…).
Oui, j’ai du mal avec cela. J’ai acheté un bonnet pour dormir la nuit et j’ai emprunté un pull en polaire à Alain.
Sinon, la maison est sympa ainsi que les propriétaires, c’est propre et nous disposons de grands espaces de vie.
Aujourd’hui nous avons commencé à visiter les curiosités de la ville. Cela va se continuer pendant une semaine puisque nous avons acheté « el boleto touristico » qui nous permet d’entrer dans plusieurs lieux culturels.
La visite est celle du musée qui accompagne l’église Merced. Les plus belles pièces sont cachées dans de salles sombres et inaccessibles aux photographes mais le cloître du couvent se laisse gentiment faire.
Nous déjeunons dans un bon restaurant pour 30 euros par personnes, c’est très bien et le service est impeccable. Dans la ville, il y a comme c’est le cas ici de nombreuses cours intérieures du 16° siècle et de petits balcons accrochés aux fenêtres, cela me fait penser à Roméo et Juliette.
La cathédrale et la place des armes : cœur de la ville où des vendeurs à la sauvette ne cessent de nous solliciter pour vendre leurs breloques.
Dans la rue :
Par Mireille Rolly, jeudi 11 mars 2010 à 23:55 :: Voyage 2010
Les fleurs du désert
Cela n'était plus la saison des fleurs dans le désert alors j'ai fait ce que j'ai pu.
Ok, les cactus ne sont pas des fleurs mais il faut bien que je me rabatte sur quelque chose, en plus c'était la première dois que je voyais ce genre de plantes dans son milieu naturel.

Tout près de là des vraies fleurs mais cela reste timide tout cela.


Sauf pour les géantes :

Dans le désert de sel, seules des algues représentent leur règne.

Sur les altiplanos les touffes d'herbe que consomment les vigognes (du moins je le suppose, il n'y a rien d'autre) et cette espèce de plante/mousse protégée qui ne pousse que de 1mm par an.

Et une banale mais sa rareté en ces lieux hostiles la rend précieuse.

Par Mireille Rolly, mercredi 10 mars 2010 à 01:49 :: Fleurs et bouquets
San Pedro
Je n’ai pas lancé
De pièces
Dans le lac salé
Je ne sais
Si je reviendrai
Goûter le sel
De cette terre.
Où dominent,
Tout en parvenant
A se conjuguer
Avec sérénité,
L’azur, le blanc et le pourpre
Je pars,
Des ailleurs inconnus
Foisonnent encore
Alors que mon temps
Lui, s’éteint peu à peu,
Irrémédiablement.
C’est avec une tristesse diffuse que j’ai quitté le désert de l’Atacama.
Les images restent présentes encore dans mon esprit mais pour combien de temps?
Un voyage, c’est un peu comme un livre aimé. S’il devient précieux, il reste des années dans la bibliothèque avec le désir d’être lu à nouveau mais il y a tellement d’autres livres qui attendent de l’être que plus la poussière se dépose sur sa tranche et plus il perd son attrait.
Lorsque un lieu devient comme un dieu, et que pour lui plaire, je jette dans ses eaux quelques menues monnaies, c’est toujours avec l’espérance d’un retour possible mais, d’autres lieux attendent leur pièce. Cela pourrait être sans fin si je ne prenais, à chaque lancé, la mesure du rétrécissement de mon temps imparti en pensant à l’immensité de notre monde.
Laissez moi vous emmenez en promenade dans le village de San Pedro.
Voici la plus ancienne maison du village, elle a été construite en 1540. Un peu de bois de la paille et de la terre cela suffit à abriter du froid et de la chaleur.
Les toits sont recouverts de terre, c’est un super isolant naturel. Aujourd’hui elle est posée sur des tôles mais apparemment autrefois c’était sur du bois.
A l’intérieur, même en pleine chaleur, il fait frais. Je ne sais pas ce que cela peut donner en hiver. Je me demande ce qui se passe lorsqu’il pleut (rarissime heureusement), la terre doit dégouliner de partout.
L’église est charmante. D’autres entraperçues ont le clocher à part du lieu de culte et des statues habillées de beaux vêtements en tissus brodés.
La place carrée est ombragées par de vieux arbres à feuilles minuscules et fleurs rouges, le sol est pavé alors que notre rue me rappelle le temps de cow-boys et des indiens en étant en simple terre battue.
Il y a très peu de voitures, elles ne sont pas les bienvenues semble-t-il. J’aime bien marcher dans ces ruelles sans devoir supporter les gaz d’échappement des voitures.
Elles abritent à la queue leu leu des échoppes de souvenirs divers, des hôtels, des restaurants, des tours operators (pas toujours dans cet ordre…) C’est très touristique mais sympa. Il faut dire que nous avons évité la haute saison qui s’étale de décembre à fin février. A ce moment là, c’est parait-il complet partout.
Les restaurants font de la bonne cuisine mais cela reste assez cher (15 euros le plat) dans l’ensemble sauf si l’on prend le menu du jour. Une mention spéciale au restau « Chez Michel » tenu par un français qui fait des portions pour jeunes venant de monter et descendre en vélo les côtes de l'altiplano. Son verre de vin équivaut à une demie bouteille…
L’hôtel où nous étions le San Raul n’était certainement pas le mieux mais, à peine excentré, il nous offrait des nuits d’un calme absolu. Un espace extérieur sympa, l’accès gratuit à internet et des réceptionnistes vraiment avenants étaient ses atouts par contre lorsque rentrés tard d’excursion, nous nous lavons à l’eau froide, nous oublions de chanter sous la douche. Nous ne sommes pas contents surtout que le prix est honnête (100$US par nuit). Nous avons demandé de changer de chambre après la première nuit parce que l’ancienne était minuscule. Nous avons eu droit à la chambre « handicapé » plus spacieuse.
Partout dans le désert, il est demandé de ne pas jeter de papier toilette dans les cuvette des WC. Cela n’est pas facile à supprimer plus de cinquante ans de pratique, j’avoue que j’ai fauté (bouh).
Si vous avez d’autres questions d’ordre pratique laissez des commentaires j’essaierais d’y répondre.
Par Mireille Rolly, mardi 9 mars 2010 à 15:39 :: Voyage 2010
Le salar
Le salar d'Atacama est le troisième plus grand du monde. Cette formation est possible parce que les eaux chargées de sels minéraux descendant des Andes ne peuvent pas se rendre à la mer parce qu'une autre chaîne de montagne les en empêchent.
Les eaux restent là et depuis des milliers d'années les sels se déposent formant une couche de plus un kilomètre de hauteur. J'ai goûté au sel de cette terre et vu son sang.
La lagune abrite une colonie de flamants roses pas farouches qui s'occupent bien peu de notre intrusion. Cet espace apporte une grande paix intérieure, c'est tendance Zen.
J'ai pris des chemins de traverse, boudés par les touristes et j'ai eu l'immense chance de voir un des deux reptiles endémiques au salar. Il a posé pour la photo avant de disparaître dans un trou. La première question est : De quoi se nourrit-il? et la deuxième : Pourquoi sa queue semble être enroulée d'un fil blanc?
Avant de repartir pour les hauts plateaux, nous nous reposons à la maison du parc national des Flamengos.
L'après-midi, nous le passons sur les hauts plateaux andins au milieu des vigognes, altitude 4160m, près des lagunes Miscanti et Meniques. La courte marche que nous faisons finie par m'achever. Je souffre du mal des montagnes, c'est bien pire que le mal de mer. J'ai envie de m'arracher la tête.
Je me sens aussi mal qu'au réveil d'une anesthésie générale. Je déjeune à peine malgré la bonne odeur des légumes grillés par Léo. Cela durera tant que nous ne serons pas descendu à San Pedro. Mon seul réconfort est que cela me fait une bonne expérience pour Cuzco où je m'attends au pire.
Par Mireille Rolly, dimanche 7 mars 2010 à 22:02 :: Voyage 2010
Extrême suite
Le soir, nous sommes partis visiter la vallée de la mort et la vallée de la Lune.
En fait un curé avait donné le nom de vallée de Mars à la première mais avec une déformation de la langue (que je ne pourrai pas préciser vu mon niveau en espagnol) cela s'est transformé en vallée de la mort.
Je tente un saut de l'ange avant de la descente de la dune.
Le site est intéressant, nous croisons des jeunes qui s'essaient au sand surfing. La lumière qui commence à descendre crée de belles ombres.
Dans l'autre vallée pour tous ceux qui aiment la lune un cœur est gravé sur une mince plaque de sel. Le soleil se couche devant ses adorateurs comme au temps des Incas. Partout le silence.
Par Mireille Rolly, dimanche 7 mars 2010 à 21:43 :: Voyage 2010
Extrême
Je n'avais pas tout bien lu sur la brochure de l'excursion que nous avons faite jeudi matin.
Il est toujours compliqué de défaire de ses aprioris. En fait, l'on passe sa vie à cela, chaque expérience devrait être la dernière et pourtant...
Je pensais que dans les déserts, il faisait chaud donc je me suis mise en short pour aller voir les geysers de Tatio. Ce que je n'avais pas vu c'est que ceux-ci se trouvent à 4321m et au lever du soleil à cette altitude, il fait froid, très froid.
A priori, je n'étais pas la seule à avoir froid parce que les autres touristes ont emprunté des couvertures à Léo notre guide. Cela donnait une ambiance quelque peu fantomatique accentuée par le manque de lumière.
Pour ceux qui le voulaient, il était possible de se baigner dans les eaux chaudes des piscines thermales naturelles. Pour ma part, mon maillot encore mouillé de la veille assorti à la température m'ont découragé mais j'ai trempé mes jambes, histoire de pouvoir le raconter à mes petits enfants.
Léo nous a réchauffé avec ses crêpes et son café, installés confortablement sur des chaises et assis à table nous avons pris un petit déjeuner inoubliable. Des vigognes peu soucieuses de notre plaisir gambadaient non loin de là.
Sur le chemin du retour, nous croisons encore des vigognes, puis nous nous arrêtons pour voir les cactus et les plantes à plumes (terme garanti non académique).
Par Mireille Rolly, dimanche 7 mars 2010 à 21:01 :: Voyage 2010
Ce que vous attendiez tous
Nous sommes à Santiago, à peine de retour du désert de l'Atacama où nous avons passé trois jours.
Nous venons tout juste de ressentir notre deuxième tremblement de terre, le premier était dans le Salar de l'Atacama. Là-bas, nous avons vécu plusieurs "première fois". Court voyage mais intense à la mesure de la beauté des paysages.
J'ai fait de nombreuses photos au cours des quatre excursions que nous avons faites. Sur un site d'exception comme celui-ci n'importe qui en est capable. J'ai donc essayé de faire mieux que d'habitude pour certaines et de simples informatives pour d'autres.
Le mercredi soir après une matinée de repos nous montons dans le camion-car Grado 10 (notre tour operator) pour les salines de Cejas. Un espace est réservé là, pour des bains hyper salés comme en mer morte. C'est amusant de flotter entre deux eaux mais moins drôle après de se sentir recouvert de chlorure de sodium. Nous nous rinçons rapidement à l'eau douce avant de prendre l'apéro devant la saline. Après une gorgée de téquillia, comme je vois tout bouger autour de moi, je pense "Costaude la tequillia ici" mais non, le camion bouge bien tout seul, il est drôlement secoué de gauche à droite. Il n'y a aucun bruit mais l'impression dure plusieurs secondes. Le lendemain nous apprendrons qu'un tremblement de terre d'échelle 6 et quelques a bien été ressenti dans la ville de Calama proche d'une centaine de km.
Au Chili, il y a un tremblement de terre par mois et un éprouvant tous les dix ans environ. En dix jours, il y en a eu trois, bien...
Nous sommes restés jusqu'au coucher du soleil, au moment où les montagnes deviennent dorées et où les ombres s'allongent jusqu'au ciel.
Par Mireille Rolly, dimanche 7 mars 2010 à 19:50 :: Voyage 2010
Le débarquement
Princess Cruises est une compagnie très organisée, néanmoins quand un communard vient à bloquer l’hélice du bateau, tout s’écroule, et c’est un peu la panique à bord.
Après une heure de queue au bureau des passagers pour avoir en fin de compte que bien peu d’informations pertinentes, Alain décide que nous débarquerons le lendemain et prendrons un bus pour nous rendre dans le désert de l’Acatama. C’est en rentrant du restau vers 10 heures qu’une feuille glissée sous la porte nous apprend que nous devons laisser nos bagages dans le couloir parce qu’ils seront enlevés pendant la nuit.
Première étape, perdre quelques degrés d’alcool dus à une trop grande gourmandise pour le vin chilien ensuite mettre tout dans les valises ce qui n’est guère difficile parce que nous n’avons rien acheté lors des escales, mais quand même.
Alain part chercher les étiquettes nécessaires au convoyage et ne revient que deux heures après, un peu furieux, vous vous en doutez bien.
Nous sommes convoqués pour 8h30 le lendemain et nous ne serons appelés qu’une heure plus tard. Le bateau est appareillé le long du quai commercial. Un bus nous attends pour nous déposer à la gare maritime, se faisant nous traversons des hectares de containers géants empilés les uns sur les autres. Valparaiso, s’il n’est plus le grand port d’autrefois reste malgré tout, imposant. La gare maritime est un immense dock. Là, circulent dans tous les sens de nombreuses personnes, travailleurs badgés, uniformisés, touristes en chaussures d’été.
Et nous, perdus au milieu de toute cette activité grouillante, nous nous demandons où récupérer nos valises. Nous en trouvons, en tas, par ci par là, à des kilomètres les unes des autres, enfin nous voyons des étiquettes marron et les nôtres sont bien là. Il n’y a aucun contrôle effectué, malhonnêtes comme nous sommes, nous aurions pu les récupérer et dire que nous ne les avions jamais eus. La compagnie mise sur l’honnêteté de ses clients, c’est beau.
Normalement, il était prévu que le couple royal en sortant du bateau soient emmenés en bus jusqu’à l’aéroport et de là, par voie aérienne, atteindre tranquillement leur destination du jour : la ville de Calama. Une continuation de la vie de château toute en douceur et en simplicité, donc.
Eh bien, la vie est ainsi faite que parfois les princesses se retrouvent misérables, leur chute est à hauteur de leur célébrité.
Aidé par notre chauffeur de taxi, nous trouvons la gare routière sans trop de problème, ainsi qu’un passage pour la ville du nord, néanmoins le départ est prévu à 11h du soir et nous sommes midi.
Le centre ville de Valparaiso ne présente aucun attrait (la ville aimée par mes amis doit être ailleurs, un peu plus loin peut-être). Je suis lasse et nous cherchons un hôtel pour nous reposer. Celui-là fera l’affaire, il a une belle porte d’entrée (cela compte les belles portes). Il s’avère être un hôtel sordide à souhait. Nous nous en accommodons pour une courte sieste. Il faut parfois prendre la mesure des choses pour apprécier ce que la vie nous offre de meilleur (je sens que cette réflexion va plaire à Didi). C’est parti pour 24 heures de car.
Bercés et endormis fort tard dans la nuit, il est 9 heures du matin lorsque nous nous réveillons. Cela fait à présent 5 heures de cela et depuis, nous roulons dans un désert en direction du nord parfois comme présentement nous sommes tout près de la mer. Cela pourrait paraître ennuyeux, pas du tout.
Les couleurs, la texture des terres varient, si bien qu’il y a toujours quelque chose pour capter le regard.
Les nuances de couleurs sont subtiles. La terre a une couleur chair avec des différents degrés de carnation allant du beige clair au brun voire pour certaines roches au noir. Au loin, les montagnes sont roses virant par endroit au violet.
Au milieu de toute cette horizontalité, le moindre élément vertical, un rocher, un arbre, un panneau publicitaire attire le regard qui prend alors tout son temps pour le détailler. Je ne m’ennuie absolument pas à admirer ce paysage rude mais c’est long et fatiguant.
Par Mireille Rolly, dimanche 7 mars 2010 à 19:32 :: Voyage 2010
Puerto Montt
Dans le brouillard du matin avec un petit 16°, je ne souris pas trop. Nous sommes une vingtaine répartis sur trois bateaux pneumatiques.
On nous habille de pied en cape, ce qui nous amuse beaucoup, nous sommes ainsi protégés des minuscules mouches qui piquent. Les consignes de sécurité au lieu de me rassurer me terrorisent si bien que je dis Adieu à Alain avant d’embarquer. Je joue mon rôle de blonde de service à merveille et je parviens ainsi à être placée tout prêt de notre sympathique pilote Raoul et à tenir la corde en lieu et place de la pagaie.
La rivière est juste comme il faut pour nous arroser complètement , nous remuer dans tous les sens comme dans un shaker. C’est fort amusant. Cela me rappelle certains manèges dans les parcs d’attraction. Tous les participants adorent. La pureté de l’eau nous permet d’apercevoir les galets dorés du lit de la rivière s’ajoute à cela le bleu du ciel parfois coupé par le vol de grands oiseaux cousins des condors, en fond le volcan drapé de blanc rappelle des ailleurs mythiques.
La route que nous avons emprunté pour nous rendre au Parc traverse une vaste plaine verdoyante et bucolique à souhait. C’est beau comme un cadeau de Noël, si ce n’était la température trop fraîche pour un plein été, l’endroit donnerait envie d’y poser son sac.
Peu de photos vous vous en doutez bien, à la fin du parcours la rivière calmée, nous offre un paysage tranquille.
Par Mireille Rolly, mardi 2 mars 2010 à 13:17 :: Voyage 2010
Triste
C’était très tendu aujourd’hui au niveau de l’état major du bateau. Dès huit heure, le Capitaine nous a prévenu qu’il était possible que l’on fasse demi-tour à cause du tremblement de terre qui a secoué pendant la nuit, le Chili à quelques miles de Puerto Montt. Nous avons attendu toute la journée d’autres informations et pour l’instant, aux dernières nouvelles, notre route devrait se poursuivre normalement jusqu’à Valparaiso que nous devons atteindre mardi.
Il est encore possible que des perturbations au niveau des transferts d’avion aient lieu, vu la situation dramatique. Ici, nous avons tous une pensée pour les victimes et leur familles.
Par Mireille Rolly, samedi 27 février 2010 à 22:05 :: Voyage 2010
Les fleurs de la Patagonie
Cet espace est dédié aux fleurs de la Patagonie, puisque en mettant le pied à Puerto Montt, nous quittons définitivement cette région sauvage.
Vous verrez une rose en souvenir de notre passage à El Calafate où cette fleur s’étale avec bonheur dans tous les jardins. Les grosses fleurs roses ( 10° photo) embellissent Buenos Aires, les arbres qui les portent ressemblent à des bouquets géants posés ça et là dans la ville.
Par Mireille Rolly, samedi 27 février 2010 à 22:03 :: Fleurs et bouquets
Ushuaia la vilaine
Ushuaia nous a volé notre escale à Punta Arenas où nous avions prévu une sortie pour aller voir les pingouins. Je suis contrariée, je ne sais pas au juste si c’est plus parce je ne verrai pas les pingouins ou bien si parce que cela nous ajoute une journée en mer à tourner en rond.
Il y a des vents violents en Patagonie : c’est un pléonasme donc notre capt’ain aurait dû ne pas mettre le bateau à quai mais le laisser dans la rade.
J’explique: au moment de partir, hier soir, il nous annonce que cela n’est pas possible d’appareiller parce que le vent (40 nœuds) pousse le navire sur le ponton, il faut attendre que celui-ci tombe. Normalement, il s’atténue à la tombée de la nuit à cause des changements de température mais rien de tel ne s’est produit, nous restons collés au quai. Ushuaia ne veut plus nous laisser partir, la vilaine…
Diane me dit que je suis mal placée pour me plaindre. C’est certainement vrai. Si l’on considère le luxe dans lequel nous vivons sur ce navire, n’importe quelle plainte parait déplacée. En fait, je ne pense pas que je plaigne, c’est plutôt que je vous fais part de mes impressions tout en essayant de les analyser avec le peu de compétences humaines dont je suis dotée. Je suis vraiment impressionnée par les prestations qui nous sont offertes sur le bateau. Le prix que nous avons payé est insignifiant par rapport à tout ce que nous pouvons profiter gratuitement à bord. Les spectacles sont de qualité et le service est impeccable. Notre cabine est nettoyée deux fois par jour. A n’importe quelle heure du jour l’on peut se restaurer de façon fort appréciable. A table, nous avons des serviettes en tissu à tous les repas. Dès que l’on a terminé ne serait-ce qu’une tasse de thé, quelqu’un vient l’enlever. Les appareils de la salle de sport sont réparés sitôt qu’ils tombent en panne etc. Il y a 0 défaut.
Qu’est-ce qui me dérange alors ?
C’est le confinement. La fâcheuse impression d’être dans une prison dorée. Le manque d’espace et le bruit de centaines de voix dès que l’on est à l’intérieur (et dehors, il fait très froid, cela ne laisse guère de choix!).
Je suis trop jeune pour être enfermée dans un petit espace.
Regarder les chats. Au début de leur vie, ils restent près de leur mère puis petit à petit, ils explorent la pièce où ils se trouvent ensuite cela ils passent à la maison, puis la rue, le quartier. Adulte, leur territoire occupe une bonne superficie. Lorsqu’ils sont vieux, ils ne partent plus en vadrouille, se contentent de descendre de la chaise pour se mettre sur le fauteuil où parfois ils s’oublient.
Nous agissons de même, les personnes d’un âge honorable ne sortent plus beaucoup de chez elles. Lorsque pour des raisons de santé, elles doivent être déplacées, cela devient un drame personnel. On a beau dire : « Je ne serais jamais comme cela. » C’est faux, c’est la vie qui est faite ainsi.
Moi, je sens que je n’ai pas fini d’explorer mon territoire, il est vaste, c‘est le monde. J’apprécierai probablement plus les croisières quand j’aurai vingt ans de plus, quand mon espace sera en voie de réduction. Le bateau sera alors un havre douillet.
Pour l’instant, je trouve le temps long dans le sens où je n’ai plus rien à découvrir ici. S‘ajoute à cela, les « eux-autres » qui ne parlent pas la même langue, ne partagent pas les mêmes histoires. Il y a trop peu d’échanges enrichissants. Pire que tout, je déplore un certain ramollissement intellectuel, dès que je n’apprends plus rien, j’ai une impression d’ennui.
Encore deux jours de mer avant d’arriver à Puerto Montt. Je vais me recentrer et utiliser du temps pour me chouchouter cela sera toujours ça de pris.
Par Mireille Rolly, vendredi 26 février 2010 à 21:29 :: Voyage 2010
Ushuaia la belle
Nous sommes à quai à Ushuaia. Nous descendons avec les autres C1 pour un tour organisé dans l’arrière pays de la ville, en Terre de Feu.
Ca le fait quand je dis cela…
L’organisation est spectaculaire, nous nous retrouvons dans un car avant même d’avoir dit ouf.
A l’arrivée au refuge, nous devons changer de chaussure. J’ai du mal à troquer mes LOWA toutes neuves contre des bottes sans couleur et glacées de surcroit. Elles s’avèrent très vite un élément indispensable dans cette région spongieuse. C’est un milieu totalement étranger pour moi. Le sol est recouvert de ce que l’on met sur les racines des orchidées pour garder l’humidité (Hep, Henri, cela s’appelle comment ce truc ?) vous voyez de quoi je parle, une sorte de mousse hydrophile. Eh bien ici sous mes petons il y en a une couche qui fait sept mètres de hauteur, heureusement que c’est relativement solide et que l’on n’y enfonce que jusqu’à mi-mollet.
C’est amusant d’y marcher mais c’est bien aussi quand cela s’arrête. Je suis mal à l’aise pour me déplacer avec ses bottes qui sont des anti-sept lieues.
Arrêtons de regarder mes pieds et levons un peu la tête. Le paysage est superbe, vraiment comme dans mon imaginaire. Des retenues d’eau fabriquées par les castors permettent au ciel de descendre sur terre.
La magie de la forêt est perceptible partout, dans le cœur d’une orchidée sauvage, sur l’écorce argentée des arbres, sur les champs de mousse colorés.
J’ai vraiment adoré cette balade.
Le côté peu drôle a été la présence de trop « d’autres ». C’est impersonnel à souhait parce qu’industriel ces tours touristiques tout prêt mais sans cette organisation, nous n’aurions jamais eu l’opportunité de voir tout cela. Alors… Les « eux-autres » dans la plaine (sauf Alain qui est un « nous-autres » vous aurez fait la différence tout(e) seul(e)):
J’aimerais bien rester ici quelques temps en été.
Ne perdons pas de vue quand même que l’été est comme un hiver en France. La guide nous disait que c’était une belle matinée de saison parce que nous n’avons eu ni pluie ni vent. On ne parle même pas de temps d’ensoleillement ou de températures clémentes. Elle se lamentait de ne jamais pouvoir mettre de robe d’été ; en fait, c’est juste l’inverse de chez nous, sauf que nous, on ne s’en plaint pas.
Par Mireille Rolly, jeudi 25 février 2010 à 16:29 :: Voyage 2010
Le bout du monde (le vrai)
Peu après sur le tapis de marche de la salle de sport, j’avais l’impression d’être sur un manège qui tourne, tourne, impossible de marcher sans se tenir fortement. La mer est démontée, approche du Cap Horn oblige. Des vagues de quatre mètres de haut viennent fouetter la coque du bateau en perturbant son équilibre, tout bouge. Je suis retournée dans la cabine pour rester allongée, le mal commence.
J’ai la fâcheuse impression d’être couchée sur un énorme soufflet de forgeron. Ca monte et piouf cela descend.
Cela sera donc une journée partiellement Off jusqu’à l’approche du fameux Cap Horn. La mer se calme un peu mais pas le vent. Il y a la foule des grands jours sur le pont pour voir « El fin del mundo ». Un piteux rocher photographié en quelques minutes bien plus que moi durant toute ma vie, je suis un peu jalouse.
C’est sympa quand même d’être ici, mythique. Toutes les histoires écoutées ou lues, de découvertes, de navigation, de naufrages, de vie impossible sous ce climat ingrat me reviennent à l’esprit. Je fais corps avec l’humanité dans ce qu’il a de plus grandiose. Je suis.
Par Mireille Rolly, jeudi 25 février 2010 à 01:23 :: Voyage 2010
Port Stanley
Hier soir, nous avons assisté à un show qui m’a emballée. Il s’agit de Claude Eric un chanteur canadien. Il chante en français, anglais et espagnol avec une voix d’une puissance incroyable. Je le verrai bien venir en Calédonie en salle Sisia, il ferait un malheur.
Sinon, je déprime un peu aujourd’hui.
Nous sommes à Port Stanley aux Malouines. C’est un petit coin de paradis en Atlantique Sud si vous aimez le vent, le froid, la pluie, la neige (250 jours de précipitations par an) et le calme (2 500 habitants au total), les maisons au toit jaune et la mer couleur noire, venez vite vous y installer sinon, passez votre chemin après avoir vu quelques pingouins.
La pluie et le froid ont sacrément perturbé notre balade qui s’est réduite à une peau de chagrin et un chocolat chaud chez Michele café. Un peu de calme vite perturbé par l’arrivée d’un couple d’américain.
Ici, depuis la guerre on affiche son appartenance, des fois que…
Le plus amusant a été le transport en chaloupe et la remonter à bord où nous avons été scannés deux fois, des fois que…
Je me faisais une joie de cette sortie, une balade sur la terre ferme avec en fond d’écran le vol des cormorans, raté. La vie à bord commence à me peser. J’en ai assez d’entendre parler américain tout le temps et de supporter un brouhaha incessant. C’est la première fois que la musique d’une langue me dérange. Il est probable que la promiscuité et l’enfermement y sont pour quelque chose. Je me réfugie dans ma cabine qui est heureusement assez bien isolée.
Demain sera un autre jour.
Par Mireille Rolly, mardi 23 février 2010 à 15:46 :: Voyage 2010